‹ Histoire de la Commune de 1871Chapitre 26 sur 95 · MANIFESTATIONS DEVANT LA PRÉFECTURE · texte numérisé non relu

MANIFESTATIONS DEVANT LA PRÉFECTURE

Toulouse, la gracieuse reine féodale du Midi, la ville des jeux Floraux, des ténors irrésistibles, des étudiants fringants, où, les jours d'été, en sémillantes ribambelles, de sveltes jeunes filles parcourent lentement, avec des ondulantes nonchalances, les allées Lafayette, au bruit confus des orchestres tapageant dans les cafés grands ouverts, et des oiseaux s'égosillant parmi les branches, Toulouse, cité poétique, docte et galante, est aussi ruche laborieuse.

Elle arme pour les luttes du travail tout un vaillant con-

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tinjE^cnt, les solides et actifs compa|c^nons de son faubourg' Saint-Cvpripn. De ce quartier fumeux, que souvent visite et ravaçe la Garonne débordée, monte, basse t;Tondante, la voix («:rave des forces motrices, le rauque balètement des machines, le rythme des méliers, accom patinant le chant allèçre des travailleurs. Toute une population ardente et remuante, aux frémissements fréquents et subits, prompte à l'enthousiasme, à la colore rapide aussi, s'ai^ite aux souffles venus de l'extérieur dans ce quartier sé[)aré de la ville par la rivière. Là bouillonne le flot démocratique, prôt à se répandre, comme la Garonne en fureur, sur l'autre rive éléuranle, aristocratique et joyeuse.

Les nouvelles brèves et peu claires arrivées le 18 mars, avaient été accueillies, sur la place du Capilole et au faubourg' Saint-Cyprien, par les cris de : « Vive Paris ! Vive la Commune! » Les clubs orijanisèrent aussitôt des manifestations,et des gardes nationau.v, sans convocation ni appel, se rassemblèrent en groupes tumultueux. Cotte foule Kt une démonstration devant la préfecture pour obtenir du préfet qu'il se prononçât en faveur de la Commune.

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