‹ Histoire de la communeChapitre 49 sur 178 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

s'étaient approchés des maisons pour voir de près défiler les soldats.

Sur le sol, sous les arbres, on voyait étendus des cadavres troués par les balles. Les fleurs arrachées par le vent étaient tombées sur ces corps et s'étaient attachées au sang. La contemplation de ces plaies fleuries serrait le cœur des plus endurcis.

Le Moulin-de-Pierre envoyait toujours ses inoffensifs projectiles. Les troupes de ligne et Tartillerie s'avançaient en ordre et formaient à Thorizon comme un immense cordon noir au sommet duquel brillait l'acier des baïonnettes.

A cinq heures et demie la fusillade commença. Le canon fit entendre sa voix formidable. Dominant presque ce tonnerre, le crépitement sec des mitrailleuses agaçait les oreilles. Les forts de Vanves et d'Issy se mirent de la partie, mais ils faisaient beaucoup de bruit et fort peu de besogne.

A sept heures, la marche en avant de l'armée de Versailles faisait prévoir la retraite des fédérés.

Quelques blessés de la ligne furent amenés dans les maisons où on leur faisait un premier pansement , ensuite ils étaient dirigés, les plus souffrants en voiture, les autres à pied, vers les ambulances établies dans les environs de Versailles.

A neuf heures, les fédérés avaient perdu le Moulinde-Pierre, et déjà on voyait amenés par des gendarmes un assez grand nombre de leurs prisonniers. Les chasseurs étaient montés à cheval à huit heures et avaient

suivi la route de Choisy-le-Roi dans le but de surveiller un mouvement des gardes nationaux vers Bièvres, ou d'arrêter leurs fuyards.

Les chasseurs à pied étaient également descendus du Petit-Bicêtre à Chatenay, et, dissimulés derrière les haies, dans les fossés, tiraient sur les groupes isolés des fédérés. Bien conduits, ils s'enfonçaient sous les bois, suivaient les cheniins et les sentiers, entouraient les maisons isolées, s'emparaient de Robinson, du Plessis- Piquet, refoulant les gardes nationaux sur Châtillon , Fontenay-aux-Roses et Bagneux.

Les prisonniers faits par Farmée de Versailles étaient à chaque instant plus nombreux. Leurs chefs les conduisaient de tous les côtés et les faisaient prendre. Ce n'était pas de la trahison, mais de l'incapacité. Ces porte-galons, ne connaissant pas le pays, suivaient à tout hasard le premier chemin qu'ils rencontraient et marchaient à l'aventure. Un groupe de mille deux cent quarante-quatre hommes fut pris dans la batterie du Moulin-de-Pierre, les généraux Henry et Diival se trouvaient parmi ces hommes.

Conduits sur le plateau du Petit-Bicêtre, ces deux chefs furent interrogés parle général Vinoy, qui venait d'arriver sur le lieu de l'action. Henry nia énergiquement être celui qu'on supposait. Duval voulut agir de même, mais soit imbécillité, lâcheté ou imprudence» quelques oflSciers fédérés soutinrent qu'il était bien le général Duval. Il fut immédiatement passé par les

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