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LES POLONAIS

La groupe polonais joua toutefois un r(3le considérable dans l'insurrection, non pas tant par le nombre de ses adhérents à la Commune que parce qu'il lui fournit ses meilleurs généraux, Dombrowski, Wrobleski en tèto. Ce sont ces braves polonais qui ont accrédité la croyance à la participation de très nombreux étrang'ers à l'insurrection, et dont l'adhésion éclatante faussa l'évaluation du nombre et de l'importance des polonais dans le mouvement. C'est que les polonais formaient, bien avant la guerre, une colonie très forte à Paris. Cela remontait à l'insurrection de 1882, Les réfugiés polonais s'étaient acclimatés, beaucoup avaient noué des relations dans toutes les classes de la société, quelquesuns avaient acquis des amitiés politiques importantes, de la réputation dans les arts, dans la littérature, occupaient des chaires dans l'enseignement. Les insurrections ultérieures amenèrent sous l'Empire un nouvel afflux do réfugiés. Il y eut à Paris deux écoles polonaises, l'une boulevard des Batignolles, l'autre à Montparnasse, qui fournirent des lauréats distingués à nos concours généraux, principalement dans les mathématiques spéciales. L'émigration polonaise s'était constituée en Société. Elle comptait, en 1870, 3.700 membres. Elle avait pour président le prince Czartoryski. Il y eut environ 5oo d'entre eu.x qui, au moment de la guerre, se firent inscrire comme combattants, à Paris seulement. Ils s'engageaient par reconnaissance pour le pays qui les avait accueillis, dans lequel ils avaient trouvé une seconde patrie. D'autres servirent en province, et se signalèrent à Chateaudun et dans l'armée des Vosges. Plus de

3oo de ces braves sont restes sur nos champs de balaille. Le prince Czartoryski, aristocrate et clérical, nullement favorable à la Commune, a protesté, dans une lettre à la Commission d'Enquête, contre la participation de quelques-uns de ses compatriotes à l'insurrection et a plaidé pour les autres les services rendus dans l'armée. Il a aussi fait état de leurs sentiments relig'ieux, nullement révolutionnaires, ni même républicains, a-t-il affirmé :

Les préliminaires de paix signés, le comité polonais qui tenait le contrôle de ces enrôlés les a invités à quitter le service qui n'avait plus d'objet pour eux. A l'exception de 74, tous se sont rendus à l'invitation. Ces 74 polonais, pressés par le besoin, privés de tout travail, sans aucun moyeu de vivre, les subsides qu'ils recevaient jusque-là comme émigrés ayant cessé d'être payés, sont restés comme simples gardes dans les rangs des bataillons sédentaires pour avoir la solde de trente sous. La révolution du 18 mars les a trouvés dans cette situation. Ils ont eu alors le fort grave de ne pas se retirer et de continuer le service pendant le règne de la Commune.

Le prince Czartoryski, qui éprouva le besoin, dans sa lettre à la Commission, de diffamer ses braves et malheureux compatriotes, ayant donné leur sang pour la Commune, et qu'il qualifia « d'aventuriers, d'hommes désœuvrés, sans profession », a protesté cependant contre les accusations dont ils étaient l'objet, en ce qui concernait leur participation aux incendies et aux actes révolutionnaires.

Les Polonais enrôlés par la Commune, a-l-il ajouté, se sont bornés exclusivement au service militaire, et la Commune elle-même les réduisit strictement àce seul emploi. La révolution du Dix-Huit mars s'est faite sans leur participation. 11 n'y a pas eu un seul polonais parmi les membres du Comité Central. Ils n'apparaissent que bien après la constitution de la Comnmne. La nomination de Donibrowski ne date que du 6 avril, les autres se sont engagés encore plus tard. Pendant toute la durée de la Commune ils n'ont

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