‹ Histoire de la communeChapitre 58 sur 178 · CHAPITRE XII. î)l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. î)l

ment une politique dont le but évident est de noyer la république dans le sang du peuple, qui ne connaît d'autres moyens de pacification que la guerre civile, et dont le résultat, s'il était réalisé, serait la perte définitive de la patrie.

C'est dans ces dispositions d'esprit que je voulais me présenter à la séance d'aujourd'hui.

Je me proposais d'interpeller le gouvernement sur l'attaque à main armée qu'il dirige contre Paris, et de démontrer au pays, trompé par les mensonges de M. Thiers, quelle est la véritable situation de la capitale.

Il est bon que la France entière sache que Paris est, non pas en état d'insurrection, mais bien en état de légitime défense; qu'il n'a jamais fait qu'user pacifiquement de son droit, du droit qui lui appartient au même titre qu'à toutes les autres communes de France; qu'après l'avoir livré à l'ennemi par la plus infâme des trahisons dont l'histoire ait conservé le souvenir, les misérables qui ont ainsi sacrifié la patrie à leur ambition veulent encore étouffer dans Paris l'esprit de liberté politique et d'indépendance municipale, qui ne leur permettrait pas de jouir impunément du fruit de leurs forfaits ; et que, malgré les outrages, les défis et les provocations, la population parisienne calme, paisible, unanime, n^avait tenté aucune agression, commis aucune violence, causé aucun désordre lorsque le gouvernement Ta fait attaquer par les anciens policiers de l'empire, organisés en troupes prétoriennes sous le commandement d'ex-sénateurs.

Yoilà comment je comprends le devoir d'un représentant du peuple. C'est ainsi que j'aurais accompli mon mandat si j'avais pu me transporter à Versailles. Du haut de la tribune, j'aurais à la face du monde déclaré la majorité réactionnaire et son pouvoir exécutif responsables des nouvelles calamités

qu'ils déchaînent sur notre malheureuse patrie, et j'aurais quitté rAssemblée en secouant la poussière de mes souliers.

MiLLiÈRE.

L'ancien caissier de la compagnie d'assurances V Aigle ne brillait point par la modération et disait nettement son opinion aux^ membres de l'Assemblée nationale.

Le k avril, le citoyen Ulysse Parent donnait sa démission de membre de la Commune.

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