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FLX DE LA COMMUNE A LYON

Pendant la nuit du 24 au 20 mars, la Commission déclara au préfet et au secrétaire général qu'ils étaient

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libres. Elle réJitçea, avant de se séparer définitivement, l'affiche suivante, son testament :

Commune de Lyon :

Considérant que la Commission provisoire de Lyon, acclamée par la garde nationale, ne se sent plus soutenue par la garde nationale. Considérant que la garde nationale a manqué à ce devoir de soutenir la Commune qu'elle a acclamée;

Les membres de la Commune se déclarent dégagés de leurs engagements envers leurs mandants et rendent tous les pouvoirs qu'ils tenaient d'eux.

La Commission provisoire : Blanc- Parraton.

Tel fut le rôle éphémère de cette illusoire commission insurrectionnelle, que les commandants et officiers de la g-arde nationale avaient désavouée par l'affiche où ils se mettaient à la disposition pleine et entière du conseil municipal élu.

La Commission ne pouvait tenir. Elle s'était adressée, pour avoir l'arg'ent indispensable, à diverses maisons de banque de Lyon, qui avaient refusé tout prêt. Dans l'impossibilité de paver la solde des g'ardes nationaux, abandonné par les élus municipaux, en présence d'une indifférence g-laciale de la population, ce pouvoir insurrectionnel devait cesser. Il ne fut pas vaincu, il s'évanouit.

Ainsi finit pour toujours la Commune de Lyon. Les délégués de Paris durent reprendre piteusement le train, ayant renoncé à la tâche impossible de soulever une ville qui ne demandait qu'à rester calme, et qui, sans même faire à la commission insurrectionnelle l'honneur d'une poursuite, d'une arrestation, laissait disparaître sans bruit ceux qui avaient, un instant,été maîtres de l'Hôtel-de-Ville.La retraite étouflée de la Commission passa inaperçue au milieu du tapag-e des fanfares et des acclamations accompagnant le retour des mobiles de Belfort. Les mobiles défilèrent devant

LE GOUVEHNIiMENT DE l'hÔTEL-DE-VILLK

les autorités rassemblées à l'Hotel-de-Ville. Leurs sacsctaient chargés de fleurs, de couronnes, qu'on leur jetait des fent^tres de la ville en fête. Lvon reprit rapidement son aspect accoutumé, et, comme au lendemain d'un court oraçe, la population souriait au ciel rassénéré, sans alors s'occuper des g-ros nuages noirs qui fuyaient sous l'horizon, sans s'efFrajer des éclairs lointains et du tonnerre qui g-rondait vers Paris.

Un seul fait aurait pu décider Lyon a adhérer à la Commune de Paris et môme à lui envoyer des renforts, la preuve apportée que Thiers et l'Assemblée de Versailles étaient décides à renverser la République. [Mais ni l'Assemblée, malg'ré son désir et ses intentions certaines, ni le chef du pouvoir exécutif ne commirent cette faute de se démasquer, et cette preuve ne fut pas apportée. La République fut maintenue en apparence, et M. Thiers eut l'habileté de persuader à Lyon, et à d'autres faraudes villes moins facilement apaisées, que c'étaient les parisiens qui attaquaient la République et la mettaient en péril. Ni les délégués envoyés de Paris au 22 mars, ni ceux qui vinrent par la suite pour tenter un nouvel appel aux élans révolutionnaires, ne surent ou ne purent prouver aux lyonnais que l'existence de la République fût compromise, si la Commune succombait. M. Thiers profita de l'équivoque en affirmant, notamment aux délégations venues de Lyon, dans le courant d'avril, que la République ne serait ni touchée, ni sérieusement menacée, tant qu'il garderait le pouvoir.

Il lui fallait plus d'adresse encore pour réfréner les appétits royalistes de l'Assemblée. Il sut g-arder l'équilibre difficile entre les deux camps, et ajourner les espérances monarchistes, tout en calmant les inquiétudes républicaines. Les délégués provinciaux venus à Paris, notamment ceux de Lyon, s'en revinrent tranquillisés, après ces entre-

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iiiSTomc ua la commune

vues fallacieuses. La stralég'ie purement diplomatique de cet homme d'état exceptionnel fut plus remarquable encore dans le cabinet, d'où il expédiait ses dépêches fausses et où il recevait, d'un air surpris, les délégués anxieux, que celle dont il était si fier lorsqu'il inspectait, sur les hauteurs de Sèvres, la batterie de 120 pièces de sièg-e, à l'aide desquelles il se préparait à foudroyer les forts, la Porte-Maillot et à ouvrir la brèche du Point-du-Jour, porte future de l'entrée sournoise.

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