‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 2)Chapitre 55 sur 107 · NOMINATION DU GÉNÉRAL D'AURELLE DE PALA- DINES · texte numérisé non relu

NOMINATION DU GÉNÉRAL D'AURELLE DE PALA- DINES

M. Thiers avait répondu à la déclaration du Comité Central que la garde nationale entendait nommer tous ses chefs, — cette prétention était contestable, mais le moment était-il bien choisi, si l'on avait voulu apaiser et non irriter, pour riposter par une nomination qui, certainement, serait mal accueillie? — en donnant le commandement supérieur des gardes nationales au général d'Aurelle de Paladines. Le Mot d'ordre du 7 mars fit suivre la publication du décret des réflexions suivantes :

Le Journal Officiel a enresistré la nomination du général d'Aurelle de Paladines au commandement de la garde nationale. Ses litres ? Les voici : Brutal jusqu'à la cruauté ; d s'est toujours fait détester de ses soldats. Général, il laissa à Orléans ses divers corps dans l'isolement, sans ordres ; il la.ssa ceux qui s avançaient livrés à leur hcroisme ;il laissa les mar.nsseals défendre leurs pièces ; il fit couper les ponts charges de soldats, dont on retrouvait ensuite les cadavres ensevelis dans la glace, et il se retira au moment où, du haut du plateau d Aatod, Pans lui tendait la main. Député, il s'est signalé déjà en se permettant de rappeler aux convenances, dans les bureaux de I .\ssemb.ce, un député réi-ublicain de l'Alsace, qui revendiquait pour I Alsace l'appui de la France. ,

Voilà l'homme que nous envoient, d un commun accord, les réactions légitimiste, orléaniste, et surtout cléricale.

(le Mot d'ordre. Henri Rochefort, n» du 11 mars 1871.)

Le journal républicain exprimait les sentiments de la population . Ce général n'était pas sympathique, et sa nomination constituait comme un défi h l'opinion, une menace envers la garde nationale. Cette première provocation fut suivie d'une autre, l'apposition d'une affiche comminatoire, dans laquelle le gouvernement faisait allusion à 1 enk-ve-

ment des canons, et annonçait la nomination du nouveau général. Le gouvernement précisait son intention de lutter, et faisait appel « aux bons citoyens ».

Les faits les plus regrettables se sont produits depuis quelques jours, et menacent gravement la paix de la cité. Des gardes nationaux en armes, obéissant, non à leurs chefs légitimes, mais à un Comité central anonyme, qui ne peut leur donner aucun ordre sans commettre un crime sévèrement puni par les lois, se sont emparés d'un grand nombre d'armes et de munitions de guerre, sous prétexte de les soustraire à l'ennemi dont ils redoutaient l'invasion. Il semblait que de pareils actes dussent cesser après la retraite de l'armée prussienne. Il n'en a rien été : ce soir le poste des Gobelins a été forcé, et des cartouches ont été pil-

céux qui provoquent ces désordres assument sur eux une terrible responsabilité : c'est au moment où la ville de Paris, délivrée du contact de l'étranger, aspire à reprendre ses habitudes de calme et de travail, qu'ils sèment le trouble et préparent la guerre civile. Le gouvernement fait appel aux bons citoyens pour étoull'er dans leurs germes ces coupables manifestations.

Que tous ceux, qui ont à cœur l'honneur et la paix de la cite se lèvent ; que la garde nationale, repoussant de perhdes instigations, se range autour de ses chefs et prévienne des malheurs dont les conséquences seraient incalculables. Le gouvernement et le général en chef sont décidés à faire énergiquement leur devoir, ils feront exécuter les lois; ils comptent sur le patriotisme et le dévouement de tous les habitants de Paris.

De son côté, le général, prenant possession de son commandement, le notifiait, en ces termes menaçants, à la population :

Le président du Conseil des ministres, chef du pouvoir exécutif delà République française, vient de me confier le commandement supérieur de la garde nationale de la Seine .

Je sens tout le prix d'un tel honneur. 11 m'impose de grands devoirs : le premier de tous est d'assurer le maintien de l'ordre et le respect des lois et de la propriété.

Pour réussir, j'ai besoin du concours de tous les bons citoyen». Je fa"s donc appel au patriotisme de la garde nationale et de tous

Pendant 1; siège de Paris, elle a partage avec l'armée la gloire et le p rils de la défense ; c'esl à elle, dans les douloureuses c.r- :inslances que nous traversons, de donner 1 exemple des vertus civiques, et à moi de la diriger dans ses nobles efforts

Ma règle de conduite sera lajustice, le respect des droits acquis, et de tous les services rendus. „„„;i,i-. i»q

Il est nécessaire que le travail répare, le plus tôt P0^^>1^'«. >«; malheurs de la guerre. L'ordre seul peut nous -•"^7; ^ ^^f ;^ périlé. J'ai la ferme volonté de réprimer avec énergie tout ce qui pourrait porter atteinte à la tranquille cite.

Ces menaces oratoires furent suivies d'un acte violent seconde et plus sérieuse provocation. Thiers s'en prenait à la presse. C'est toujours le premier acte des pouvoirs désireux d'affirmer leur force, la suppression des journaux d'opposition. Thiers se souvenait des ordonnances de juillet. Il avait rédi-é la protestation qui appela le peuple aux armes. Seulement, cette fois, c'était lui qui était Poli- ^nac.

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