‹ Histoire de la communeChapitre 50 sur 178 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

armes. Son exécution eut lieu .à dix heures et demie du matin, à peu de distance d'une maison isolée qui s'élève sur la route de Versailles.

Son cadavre resta étendu près d'une haie, et environ treize cents de ses hommes qui se trouvaient sur le lieu du supplice passèrent à deux pas de ces débris humains, les considérant curieusement, mais ne montrant ni sur leurs visages ni par leurs gestes le moindre signe de douleur.

Henry et les autres prisonniers partirent pour Versailles, tandis que la lutte continuait. Tout était uni de deux à trois heures de Taprès-midi. On entendait bien encore quelques coups de fusil dans la campagne, mais la journée était perdue pour les fédérés.

Outre les plateaux de Meudon et de Châtillon, on leur avait repris les villages de Clamart et de Meudon; les quelques maisons où ils tenaient encore ne pouvaient plus résister longtemps, c'était une question d'heures pour les en débusquer.

Nous avons suivi pas à pas les fédérés dans leur marche en avant jusqu'au Petit-Bicêtre et dans la retraite précipitée qui suivit cette tentative. Dès les premiers jours, il était facile de constater que l'heure de leur défaite finale n'était pas 1res -éloignée. La marche si sagement lente des troupes de l'Assemblée devait donner trois résultats excellents : retremper le moral de l'armée, ménager le sang des soldats et fatiguer les insurgés.

Les défaites qu'ils avaient subies auraient dû servir

de leçon aux chefs de la garde nationale, mais rameurpropre d'un homme médiocre guérit difficilement des blessures qui lui sont faites. Les fantaisistes généraux de la Commune avaient peut-être la foi dans leurs croyances politiques; mais l'idée politique ne suffit pas pour faire un stratège ; il faut connaître au moins un peu sa géographie, et Eudes*, le fameux délégué à la guerre qui a précédé Cluseret, est sur la question géographique, comme sur beaucoup d'autres du reste, le cancre le plus parfait qu'on puisse rêver.

Eudes et ses subordonnés, au lieu de chercher à réparer leur défaite, se renfermèrent dans les forts d'Issy, deVanves et de Montrouge, d'où ils couvraient fiévreusement de projectiles le plateau de Châtillon et la terrasse de Meudon. De temps en temps le Moulinde-Pierre leur faisait l'honneur d'une réponse. De là ces bulletins triomphants, où l'on avait fait taire le feu des Versaillais. Les royalistes, disait-on, ont perdu beaucoup d'hommes, nous avons démonté leurs pièces.

En attendant, ceux qu'on traitait de royalistes remettaient en état la batterie de la terrasse de Meudon. Le génie réparait les tranchées, les galeries, les casemates, les embrasures. Les mêmes travaux étaient exécutés à Châtillon. Les troupes régulières étaient campées hors de la portée des canons des forts; dans

1. J*ai connu beaucoup ce petit Carnot, organisateur de la défaite; je ne me serais jamais douté en causant avec ce personnage, alors gérant de la Libre Pensée, qu*il aurait jamais Taudace de se faire chef d'armée.

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