‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 100 sur 178 · I. ORIGINES ET DÉBUTS · texte numérisé non relu

I. ORIGINES ET DÉBUTS

du parti, et jusque dans les clubs populaires; mais là il ne put paraître avec avantage qu'à la condition de se transformer. La science expérimentale du physicien , les dissertations de Fathée sur le ridicule des causes premières ou le néant des causes finales, les raisonnements des médecins sur les conditions physiologiques des phénomènes qu'ils appellent l'àme, les expériences du chimiste faisant toucher du doigt l'éclosion de la vie sans aucun recours à l'hypothèse qu'on nomme Dieu, les évaluations du critique sur la quantité de bile et de sang qu'il faut pour faire un poème, un drame ou un sermon, toutes ces lourdes doctrines passèrent au creuset de l'esprit parisien. Elles s'évaporèrent bientôt après, en je ne sais quelle nuée légère, qui retomba en on déluge de fines ironies et de traits acérés contre les vieilles croyances, les vieilles superstitions, les Prud'hommes de la philosophie, les dieux démodés.

. Tout cela ne parut pas très-dangereux au pouvoir. Mais s'il était descendu de quelques échelons dans la hiérarchie des journaux et des esprits, s'il avait suivi, avec l'attention qu'il devait, cette dégradation de l'idée religieuse, depuis la littérature des cercles élégants jusqu'à celle des bouges, il aurait compris qu'on ne travaille pas impunément à démoraliser le peuple, à détruire en lui toute foi, tout idéal, à faire le vide dans son &me inquiète, et qu'il faut la remplir autrement que d'appétits et de jouissances malsaines.

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