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LA RÉSISTANCE ETAIT-ELLE POSSIBLE

A quarante ans de distance, et bien que la plaie soit encore saig-nante, puisque, ni en France ni en Allemagne, on n'a rien otVert,rien tenté pour la cicalriser.ou pour faire revivre la chair mortifiée, il est permis, sans forfanterie.

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sanschimériqueilliision.crexaniiner la question desavoir s'il était possible de lutter encore après la déroule de l'armée de l'Est, due à l'inouïe aberration de Jules Favre. après la défaite de l'armée de la Loire, due à l'inexpérience des mobilisés, après la capitulation de Paris et la reddition des forts, dues ti la famine, et aprèsTimmobilisation de l'armée parisienne, ligne, corps francs, mobiles et cardes nationaux, tous, prisonniers de guerre, due à la convention d'armistice. En examinant froidement la situation réelle des forces militaires existantes, et à créer, en faisant état des corps d'armée qu'il était possible de réunir encore, en évaluant seulement les ressources matérielles delà France,au moment de la discussion des préliminaires de paix, on peut hardiment répondre qu'au prix sans doute de nouvelles et pires souffrances, et en sacrifiant un nombre considérable d'existences, la lutte était encore possible : l'invasion allemande aurait pu se terminer comme les précédentes invasions françaises en Russie, en Espagne, auMexiqiie.

On avait une vaste étendue de territoire non occupé, qui avait peu souffert de la guerre, qui n'avait éprouvé que la répercussion des désastres, de la disette du siège parisien, et dont les populations, si elles consentaient à se lever et à s'armer,pouvaicnt obliger les Allemands à disséminer leurs troupes, à faire face à vingt, à cent foyers de résistance, à s'affaiblir, par conséquent. Leurs meilleurs soldats, les troupes actives et de première ligne, avaient été considérablement entamées. Elles étaient en grande partie épuisées, lassées, impatientes de déposer les armes, désireuses de reprendre la route de leur pays. Elles n'eussent pas apporté, dans une guerre dedéfense simultanée survingt points distants de notre pays,le môme entrain, la même énergie, dont elles avaient fait montre durant la première partie de la campagne, où elles avaient rencontré si peu d'obstacles,

igS HISTOIRE DE LA COMMUNE DE 1871

OÙ, sauf Metz et Paris, Bazeilles et Châteaudun, elles n'avaient trouvé que villes ouvertes, campag'nes dég'arnies, autorités complaisantes et populations résig'nées.

La France n'avait pas tout son sol envahi. Une partie de la Normandie, la vaillante Bretag-ne, l'héroïque Vendée, le Bocage, le Poitou, toutes ces contrées où sont faciles la guerre défensive, le combat derrière les haies, la lutte par petites bandes susceptibles de retarder, d'arrêter de grandes masses armées n'ayant pas la possibilité de se déployer, gênées pour tirer parti de leur nombre, toutes ces régions de l'ancienne chouannerie étaient intactes. La solide Auvergne, donjon national, pouvait servir de camp retranché, inexpugnable. Tout le Midi, qui parlait volontiers de se lever en masse, n'avait pas souffert de l'invasion. On le prendrait au mot. Il finirait, le sentiment de la conservation aidant, par bouger. Paris avait capitulé, mais il renfermait des combattants nombreux encore, déjà aguerris, endurcis par le siège. Ces troupes volontaires, inutilisées parTrochu, pouvaient s'évader de la capitale, amener leurs meilleurs contingents. Ces bataillons parisiens, renforçant l'arméede Chanzy, devraient retenir de longs mois les Prussiens dans l'Ouest et au Centre. La marine, qui n'avait été que d'une utilité relative, car les marins, débarqués, avaient fait le coup de feu des fantassins, disposait encore de réserves fraîches. L'argent ne manquerait pas. Les vivres, dans les territoires non occupés, étaient abondants. Des Cévennes aux Pyrénées, on pouvait recruter, armer, lancer, deux millions de citoyens résolus à mourir pour la défense de la patrie

C'eût été alors sans doute la guerre qu'ignorent et méprisent les professionnels de la destruction. Ils la redoutent aussi. On eût alors assisté à la résistance désespérée, à la jfuerre sainte, comme la proclament les musulmans. G'eiU

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été la guerre du désespoir, à laquelle ont eu recours les peuples menacés, décidés à se défendre et ù périr, mais qui, par elle, se sont défendus et ont survécu. La France pouvait encore se sauver, si la France acceptait la lutte, comme doit la vouloir un peuple aux abois, sanglier blessé qui fait tête à la meute, la guerre atroce et sans merci, qui semble plus que l'autre une régression vers la barbarie, alors qu'elle est seulement la logique de cette barbarie portée à sa plus haute puissance. Au jugement dt-s superficiels delà vie civile et des routiniers de la vie militaire, cette conception de la défense peut sembler un écho ridicule des divagations qui eurent cours dans les clubs, durant les veillées surexcitées du siège. Eu réfléchissant, on sera obligé de reconnaître que, c'était là seulement la façon de faire la guerre, si l'on avait voulu sérieusement et sans arrière-pensée d'atténuation et de molération réciproques arrêter les Allemands envahisseurs.Eh ! oui. c'était la guerre sauvage, la guerre comme les civilisés ne veulent plus l'admettre, comme si la guerre dilu.-e dans l'humanitairene, tempérée par les convenances et les procédés codifies, la guerre selon les règles de l'art, devenait œuvre de civilisation ! Elle était désirable, et en môme temps abominable, mais à qui la faute? Cette guerre furieuse, où tout devient arme pour combattre, comme tout être valide devient combattant, la guerre sans freins ni limites, sans conventions courtoises comme sans préoccupations philanthropiques, ou l'on supprime la croix de Genève, où l'on renonce aux suspensions d'armes pour relever les blessés, où l'on ne songe plus à enterrer les morts, où l'on abroge les lois de l humanité, où l'on se débat comme la victime assaillie par un assassin, se démène, égratigue et mord, sans se soucier des ménagements et des pitiés.

L'heure terrible justifiait la guerre terrible, sans calculs

de survie, sans escompte de rinternement protecteur; la guerre des rues et des haies, des maisons et des chemins creux; celle où les vieux capitaines frissonnent devant les vieilles femmes lançant leurs chaudrons du haut des toits, où la jeune fille accorte, avec un sourire, verse à l'envahisseur la boisson qui empoisonne, où jl'enfant se glisse à quatre pattes sous des caissons, une mèche entre les doigts, et provoque, comme en se jouant, l'explosion du parc d'rrtillerie ; la g-uerre des guérillas, et des partisans, celle qui fait reculer les grenadiers devant les moines, et dont le souvenir emplit la tente pavoisée des conquérants de ces visions tragiques : les torches de Moscou, les tromblons de Saragosse, et le fossé de Queretaro.

Oui, la guerre, en février 1871, pouvait être continuée, mais à la condition de la faire autrement qu'en août 1870. Il fallait renoncer à la stratégie classique, et ne plus compter sur les tactiques enseignées aux écoles militaires. Plus de grandes armées, capables de gagnerde grandes batailles, mais susceptibles aussi de se disloquer dans le désordre des grandes paniques. Nous ne pouvions disposer que de régiments improvisés, avec des recrues non exercées, conduits par des officiers novices, incapables de tenir en rase campagnecontre desarmées organisées, disciplinées, aguerries et entraînées par six mois de combats victorieux. Les hostilités devaient être reprises, mais avec de petits corps mobiles, épars et intrépides. Des .soldats devenus des insurgés, harcelant sans relâche l'ennemi, interceptant ses convois, l'obligeant à livrer vingt batailles pour prendre un village, pour s'emparer d'un pont, pour franchir un défilé, c'était la bonne manière pour se débarrasser des Allemands en détail. On eût prolongé la guerre, s'il le fallait, jusqu'au printemps, jusqu' à l'automne, jusqu'à la retraite de l'ennemi ou son épuisement total. A moins que toute l'Aile-

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niagne valide ne se vidât pour occuper la France le succès ôtaiLûr.Cétait laméthode qu, avait réussi a Ben.to Juare et que notre ancien ennemi, réconcilié et «)-F; ^^^ / ^^ suîe de nos malheurs, conseillait, dans une lettre intére santé adressée à un ami, combattant pour nous dans la léerion des Amis de la France. , x i, «„

Cette lettre (voir aux Notes et Eclaircissements à a fin du volume) ne fut publiée que tardivement 11 est vrai que, communiquée plus tôt, le^ S-s de la Défense n en Uent tenu nul compte: les ïrochu, les Jules tavre le Ducrot ne voulaient qu'une défense à leur façon, devant aboutir fatalement à la défaite et à la capitulation.

Ainsi, d'après l'opinion d'un homme comme Juarez qui avait fait ses preuves en matière de résistance nationale, et nui avait sauvé son pays, la lutte était po.ssible pour nous, avec le succès au bout, c'est-à-dire l'évacuation forcée de notre territoire, mais à des conditions qui eusscn paru impossibles à la plupart de ceux qui étaient les ma.tres de nos destinées. .

La majorité du pays était-elle prête à ces sublimes sacrifices que la continuation de la guerre eût e.xiges?Qui pourrait l'affirmer? Qui eût osé, à Bordeaux, se porter j^arant de cette volonté opiniâtre et tenace, qui eût propose de soutenir iusqu'au bout une lutte d'extermination ?

Il est certain qu'en poussant les choses à l'extrême, cette hypothèse d'une guerre à outrance aurait pu se réaliser, et cela presque malgré nous, par la volonté même des Prussiens! Si les vainqueurs n'avaient pas prudemment imité leurs exigences, s'ils avaient exigé la cession, non plus de trois, mais de dix, mais de vingt départements avec une rançon de cinquante milliards, donc impossible à fournir et si par conséquent ils avaient entendu, jusqu au parfait paiement, prolonger l'occupation avec leurs troupesen sub-

ststance, l'assemblée de Bordeaux eût-elle réclamé et. voté la paix quand môme?

Les Prussiens n'ont pas posé des conditions aussi exorbitantes, parce qu'ils savaient qu'elles ne seraient pas acceptées, pai-ce que c'eût été déclarer qu'ils voulaient, eux, continuer la guerre. La France alors eût bien été forcée de choisir ; il lui aurait fallu se laisser égorger, comme un mouton bêlant, ou essayer de mordre, comme un loup blessé, puisqu'il lui restait des crocs. Les Prussiens se montrèrent relativement raisonnables, — malheureusement pour nous peut-être.

L'oblig-ation de faire la paix, ot la nécessité de se rendre à merci n'étaient donc pas aussi absolument impérieuses qu'on le prétendait. Si l'on a accepté les conditions de Bismarck, c'est qu'elles parurent acceptables,en tous cas préférables à l'option pour la continuation de la g-uerre. Le raisonnement par l'absurde, ou du moins par une hypothèse invraisenil)lal)le, prouve que la France pouvait refuser de payer cinq milliards comme elle aurait refusé d'en payer cinquante, et que la cession de l'Alsace-Lorraine aurait pu lui paraître aussi inacceptable que la cession de la Bourgogne, de la Franche-Comté, de tous les départements qui figurent déjà sur les cartes militaires allemandes comme devant être un jour conquis et annexés.

Les lois supérieures du déterminisme doivent être considérées comme ayant agi dans cette atroce nécessité. La France, dans l'état de faiblesse morale où elle se trouvait, ne paraissait pas libre de refuser la paix, bien qu'en réalité elle aurait pu, elle aurait dû le faire.

Il apparaît donc injuste de trop .sévèrement juger ceux qui ont conseillé la paix, et l'on ne saurait condamner sans le bénéfice des circonstances atténuantes ceux qui l'ont votée. Il pouvait être facile de protester, isolément.

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pompeusemeat, à la tribune ou dans les journaux, contre la paix, c'était une manifestation qui passait pour honorable,' et devait procurer de la popularité, voire des suffrages dans l'avenir, mais si la majorité, par une surpris e parlementaire, se fdt trouvée du côté des partisans de la Lerre, combien eussent déploré leur attitude hèrem nt belliqueuse, combien auraient regretté d'avoir été écoutes

et suivis !

Ouant aux nombreux citoyens, à Paris, à Lyon, sur tous les^points du tonitoirc, qui ne faisaient point de calculs, et qui par enthousiasme, par sentimentalisme, ou par tem- Jérament combatif, maudissaient la paix et -claTHaien ia guerre, les événements leur eussent -aisemblablement vite donné tort.Ilest probable que si l'Assemblée Nationale eût décidé de refuser les conditions de 1 Allemagne et eût voté la reprise des hostilités, le pays n'aurait pas ratihé son vote • alors les Prussiens seraient devenus les maîtres, sans résistance et sans conditions. Ce n'est pas calomnier notre malheureux pays que d'envisager cette éventualité auc les circonstances faisaient, hélas! trop réalisable. En îesant de san,^-froid les choses, on doit y^^"-^- J^"^ déplorant les termes de la capitulation de Pans, qm ont désarmé la France et l'ont livrée abattue a ismarck et à Thiers, l'acceptation du traité imposé par l'Allemagne était Ip^u près inévitable, une carte forcée. La France sau une minorité, avait pu accepter la guerre en 1870, el^ ne paraissait plus capable den accepter les conséquences extrêmes en 1 87 1 .

LES PRÉUMI^^AIRES DE PAIX. DISCUSSION DANS LES BUREAUX Les préliminaires de paix avaient été arrêtés et signés à

Versailles, le 27 janvier, IMM. Thiers et Jules Favre partirent aussitôt pour Bordeaux. Ils 'éprouvèrent du retard à Poitiers, par suite de l'eucombrement des voies, et n'arrivèrent à Bordeaux que vers midi, le mardi 28. Les députés avaient reçu une convocation pour une heure, dans les bureaux. Les quinze commissaires examinèrent sur-lechamp les propositions de paix, discutèrent les clauses du traité et nommèrent leur rapporteur. La séance publique, fixée à trois heures, ne fut ouverte qu'à quatre heures un quart.

L'animation était grande ce jour-là, à Bordeaux. Des troupes encadraient le local où se réunissait l'Assemblée. C'était le Grand-Théâtre, l'un des plus imposants monuments de Bordeaux, le chef-d'œuvre de Louit, qui devait être le lieu de la plus douloureuse tragédie nationale. Le contraste était saisissant entre la gaîté du décor et la morne tristesse du moment. Les loges étaient garnies de dames en toilettes élégantes. Des lustres et des candélabres éclairaient la scène. Les députés occupaient les bancs du parterre, depuis la rampe jusqu'aux baignoires. Les banquettes étaient rouges. Des sièges supplémentaires avaient été placés dans les baignoires. Des draperies encadraient le plateau. Le bureau était au centre et la tribune en dessous, à peu près sur le pupitre du chef d'orchestre. Deux rangs de loges étaient réservés aux journalistes, aux autorités, aux diplomates ; aux galeries supérieures, au paradis, s'entassait le public.

En attendant la séance, on se désignait les personnages marquants : Lord Lyons, ambassadeur d'Angleterre ; M. Okonine, ambassadeur de Russie; le chevalier Ni^ra' ambassadeur d'Italie; M. de Metternich, ambas.sadeur d'Autriche, dans la loge diplomatique ; et parmi les députés, Victor Hucro, qui jusque-là avait coi Hé le képi belli-

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queux, et ce jour-là avait repris le chapeau civil; Louis VLc tout en noir, sans barbe, l'air jeunet et un peu clé ncal- l'évêque Uupanloup, congestionne, ardent, le teint loim'ô rair martial; Henri Roohefort, avec son sour.re amer, 'son œil sarcastique, errant parmi les bancs, examnant les physionomies singulières, ahuries ou méchantes, de ces ruiL^x, comme Gaston Crémieux les avait qualifies

Au dehors.la foule était considérable. Les curieux avaient attendu patiemment l'arrivée de M. Thiers. Us g:uetta.ent, .lepuis plusieurs heures, les députés au passasse, les nommant de travers, et avec des commentaires iaiita.sistes La .arde nationale de Bordeaux, comme dévoyée, passait e Repassait, entre les deux haies de troupes. El eprotes ait contre son éloi^^nement du local ou -^f^'-\^^'^'^^ Elle avait réclamé vainement l'honneur de veiller a la porte. Elle affirmait, par sa déambulation obslinée, drapeau déployé et musique ea tôte, son droit de circuler et de parad r^ans sa ville. Au moment où M. Thiers allait faire connaître à l'Assemblée la cession forcée de nos deux pro- Ices, cette musique encombrante, en défi ant sur U p ace de la Comédie, jouait un pot-pourri de la Belle Hélène. C'était charmant d'à-propos, et ceci montre que ces grandes et lugubres séances historiques, où, comme à la barre de la Convention la vie d'un roi, se jouaient le sort de deux provinces et l'avenir d'une nation, sont surtout à distance imposantes. Les contemporains ne semblen jamais se douter qu'il, font de l'histoire Ils vaquent à leurs petites affaires, et poursuivent leur but coutumier, sans trop s'émouvoir. Pendant ces trois terribles journées. où le salut de la France, la reprise des hoslilllés et la mutilation de la patrie étaient en suspens, les trams « de plaisir ,, c'était leur désignation administrative, c.rculèreni sans discontinuer entre Bordeaux et Arcachon. Les hôtes

cosmopolites, que les séances de l'Assemblée avaient réunis, allaient mang-er des huîtres au bord du bassin pittoresque. Les Bordelais ûânaieut, comme à l'habitude, plus empressés pourtant à sourire aux jeunes femmes passant et repassant par les allées de Tourny. Beaucoup de ces frivoles promeneuses venaient de loin, attirées par la présence d'hôtes cerUiinement disposés à la dépeii.se. Cet élément féminin exotique variait la monotonie du programme des distractions provinciales. Le temps était doux et clair- Un soleil joyeux dorait les physionomies, ég-ayait les édifices. La nature, indifférente à nos deuils comme à nos félicités, est sombre un soir d'épousailles et rit le matin d'un enterrement.

Quand la commission des Quinze eut fini son e.\amen et que M. Victor Lefranc, nommé rapporteur, eut achevé son travail, la séance fut ouverte. Il était quatre heures et quart. Jules Grévj occupait le fauteuil. Le baron de Barantc, l'un des secrétaires, donna lecture du procès- verbal de la séance du i3 février, qui fut adopté. M. Thiers monta immédiatement après à la tribune.

Il demanda à la Chambre l'urgence pour la discussion et le vote du traité qu'il apportait, et dont M. Barthélémy Saint-Hilaire donna lecture.

L'urgence fut combattue par MM. Varroy, Millière et Tolain. M. Toluin, député de Paris, et l'un des fondateurs de l'Internationale, déclara « honteuse» la proposition. On ne pouvait, dit-il, voter sans une délibération approfondie. M. Thiers remonta à la tribune. Il déclara que la proposition faite par le gouvernement n'était pas honteuse. S'il y avait de la honte, c'étiiit pour ceux dont le vote, à toutes les époques, avait contribué à la ruine du pays. L'.lssemblée vota l'urgence.

La réunion dans les bureaux eut lieu à neuf heures du

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soir. Elle se prolongea jusque vers m.nuU. Les «ï;-"-;-; furent ardentes et poi^^nantcs. La siluat.on de 1 Alsace et de la Lorraine communiquait aux plus détermines pacificateurs une émotion vive. Les députés des départements sacrifiés faisaient entendre leurs protestattons au m.Ue. d'unesvmpathie fW^nérale, mais le vote étaU acqu.sdans les esprits: A «ne très granuc majorité, dans tous les bureaux la ratification des préliminaires de paix fu adoptée. La séance publique ne serait plus qu'une forrr.al.te d enregistrement et un prétexte à manifestations diverses pin. ou moins déclamatoires et vaines. La paix était faite, et les Allemands commençaient leurs préparât, s ^ évacuation en môme temps, ils se préparaient à faire leur entrée dans

Paris.

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