LE PLAN D'ATTAQUE
Voici l'ordre dans lequel devait s'accomplir l'opération, d'après les instructions données par le général V.noy, et selon le plan concerté avec le général d'Aurelle de Palad.nes, le ministre de la Guerre Le Flô et le général Valent, n, qui venait d'être nommé préfet de police. Ce plan, est-il besoin de l'indiquer, avait été combiné et tracé avec amour par Thiers lui-même, enchanté de transformer son cabinet en tente napoléonienne.
La garde nationale n'était pas convoquée, et ne prit aucune part à l'opération.
LE DIX-HUIT MARS
Deux réfîiments d'Infanterie, le 109a et le no», sous les ordres du général Derroja gardaient les abords de l'Hôlel-dc- Ville.Le 89" de marche occupait les Tuileries. Un bataillon du 640 et deux compagnies du 34" protégeaient la préfecture de police elle pont Saint-Michel. La caserne du Prince- Eutçène gardait une réserve composée par les 1 13«, 1 14° et 120° régiments consignés.
Un bataillon de la garde républicaine et le 35« d'infanterie avaient pour objectif les Butles-Chaumont.
La ligne des boulevards extérieurs, de la place Clichy à la place Pigalle, était gardée par un bataillon de gardes républicains, le i«' bataillon de chasseurs à pied, le i36» régiment de marche, un détachement de chasseurs d'Afrique, un détachement de gendarmes à cheval et une demibatterio d'artillerie.
La division Susbielle avait l'ordre de s'emparer de la Butte Montmartre, d'enlever et de ramener les canons s'y trouvant.
Le général Susbielle avait sous ses ordres la brigade Paturel et la brigade Lecomle. La brigade Paturel comprenait : le i7« bataillon de chasseurs à pied, deux bataillons du 769 d'infanterie, un bataillon du 3i% une demi-compagnie de génie, et environ deux cents gardiens de la paix armés de fusils. La brigade Lecomte comprenait le i8» bataillon de chasseurs à pied, le 88« régiment de marche, une demi-compagnie du génie, environ 200 gardiens de la paix armés de fusils.
En tout Vinoy disposait de 12.000 hommes environ. La lâche principale était assignée au général Lecomte. Il devait former sa colonne dans l'ordre îsuivant : avant-garde de gardiens de la paix armés de fusils, la demi-compagnie de garde républicaine, la demi-compnguie de génie, le i", puis le 2« bataillon du 88» de marche. L'itinéraire était :
'iÇ)0 HISTOmE DE LA COMMUNE DE 187I
boulevard Ornano (boulevard Barbes) jusqu'à la rue Marcadet, cette rue jusqu'à la rue du Mont-Cenis, que les troupes monteraient pour parvenir à la place du Tertre, auprès de laquelle étaient les canons. Le 18* bataillon de chasseurs à pied et une batterie de quatre devaient se tenir en réserve sur le boulevard Rochechouart, grardant les débouchés de la place Saint-Pierre. Le 3° bataillon du 88" devait rester en réserve, au pied de la Butte, côté est, rue Clignancourt et rue Marcadet. Cet effectif représentait 3. 000 hommes.
Une modification fut faite, sur le terrain, à ce dispositif: le i8» bataillon de chasseurs à pied, qui devait rester sur le boulevard, fut substitué au ler bataillon du 88<^ de marche, primitivement destiné à faire partie de la i^ colonne d'attaque. Le général Lecomte se défiait probablement de la solidité de ce bataillon, et préférait placer en tête les chasseurs à pied. La précaution était sag-e, mais les circonstances la rendirent inutile. La première colonne d'assaut fut donc formée de gardiens de la paix et de gardes républicains, sous le commandement du chef des gardiens de la paix Vassal, et la seconde colonne, formée par le i8« bataillon de chasseurs à pied, sous les ordres du commandant Poussargues.