F/\ DE LA COMMUXE DE TOULOUSE
Le soir, une commission e.xéculive fut nommée. Elle fut composée d'hommes peu énersriques, que paralysaient surtout les liésilalions et l'inertie prudente d'Armand Duportal. Ce pur des purs, ce chef à renommée de harricadier, l'ancienne victime des commissions mixtes, pri^chant la modération et ne voulant pas quitter son cabinet, cela n'était
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point fait pour encourager les g'ens raisonnables à aller se faire charger dans les rues, avec l'éventualité d'être arrêtés et par la suite déportés, comme l'avait été Duportal autrefois. La commission executive n'exécuta rien.
Elle ne prit aucune mesure offensive ou défensive. Elle se contenta de négocier et de faire savoir aux généraux et aux magistrats, retranchés dans l'arsenal avec quelques troupes, qu'elle se dissoudrait si on nommait un préfet autre que M. de Kératry. Celui-ci, tenu au courant de ces peu effrayantes résolutions, résolut de se montrer et de conquérir de vive force sa préfecture. Cette opération ne paraissait pas très difficile. Le 27, il arriva à l'Arsenal avec trois escadronsde cavalerie pris à Agen.Il coupa les communications entre la cité et le faubourg Saint-Cyprien, barrant le pont, plaçant des factionnaires, puis marcha sur le Capitole. 11 disposait d'environ six cents hommes d'infanterie, et de six pièces de canon. C'était peu pour occuper le Capitole, s'il avait été défendu, et surtout pour contenir une ville de i3o. 000 âmes. Mais les Toulousains, comme leur préfet destitué, préféraient les manifestations et les haranacues aux coups de canon et aux i'iisillades.M. de Kératry fit braquer ses six pièces de canon sur le Capitole. Le général Nansouty, avec ses cavaliers, se dirigea vers la préfecture. Là, halte fut commandée, et le procureur de la République et le procureur général Manau firent des sommations. Le combat semblait imminent.
Les gardes nationaux ne se pressent cependant pas d'apprêter leurs armes. De tous côtés on réclame Duportal. Il demeure sourd, invisible. Une députation de l'Alliance républicaine,groupe important, s'avance, s'interpose, demande aux généraux de faire retirer leurs troupes, aux gardes nationaux de déposer les armes. Des deux côtés on écoute un orateur de l'Alliance. Rien n'est plus facile que de per-
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siiader de faire la paix à des belligérants qui ont surtout le «Icsir de ne pas se battre. M. de Kératry, avec ses allures
ic tranche-niontaiiifne, roulant des yeux terribles, et comme s'il filt monté à l'assaut de Puebla, prit possession de sa préfecture, que nul ne voulait lui disputer. Le soir, dans
Toulouse redevenue joyeuse, les voix des ténors rassurés s élevaient seules parmi les groupes pacifiés parcourant allègrement la cité presque en fête. De l'autre côté de la Garonne, les laborieux faubouriens déçus se reliraient, en grognant, regagnaient tristement leurs maisons, et soupaient hâtivement. On se mit au lit de bonne heure à Saint-Cyprieu, ce soir-là, car la journée avait été énervante, et il fallait être dispos pour empoigner les outils, comme à l'ordinaire, le malin venu.
Ainsi finit la Commune, ou l'ombre de Commune, qu'entrevit un instant la Reine du Midi, plus que jamais redevenue la capitale des Jeux Floraux, la ville artiste et savante de Clémence Isaure, des juristes et des troubadours.
I III. — La Commune a SAi.NT-EriENNB