‹ Histoire de la Commune de 1871Chapitre 17 sur 95 · LES ÉLECTIONS LYONNAISES · texte numérisé non relu

LES ÉLECTIONS LYONNAISES

Les Elections du 8 Février 187 1 envoyèrent à l'Assemblée nationaleune députation panachée, oùles monarchistes voisinaient avec des républicains modérés. MM. Jules Favre, Ducarre, Le Royer, Béreng'er, furent élus avec le général Trochu et MM. Mang-in, Laprade, de Montemart. Saint-Victor. Ce dernier élu obtint 56.291 voix. La liste républicaine, avec Garibaldi en tête, n'eut que So.igo suffrages. Les autres camîidats: docteur Crestin, Hénon,Raspail, Barodet, Blanqui, Durand échouèrent avec des totaux allant de ^4-63o à 20.845 voi.x. Ce fut un échec républicain complet.

Le Conseil municipal de Septembre était resté en fonctions. L'opinion républicaine essaya de se ressaisir. Des groupes se réunirent dans les divers arrondissements et des délégués furent nommés qui formèrentun Comité Central. Ce Comité, dont le président fut le citoyen Favier, siégea au local de la société de secours mutuels de la rue Grolée. Sous ce nom de Comité de la rue Grolée, cet ardent foyer républicain devait, par la suite, acquérir une grande importance. 11 a laissé un nom célèbre à Lyon, et sa notoriété, répandue par toute la France pendant quinze années,

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n'est pas encore éteinte entièrement ; elle a survécu à ses fondateurs. Il y a encore, à Lj'on, l'association des Vieux Groléens.

HÉSITATION APRÈS LE i8 MARS

Les événements accomplis à Paris, le i8 Mars, furent imparfaitement connus à Lyon. Renseig-nés seulement par les dépêches mensongères du gouvernement, trompés par la lecture des journaux parisiens hostiles au mouvement qui parvinrent seuls après la fuite à Versailles, les républicains lyonnais hésitèrent. Ils ne savaient s'ils devaient soutenir les revendications parisiennes, et engager la municipalité lyonnaise à promettre à Paris un concours actif, ou se borner prudemment à attendre les événements et les nouvelles.

Le 22 mars, les capitaines de tous les bataillons de la garde nationale se réunirent cependant place des Terreaux. L'opinion générale fut hostile à l'Assemblée de Versailles. On décida d'envoyer des délégués au maire de Lyon, afin de le mettre en demeure de se prononcer en faveur de la Commune de Paris. Le Conseil municipal s'était rassemblé en hâte, à la nouvelle de cette réunion des chefs de la garde nationale. LeConseil adopta le projet d'une adresse à l'Assemblée de Versailles, lui demandant de convoquer les électeurs pour la nomination d'une Constituante. A six heures, lesdéléguêsde la garde nationale furent reçus à l'Hôtelde-Ville, dans la salle des Echevins, par le maire de Lvon. M. Hénon n'entra nullement dans les vues de la délégation. « Lyon, leur dit-il, jouissait, depuis le 4 septembre, de l'autonomie communale, et il ne voyait pas quelles prérogatives nouvelles celte cité pouvait demander. En outre les éléments de la Révolution parisienne étaient encore igno-

g^ HISTOIRE DE LA COMMUNE

rés. Paris pouvait avoir ses raisons pour s'insurg^e;'. mais les Lyonnais devaient attendre pour les apprécier, de pinir de se fourvover. » Le maire de Lyon refusait donc de s'engag-er et do laisser s'engag'er la municipalité.

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