‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 10 sur 178 · I. ORIGINES ET DÉBUTS · texte numérisé non relu

I. ORIGINES ET DÉBUTS

chent en joue les insurgés qui s'enfuient dans toutes les directions. Les plus braves se cachent derrière les tas de sable, les piédestaux des candélabres ou dans l'embrasure des portes, et jusque dans les vespasiennes pour tirer, ainsi abrités, sur les fenêtres. La fusillade dure une demiheure environ, jusqu'à ce que paraissent, dans l'avenue Victoria, un brancardier volontaire qui agite un mouchoir blanc, et un ofBcier de la garde nationale qui porte un mètre de calicot au bout de son sabre. La troupe cesse le feu, et l'on parvient à faire une cinquantaine de prisonniers parmi les émeutiers. Hais, comme d'habitude, les chefs échappèrent à la justice qui ne frappa que des instruments secondaires. On dut se contenter de condamner à mort, par contumace, Gustave Flourens, Blanqui et Félix Pyat.

Les événements du 22 janvier venaient à peine de se produire, qu'une nouvelle terrible plongea tout à. coup Paris et la France dans la stupeur. Le lendemain de l'attaque glorieuse de Buzenval, qui n'avait abouti qu'à une hécatombe d'héroïques citoyens, une aCBche annonçait la capitulation. « L'armistice accordé à Paris, disait M. Jules Favre, s'étendait à toute la France et devait forcément entraîner la paix. » Nous n'essayerons pasde dépeindre la colèrequi s'empara de tous les cœurs : nous l'avons tous éprouvée. Certes, on n'avait pas marchandé la souffrance et les sacrifices, on comprend qu'il était difficile de s'incliner de bonne grâce devant ce dernier, cet irréparable coup de la fortune. « Le gouvernement de la Défense s'est trouvé alors dans une position unique, bien périlleuse, bien douloureuse!... On accablait ses membres d'invectives, on leur mettait la corde au cou, on leur disait: «Vous y êtes, vous y resterez ; c'est vous qui nous avez vendus, vous restererez afin que nous ayons le droit de vous juger '. »

Les élections, qui vinrent faire diversion aux tristesses de l'armistice, ne firent au contraire qu'accroître le discrédit du gouvernement En France, où le suffrage universel de- Trait être pour toutes les opinions une arme de combat

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