‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 29 sur 107 · I.B DIX-HUIT MARS · texte numérisé non relu

I.B DIX-HUIT MARS

tion indiquée, qui partait de Pont-rEvêque (Calvado ) et al,outissait à l'est de Quarré-les-Tombes ou se touchent les déparlements de la Côte^l'Or, de la N.èvre et de H onne.

.V oartir de ce point, ajoutait cet article, le tracé de la li^ne se^. S ve à uae eateale, qui aura lieu aussUôl que es par Ues rtracuatc. seront reaseignées sur la ^;^^^^^^: ^^ opérations militaires en exécal.on dans le. départements Cote-dOr, du Doubs et du Jura.

C'était donc un armistice partiel. Il ne s'appliquait pas aux trois départements de l'est indiqués, et, pour être plus net, il était ajouté à la fin de cet art. I que :

Les opérations militaires sur le terrain des 'lél?'-;«™«°;;;.J^^ Doubs du Jura et de la Cùle d'Or, ainsi que le s.cge de Bellort ST nuiront indépendamment de rarmistice, "-1""-^; où on se sera mis d'accord sur la h^uo de demarca on dont le uacé à travers les trois départements mentionnes a etc rcser^e a une entente ultérieure-

C'était clair, c'était précis, c'était net. L'armistice ne concernait pas l'armée de l'Est, qui opérait sur les départements réservés, et jusqu'à nouvel ordre, jusqu a cet accord sur la ligne de démarcation des positions re.spectives, qui était prévu, les hostilités continuaient. On pouvait discuter le plus ou moins de gravité que comportait cette exception blLer Jules Favre pour n'avoir pas reclame e-^e^-»" ^ larmée de l'Est de l'armislice, mais ce qui est reste hors de discu.ssion, c'est que l'armée de l'Est devait être avertie que l'armistice ne la touchait pas, qu'elle devait donc pour suivre sa marche, ne pas cesser le feu, tant que le gouvernement n'aurait pas informé ses chefs que 1 accord était fait s^la ligne de démarcation, et que les départements exclus

iSz BtSTOIRE DE l.\ COMUUNC DE 187I

de la convention, ôtaient, à partir de tel jour, compris dans l'armistice.

Or, Jules Favre ne sig'nala cette exception ni à la délégation de Bordeaux, ni au g-énéral Clinchant,à Ponlarlier. Le g-énéral Clinchant, qui avait reçu avis, par la délégation de Bordeaux, qu'un armistice avait été conclu à Versailles, fut persuadé que l'armistice concernait ses troupes. Il cessa donc le feu, et demeura dans l'immobilité, tandis que les Allemands, avisés que l'armistice ne concernait pas la rég-ion de l'Est, continuaient leurs hostilités et poursuivaient leur mouvement tournant, pour envelopper l'armée de l'Est et lui couper la route de Ljon. Cette omission de Jules Favre, dont tout le gouvernement parisien doit partager la responsabilité, accorda aux armées allemandes deux journées de marche, avance précieuse pour eux, pour nous terrible. Le commandement et le moral furent également désorganisés par cet événement, où beaucoup de combattants virent une trahison calculée.

Comment Jules Favre a-t-il consenti à mettre l'armée de l'Est en dehors de l'armistice? Ce ne fut pas un oubli, comme on l'a dit. Il peut être d'une ironie cruelle et facile de dénoncer un ministre qui signe un traité de paix, car la convention était un véritable préliminaire de paix sous la condition, dont on ne pouvait douter vu les circonstances, de la ratification par l'Assemblée nationale, et qui, avant de signer, oublie un corps d'armée, comme il aurait omis de parapher un renvoi. En réalité Jules Favre a volontairement omis de comprendre l'armée de l'Est dans la convention. Il a expliqué cette omission. Il a prétendu, pour sa défense, en versant ces larmes qui lui étaient familières, argument banal de défenseur aux assises, qu'il manquait de nouvelles, qu'il croyait l'armée de l'Est victorieuse, et qu'il craignait d'arrêter sa marche en avant.

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