‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 22 sur 107 · L-A TTENTE · texte numérisé non relu

L-A TTENTE

L'attente, c'était la situation même. Elle était générale. La foule attendait sur la place qu'il se passât quelque chose. Blanqui attendait, embusqué au premier étage du café du Gaz Félix Pyat attendait dans un fiacre au coin de la rue Saint-Martin. Delescluze, Cournet, d'autres chefs attendaient chez Lefebvrc-Roncier. Ceux-ci commençaient à hocher la tête, déconcertés, et à se regarder significativement. Pour que Razoua, dont personne ne pouvait mettre en doute la bravoure. eiH ainsi prudemment placé son baUdlon en réserve, c'est que l'affaire ne prenait pas bonne tournure. On était sans nouvelles de Blanqui, et ses amis, tous

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hommes déterminés, ayant pour système les surprises, les coups de maiu, ne bougeaient pas. Sur la place, une foule désœuvrée et tapag-euse grouillait toujours. Les cris de : Déchéance là l'Hôlel-de-Ville! vive la Commune! s'élevaient plus nourris, plus impatients, mais il n'y avait que peu de combattants probables dans cette cohue frémissante, où les femmes, les enfants et les curieux sans fusils formaient la majorité. Tout ce monde-là délaierait, en laissant des blessés et peut-êti-e des morts, à la première décharge des mobiles, que prévoyait Razoua .

A deux heures, les bataillons attendus n'arrivaient toujours pas. Plusieurs détachements de gardes nationaux étaient sansdoute déjà venus, avaientdélilédevantl'Hôlel-de- Ville, en criant comme les autres : Déchéance ! démission I puis s'étaient éloignés, satisfaits par cette démonstration pacifique.

La journée s'annonçait comme devant se passer en cris, en menaces, en protestations contre le gouvernement accusé de faiblesse, de trahison même, et contre lequel on s'indignait à l'idée qu'il préparât la capitulation, mais rien de plus. Donc une manifestation inoffensive, comme il y en avait déjà eu plusieurs durant le siège. Rien de révolutionnaire, rien de menaçant pour l'ordre pobtique et social ne se dessinait.JulesFavre, peu suspect d'indulgence, a reconnu l'innocuité de la manifestation : \

Il y eut ce jour-là une iasurrection qui m'a paru dirigée contre les hommes du gouvernement de la Défense nationale, et non contre la société. C'était surtout contre le général Trochu que l'émeute était dirigée.

{Enquête parlementaire. Déposition de Jules Favrc.)

Ce qui prouve la vérité de l'observation de Jules Favre, ce fut l'absence môme des bataillons sur lesquels on avait

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compli. Ces bataillons s'étaient trouvés apaises et comme drames, en apprenant le matm même la démission d Su Kn se disant: Trochu n'est plus gouverneur de plr s 'les citoyens éprouvèrent en majorité une safsfac- U avive Ce fut, dans tout Paris, un -ulagement, un détente. H faut peu de chose pour apaiser ^^^ ^^'^^^^^.^ laires et ramener le calme à la surface. On ne refléchissa. ';Z ?ia substitution jésuitique de Vinoy- Jroc^u -d^

fe commandement pour paraître rester fidèle a - ^^^ "^ gasconnade:<cLegouverneurdePar.snecap. u^ra a^^^^^^^^^^^

Ce ne serait pas le gouverneur qui signerait 1 aj^tc de r«l dition, et cela suffisait à sa conscience. La ^on^^l^o,^^ pas l'artifice. Elle considérait Trochu ---« «'^;^;;^\' ^^ ^ désir de se battre, de continuer la résistance. Trochu s en i^ t. l'obstacle n'existait plus. On était débarrasse^ 1 semblaitquelalutle allait reprendre plus vive, plus s rieuse e qu'il n'e s'agirait plus d'armistice et de négociation • L'Alliance Républicaine parut partager ces illusion.. El^ tdm l que le replacement de Trochu ôtait beaucoup dm- IT à Ta manifestation, principalement dirigée contre lu. Ele avait décommandé le mouvement, et retenu dans eurs a ondissements les bataillons promis Les évéueme s ^ h nuit avaient également engagé l'Alliance a chercher la iTllation, à éditer une manifestation dont e le commençait à redouter le caractère révolutionnaire. Delà son envoi de délégués, au lieu de bataillons en armes.

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parce que Flourens les eflrayait, la foule fut peu nombreuse sur la place de l'Hùlel-de-Ville, et peu de gardes nationaux se trouvèrent au rendez-vous.

(Arthur Arnould. Histoire Parlementaire et Populaire île la Commune de Paris, t. I, p. 74.)

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