‹ Histoire de la Commune de 1871Chapitre 21 sur 95 · IU2 IIISTOIIIE DC LA COMMUNE · texte numérisé non relu

IU2 IIISTOIIIE DC LA COMMUNE

Un comité, contre le vœu de la garde nationale, qui voulait le maintien du conseil municipal, s'est emparé de l'autorité que le peuple ne lui a pas conférée. 11 comprendra, lui aussi, qu'il doit se rallier au sentiment de bonne harmonie et à la défense de la République.

En conséquence, la garde nationale, par la voix de ses délégués, se met à là disposition pleine et entière du conseil municipal élu de la ville de Lyon. Elle le conjure de rentrer dans la salle de ses délibérations,et, appuyé sur le dévoumenl de la garde nationale tout entière, de veiller au salut de la République que nous jurons tous de maintenir.

Vive la République !

A l'unanimité les officiers ont mis à leur tèle comme général provisoire de la garde nationale le citoyen Cliapotot, ancien commandant d'état-major de la garde nationale.

Ont sif;né les chefs de baLaillon :

Margeraut (par intérim), Tourneur, Chariat, Vernanchet, E. Armand, F. Lorrain, Al. Simon, H. Mourrier, Vallet, Chavant, Journet, iMarron^(par intérim), E. Grassot, E. Rollin, Grourin, Dubreuil, A. Cornil (par intérim), L. Bossu, Lombard, A. Houssar.

Les commandants :

Henri Lesertre, premierescadron d'artillerie, Guillaume, 2e escadron, Vallin, 4o escadron, Maugraui, '3" escadron, Hyvert ; de cavalerie, Clol.

Vu et approuvé, le général provisoire de la garde nationale. Signé Chapotot. »

La Commune siégeant à l'Hôtel-de-Ville avait projeté l'arrestation de plusieurs citoyens notables de la ville.

Parmi ces notables, la finance comptait peu de représentants.

C'étaient surtout des républicains, dont le caractère entier lui faisait craindre l'influence. La résistance de Garel, tout aussi bien que l'infidélité de ses propres agents, rendirent les ordres du Comité illusoires. Quant à Garel, dès la soirée du 23, il donna sa démission, sans cependant la publier. Un sentiment de délicatesse, d'un ordre très élevé, vis-à-vis de ses collègues de la Com-

LE GOUVERNEMENT DE L'adTEI^DE-VILLE Io3

mission, tel est le motif qui le guida dans sa conduite, et dans son abstention désormais absolue.

Tels sont à peu près les événements qui se produisirent du 23 au 2-i, à quatre lieures.

Nous eûmes une réunion des membres du Conseil à ce moment. Elle eut lieu au palais de la Bourse.

On y décida de dépêcher deux de nos collègues à l'Hùlel-dc- Ville.

Le mandat de cette délégation était d'amener les membres de la Commission à évacuer la maison commune, en leur Taisant toucher du doigt l'état désespéré de la situation. .M. Honon venait de rédiger une affiche, qui annonçait à la population la rentrée à Lyon de nos concitoyens, les mobiles, ces vigoureux défenseurs de Belfort. Le programme de leur réception y était tracé comme si la municipalité eût déjà repris son siège officiel ordinaire. MM. Gaillcton et Soubrat, les délégués du Conseil municipal,reçurent la recommandation d'insister surtout sur cet argument . M. Vallier les assista de son concours tout volontaire.

Nos négociateurs furent reçus avec courtoisie à l'Hôtclde- Villc. L'amour-propre seul maintenait encore les membres de la Commission à notre bureau. Il était évident qu'ils auraient voulu trouver un prétexte décent de quitter la place. Mais l'amour-propre est un terrible conseiller. Il valait mieux laisser le ferment du décourasement opérer tout seul son œuvre de dissolution finale, que de galvaniser un Comité mourant, que disje, déjà mort, par une mise en demeure maladroite.

« La Commission partira cette nuit, laissons-la prendre son parti toute seule. » Telle l'ut la conclusion que nous rapportèrent les citoyens Gailleton et Soubrat. Nous approuvâmes l'esprit de ces conclusions, et nous nous séparâmes, en nous donnant rendezvous pour le lendemain matin à 9 heures à l'Hôtel-de-Ville. Celait l'heure désignée par l'affiche du maire de Lyon, pour la réception des mobiles de Belfort par le conseil municipal.

(Docteur Crestin. — Souvenirs d'an Lyonnais. Lyon, 1897.)

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