‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 42 sur 107 · LA DÉCHÉAXCE DE NAPOLÉON III · texte numérisé non relu

LA DÉCHÉAXCE DE NAPOLÉON III

Un incident se produisit alors, qui fournil l'épilaphe légale (lu régime impérial, défunt depuis la guerre et la révolution du 4 septembre. Ce fut comme l'amende honorable d'une assemblée amenée à voter une pai.Y désastreuse.

M. Bambcrgcr, député de la Moselle, avait succédé à Edi^ar Ouinetet adjurait l'Assemblée de repousser la pai.v. Il ajoutait : « Un seul homme aurait dû signer un pareil traité: Napoléon III, dont le nom sera éternellement cloué au pilori de l'histoire ! »

Des bravos éclatent sur tous les bancs. L'Assemblée était rétrograde, cléricale, pacifique et trembleuse, en grande majorité, mais nullement bonapartiste.

Alors une protestation s'élève. C'est M. Conli, député de la Corse, l'ancien secrétaire de l'impératrice, qui l'a formulée. Une agitation suit ses paroles, mal entendues. On somme l'interrupteur de venir s'expliquer à la tribune.

M. Bamberger cède la parole à iM. Conti. Celui-ci, au

milieu d'un violent tumulte, déclare qu'il ne s'attendait pas à ce que, dans un débat si douloureux, il y eût place pour des discussions passionnées, pour des allusions blessantes envers un passé auquel se rattachaient un certain nombre des membres de l'Assemblée, qui, comme lui, avaient prêté serment h. l'Empire.

Plusieurs voix crient : « La déchéance 1 » pendant que des orateurs, dont MM. Henri Rochefort, Victor Hug'o, Langlois, cherchent à escalader la tribune, pour protester à leur tour contre l'empire.

Une voix crie justement : « Les Prussiens sont à Paris, pendant qu'on se dispute à la tribune ! »

M. Bamberger propose de clore le débat, en votant formellement la déchéance de Napoléon III. Les bravos répondent à cette proposition.

Le président suspeud la séance pendant un quart d'heure.

A la reprise de la séance, M. Allain-Targé a la parole pour une motion d'ordre.

Il donne lecture de la proposition suivante :

L'Assemblée Nationale clôt l'incident dans les circonslaDces douloureuses que traverse la Patrie et, en face de protcslalions et de réserves inatleodues, confirme la déchéance de Napoléon III et de sa dynastie, déjà prononcée par le suffrage universel, et le déclare responsable de la ruine, de l'invasion et du démembrement de la France.

La proposition est votée par acclamation. Tous les députés se lèvent, sauf quelques-uns .

Le président met la contre-épreuve au vote, par assis et levé. Cinq députés seulement se lèvent.

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