‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 25 sur 107 · LA SITUATIOX DÉCRITE PAR BIÎ/OS.YE · texte numérisé non relu

LA SITUATIOX DÉCRITE PAR BIÎ/OS.YE

La situation est désespérée, et pourquoi ? demandait Briosne. Parce que le gouvernement, suivant en cela l'exemple funeste de ses devanciers, nous a consUiumeut caché la vérité ; parce qu'il nous a nourris d'illusions ; parce qu'il s'est évertué à nous dissùnuler la puissance de l'ennemi auquel nous avons affaire. Cet ennemi a sur nous l'avantage de la discipline et de la science; ou a voulu nous persuader que nous pouvions l'emporter sur lui grâce à la supériorité de notre courage. Vaine illusion! Tnste mensonge ! Notre ennemi est aussi courageux que nous, cl, au lieu de le déprécier, nous aurions mieux fait d'acquérir ce qui nous manque pour l'égaler et le vaincre. Il y a trente-cinq jours, époque de la dernière visite de l'orateur au club Favie, on pou-

(i\ Briosne, condamné pour complot en 1 854, orateur àe réunions sous rE.ni.iro, candidat aux élections légisIaUves de i869, élu membre de la Commune par le l.V arrondissement (a. 436 voix), n accepta pas, et disparut de la vie politique.

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vait encore lout sauver. Oa avail 600.000 hommes et des vivres; on pouvait organiser une aclion énergique cl décisive de concert avec la province, aujourd'hui on est à bout, le temps manque, et bientôt tout va manquer! Qui parle encore de faire la Commune'.' Qui serait assez insensé pour assumer la responsabilité de la siuiation où nous sommes? La Commune'.' son heure est passée. Auriez-vous le temps d'organiser un gouvernement, d'imprimer à tous l'impulsion nécessaire pour assurer la résistance? Non! Il est trop tard. Mais à qui la l'aute? Sur qui doit peser la responsabilité de la situation? Est-ce sur le peuple? Non ! le peuple ne gouverne pas ; il est mené et exploité comme il l'a toujours été; c'est la bourgeoisie, la bourgeoisie qui a la science, la richesse et le pouvoir, c'est elle qui sera responsable du désastre de Paris. Mais ce désastre sera plus grand et plus complet qu'elle ne se l'imagine. Ah ! elle croit qu'il lui aura suffi de l'aire un semblant de résistance, d'aller aux remparts et de faire des recouuaissances, où on ne voit pas les Prussiens, et d'où l'on revient en se disant : Nous avons été admirables ! elle croit, celte caste égoïste et vaniteuse, que cela lui suffira pour couvrir sa responsabilité devant le peuple et devant l'histoire! Non! non! nous ne le permettrons pas! Paris est la capitale du monde civilisé, il faut que sa chute soit digne de sa renommée. Quand Jérusalem est tombée, les femmes jetaient sur l'eunemi, du haut des murailles, à défaut de pierres et de débris, les membres palpitants des défenseurs de la cité sainte; de Palmyre, la reine du désert il n'est resté qu'une colonnade mutilée, et on a cherche pendant des siècles l'emplacement de Babylone et de Ninive. Eh bien, il faut que Paris aussi sache mourir. Si les Prussiens entrent dans Paris, la province continuera la lutte, et alors comment nous approvisionnerons-nous? D'où nous viendront les vivres? Les Prussiens pourront-ils se charger de nous nourrir? Tu ne seras pas nourrie, bourgeoisie prévoyante, mais tu seras pillée, car les Prussiens commenceront par imposer à Paris une contribution de guerre de -> ou 3 milliards, et ces milliards, ce n'est pas à Belleville qu'on viendra les chercher ; non ! comme on ne trouvera pas assez d'arffcnt, on prendra les chefs-d'œuvre des musées, on mettra à contribution les riches ameublements des bourgeois, les tableau.x de maîtres qui décorent leurs salons, leurs bijoux finement ciselés... Ne vaut-il pas mieux échapper a cette fia ignominieuse par un suprême effort ? Au lieu d imiter

DIX-HUIT Mxns

h^ 1, iMe sous le sable en altemlant la mort, l'autruche qu. se «^^-^.l^^ 'f '?^f '°"VJ; ,on ennemi et lui lait scni„,Uons le lion accule qm «.^'«"^^ ^"[,4°^ j. o„ie; sortons tous, Ur sa grille .lans une ''""•^'-^^^^J'brlil oublions nosdivibommes, et ^'-T^;^^^^;^:;^.:^ la bourgeoisie, si elle sions, nos i^nefs, nos '^•"°';' P , j^^e cent mille, i deux mil-

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On mirait pu, dit-il en faisant allusion à l'ordonnance du prcfel de police Kéralry, qui, au moment de l'approche des Prussiens, avait prescrit la i'erineture des théâtres, fermer les clubs en même temps que les théâtres, et le conseil en a été donné au gouvernement de la Défense nationale. Quelques-uns allaient même jusqu'à l'engaçer à suspendre la publication des journaux ; mais que serait donc devenue cette po[iulation nerveuse et impressionnable, pour laquelle la conversation parlée et écrite est un article de première nécessité, si on l'avait privée à la fois des théâtres, des clubs, des journaux, dans le moment même où toute communication lui était interditeavec le reste du monde ?...

Les Parisiens isolés, détenus clans leur ville devenue geôle, ne pouvaient être tenus en cellule et gardés au secret; il fallait leur laisser, comme à des prisonniers politiques, la consolation de s'entretenir entre eux, et d'échanger leurs rêves et leurs espérances. Les clubs furent, pendantle siège, les théâtres et les salons du peuple. On eut donc raison de les laisser ouverts, et leur fermeture ne donna nullement ce résultat que Vinoy et Jules Ferry attendaient, de « clore l'ère des émeutes », puisque six semaines s'étaient à peine écoulées depuis le 22 janvier, que le Comité Central et la Commune étaient maîtres de Paris.

Diverses mesures de répression accompagnèrent la fer- ■ melure des clubs. Les journaux le Combat et le Réoeil furent supprimés. Leurs rédacteurs, Delescluze et Félix Pjat, furent mis en accusation, malgré l'opposition d'Emmanuel Arago, et sur l'insistance d'Eugène Pelletan. De nombreux citoyens furent arrêtés ou recherchés. On proposait l'établissement de cours martiales, mais on se contenta d'instituer de nouveaux conseils de guerre. On instruisit le procès des manifestants arrêtés, et on leur adjoignit des notoriétés révolutionnaires :

Le procès, dit un auteur anonyme exprimant un regret de l'insuffisance des poursuites, ne porta condamnation réelle

LE DIX-nUIT MXn*

Félix Pyat. .

pu devancer, f^-f^énn conjurée. La guerre alors la capUulaUon '"^^^^^f;' '^ p^^^i iolongée en proavec les Pruss.ens --^^^dl oueUnt, car Chanzy, vince, aurait eu peut-être un autre a Gambetta

^al,r. sa défaite ^^^^^^^ ^^'^^^^^^^^^^^ .ois . ! En

pouvoir « se faire ^^^^^^^^^Ji^ée, et l'assemblée natiotous cas. la guerre ^^^^^^^J^"^ ^,^,, à Versailles, ,,le, n-étant ni c^^ue^ a Bordeau^.^^ ^^^^^ ^^ ^^^^ la Commune ibsue ac 11 ^„mme crouvernement

„ue, au moins P^J'^^^P J" n'étdent plus les national. Les destinées ^e la^r-- ^,.J^^^,^ du

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