L'ÉLÉMENT ÉTRANGERDANS L'ARMÉE COMMUNALE
Une légende s'est faite, après la chute de la Commune, sur la présence des étrangers dans les rangs de la garde nationale. La presse réactionnaire a propagé cette erreur,
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qui voulait être une insulte, que les étrançers avaient eu une grande part à l'insurrection. La statistique, d'après les documents môme fournis aux conseils de guerre, a lUabli combien ces racontars malveillants étaient loin de la vérité. Il y eut seulement quelques bclçes, quelques italiens, mais en très petit nombre, qui prirent les armes pour la Commune. On ne saurait faire appel à des chiffres, ils n'existent pas en quantités probantes ou sont faux, car la plupart des étrang;ers qui furent pris, étant dénoncés comme communards, furent sommairement fusillés, sur la simple révélation de leur nationalité. 11 convient cependant de ramener à une proportion minime le nombre des étrangers ajant servi la Commune. Beaucoup de ces infortunés furent arrêtés à raison de leur accent ou de leur nom, bien que n'ayant nullement participé à l'insurrection. Le bon sens, et un peu de réflexion, suffisent a expliquer comment il ne pouvait se trouver des étrangers, en quantité appréciable, parmi les troupes de la Commune, les Polonais exceptés, à raison de l'importauce de leur émigration ancienne.
D'abord le mouvement populaire, qui devait aboutir à la prise de possession du pouvoir à Paris par le Comité Central et la Commune, fut, à son orig-ine, uniquement patriotique,chauvin même, donc très défiant envers les étrang'ers, à quelque nationalité qu'ils appartinssent.
La capitulation, la menace de l'entrée des prussiens, l'idée spontanée de mettre les canons hors de leur atteinte groupèrent les gardes nationaux, préparèrent la Fédération, et l'on ne fit aucun appel aux étrangers. On tint plutôt à l'écart ceux que l'on reconnaissait pour tels, quand ils se présentèrent pour être incorporés. Ouant à ceux qui avaient pu se trouver déjà enrôlés dans les bataillons pendant le siège, ils n'entrèrent pas dans la Fédération par prudence,
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OU tout simplement par ce qu'on les éconduisit. Très peu de non-français se trouvaient alors à Paris. Bien avant le 4 scplemhre, tous ceux qui appartenaient à une nationalité étrang-ère s'étaient hâlés de retourner dans leur pays, s'ils avaient pu se procurer les ressources indispensables pour partir. Un certain nombre ne pouvait, ne voulait quitter la France: c'étaient principalementdesartisans, des employés quelques petits commerçants sans grandes ressources. Ils restèrent dans ce pays d'adoption où ils étaient accoutumés à vivre, où ils avaient leurs habitudes, leur travail, des amitiés, des affections, et même des liens de famille. La plupart de ces émig'rés, à demi français, s'eng'ag'èrent dans un corps spécialement formé à leur intention : la légion des Amis de la France. Cette lég-ion fut licenciée à la fin de la guerre. Il y eut donc fort peu d'exotiques, qui, comme ils ne figuraient pas dans la garde nationale, pendant le siège, s'y firent inscrire depuis. La méfiance, et même l'hostilité énergique des citoyens eussent tenu à distance ces nouveaux venus. Presque tous ainsi s'abstinrent, se dissimulèrent, attendirent les événements, en évitant d'attirer l'attention sur eux. Cette attitude prudente n'empêcha pas ces neutres d'être arrêtés par la suite, envoyés sur les pontons ou à l'Orangerie, en attendant qu'ils aient pu se faire réclamer par leurs consuls. L'élément étranger fut ainsi très faible dans les bataillons organisés depuis la Fédération. Les quelques belges, italiens ou suisses, restés à Paris, à la déc^laration de guerre, retonus par des affections de famille, des alliances, par l'impossibilité de rentrer chez eux, par la misère aussi, se tinrent en dehors de toute participation à la Commune, et on n'en vit guère figurer parmi les militants des clubs, ou les individualités remuantes des compagnies. Une exception est à signaler : un hongrois, Léo Frankel, fort intelligent et actif, membre de
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rinteruationale, se signala dans les associations ouvrières, et parvint môme k être élu membre Je la Commune.