LA RECOMPENSE DE CREMER
La commission de révision des grades, non seulement ne lui maintint pas ses étoiles de divisionnaire, mais le fit rétrograder jusqu'à l'épaulette de chef de bataillon, grade qu'il possédait déjà au retour du Mexique. C'était assurément excessif. On le punissait d'avoir paru un instant accepter l'écharpe de commandant en chef des troupes de la Commune. Il protesta par une lettre trop vive et fut mis en réforme. Il se rejeta alors vers la politique et se présenta aux élections de 1872, à Paris. Il se retira devant Victor Hugo, qui se vit alors ridiculement préférer le métliocre, mais réactionnaire Vautrain.Crémer fut ensuitepoursuivi en conseil de guerre, pour un acte relatif à son commandement pendant la guerre : l'ordre d'exécution d'un épicier de Dijon, nommé Arbinet, accusé d'espionnage, fait qui ne fut pas établi. Il fut condamné à un mois de
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prison, sing-ulière combinaison, pour homicide « par imprudence ». Il tenta encore une fois la chance électorale, en 1876, dans le 20» arrondissement et ne fut pas élu. Il disparut quelque temps après, déclassé, dédaigné par tous les partis, sans espoir de revenir jamais à la surface, noyé dans ses turpitudes. Et puis, fin vengeresse pour celui qui, fiiurnissant des armes empoisonnées à la réaction, avait accusé les fédérés d'être tous des ivrog-nes, il fut emporté dans une crise d'alcoolisme. Ce général, devenu chef d'insurgés, aurait pu terminer sa carrière d'une façon terrible et digne, en vaillant aventurier, que respecte et admire le peloton chargé de le fusiller. Il aurait pu avoir la mort de Rossel, il eut celle de Goupeau.