‹ Histoire de la Commune de 1871 (volume 3)Chapitre 11 sur 126 · ASSEMBLÉE NA TIONALE OU COMMUNE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE NA TIONALE OU COMMUNE

L'Assemblée Nationale et la Commune ne pouvaient subsister parallèlement. L'un des deux pouvoirs était de

trop. , .. ,

Il fallait ou que la Commune cédât, s en remit au bon vouloir do l'Assemblée et de M. Thiers, et qu'un rogime modérément républicain, mais perfectible, s'établît, comme cela arriva, après la défaite de mai, ou bien que l'Assemblée nationale fût vaincue, disparût avec les gouvernants qu'elle avait choisis. Alors le pays de nouveau consulté, non plus sur la paix ou la guerre, puisque les conditions de la paix étaient, sans discussion, maintenues etexécutées, mais sur les lois constitutionnelles, auraiteu ànommerune représentation nationale neuve, qu'on supposait devoir être animée de l'esprit républicain, plus ou moins avancé.

Cette assemblée aurait pu représenter la mentalité et la politique, dans sa majorité du moins, de ceux qui furent par la suite élus membres de la Commune. Mais cet espritlà existait-il en majorité dans le pays ? On doit en douter. Il n'est pas né viable le gouvernement qui est en avance sur son temps, et les pouvoirs sont instables et fragiles, aussi bien quand ils devancent l'opinion générale, que lorsqu'ils retardent sur elle. Ils se trouvent alors isolés du gi-os des forces populaires, et cette loi s'est trouvée vérifiée pour les monarchies comme pour les républiques. Une Constitituante nommée en avril n'eût pas compté plus de républicains. La Commune et sa répression ont étendu la moyenne de l'opinion, et, par l'extension des extrêmes, donné un quotient plus fort à la République modérée.

Les insurgés du i8 mars ne devaient pas se préoccuper d'une conciliation quelconque, ils devaient continuer le combat et chercher la victoire. S'ils se montraient les plus

8o UISTOIRE DE LA COMMUNE I

forts, le pays se soumettrait, comme il s'était soumis après le deux décembre. La solution du problème était là, et pas à côté. Avec ces démarches, ces conciliabules, ces palabres, on préparait l'insuccès. Ces journées perdues en log-omachies, en chicanes, en casuistiques et en avocasseries, devaient fatalement amener la perte des avantag-es obtenus le 18 mars et donner à l'Assemblée, alors bien près d'être vaincue et morte, la survie avec la victoire.

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