‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 11 sur 178 · Déposition de M. Jules Fa?re; Enquête du 18 mars · texte numérisé non relu

Déposition de M. Jules Fa?re; Enquête du 18 mars

sérieuse et respectable, on vote en manière de protestation. Les gens d'ordre, exaspérés de ce que Paris avait capitulé avec deux cent cinquante mille hommes de troupes et deux . cent cinquante mille gardes nationaux, refusèrent nettement leur concours. Les clubs retentirent des motions les plus violentes. Les meneurs jacobins, vaincus au 31 octobre et au 22 janvier, s'allièrent plus ouvertement avec les chefs de l'Internationale pour exploiter à leur profit les malheurs de la France.

Le jour même où s'ouvrait le scrutin, le 8 février, les électeurs purent lire sur les murs de Paris un réquisitoire du Comité central pour demander la mise en accusation de tous les membres du gouvernement. Cette affiche était signée • Raoul Rigault, Lavalette, Tanguy, Henry Verlet. C'est la première apparition officielle du Comité central qui allait jouer un si grand rôle dans l'insurrection. Son origine qu'il importe de connaître remonte aux premiers jours du siège.

Sous prétexte de surveiller les administrations municipales et de pourvoir aux nécessités de la défense, il s'était formé alors un comité directeur qui ne tarda pas à s'emparer de la haute direction du mouvement révolutionnaire à Paris. Il voulut avoir des représentants auprès de chaque municipalité; et dans chaque arrondissement, des révolutionnaires plus ou moins exaltés, quelquefois des ouvriers obscurs, vinrent, au nombre de quatre à cinq, s'installer dans les mairies et y former un comité de vigilance. Le Comité directeur prit d'abord le titre de Délégation communale des vingt arrondissements de Paris, plus tard celui de Comité central de la délégation des vingt arrondissements y il siégea à la place de la Corderie, sous la présidence de M. Lévy, qui avait été envoyé par le club de l'École de Médecine *.

il y eut donc dans chaque mairie, à côté de l'administra-

Page 1