‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 12 sur 178 · I. ORIGINES ET DÉBUTS · texte numérisé non relu

I. ORIGINES ET DÉBUTS

lion oHicielle nommée, au lendemain du 4 septembre, par le maire de Paris , H. Etienne Arago , une municipalité extra-légale, qui contrôlait, quand elle ne les dictait pas, les actes du maire et des adjoints. Or, et c'est un fait des plus importants à rapporter ici, les nécessités du siège avaient donné aux magistrats municipaux de Paris, qui n'avaient guère été jusque-là que des officiers de l'état civil, une autorité politique tout à fait anormale et sans précédents. Ils durent veiller à l'organisation de la garde nationale, s'occuper de la création des bataillons, de l'élection des officiers, des questions d'armement, d'équipement, de solde, présider à l'achat et & la distribution des vivres. A mesure que le siège avançait, le rationnement, les réquisitions, les cantines vinrent encore compliquer leurs attributions.

L'autorité municipale devint alors une véritable dictature concentrée dans les mains du Comité directeur, qui délibérait sur toutes les questions importantes, faisait afOcher ses décisions, et avait acquis une sorte de pouvoir officieux que nul ne songeait à contester. Toutefois, maître de l'administration réelle de Paris, le Comité ne disposait pas à son gré de la force armée qui était restée entre les mains de ' l'autorité militaire. 11 songea à dominer aussi la garde nationale. Sous prétexte de résister aux Prussiens et de maintenir la République, mais dans le but réel de s'emparer d'une force active et de la mettre au service de la révolution sociale, quand l'heure serait venue, il constitua entre les divers bataillons une sorte de fédération, à l'aide de délégués nommés dans chaque bataillon.

Un autre pouvoir dirigeant s'était déjà formé dans la garde nationale, sous le titre de Comité fédéral républicain. Des chefs de bataillon et des officiers de tous grades, réunis pour s'occuper d'une question de solde, avaient essayé, eux aussi, d'établir une entente entre les divers groupes de la garde nationale. Une réunion générale de ces officiers, présidée par le commandant Raoul du Bisson et annoncée par les journaux, eut lieu au commencement de mars. Le Ciomité central y envoya trois délégués : Arnold, Bergeret et Viard, qui n'eurent.pas de peine à démontrer l'inconvénient

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de deux directions et la nécessité de grouper toutes les forces en vue d'une action commune. La fusion s'accomplit par Tadmission de plusieurs délégués des officiers de la garde nationale au sein du Comité central, et par l'adjonction de deux membres du Comité fédéral républicain à sa commission executive. Ainsi fut constituée laFédération républicaine de la garde nationale, à la tète de laquelle resta comme pouvoir dirigeant le Comité central, qui représentait aussi l'Internationale par son union avec le Conseil fédéral de l'Association internationale des travailleurs, dont il avait admis quatre membres dans son sein.

Il suffit d'un mois pour donner à l'organisation son entier développement.

Le 15 février, une assemblée générale, tenue au Tivoli- Yaux-Hall, nommait par acclamation une commission chargée de la rédaction des statuts.

Le 24, l'assemblée, plus nombreuse, adoptait les statuts, et une commission provisoire était chargée d'exercer les pouvoirs du Comité central.

Le 10 mars, Arnold, sergent-major au 70* bataillon, futur membre de la Commune et rapporteur de la commission, exposa en détail le but et les principes de la fédération.

Le 15, une quatrième réunion assembla les délégués de deux cent quinze bataillons. sur deux cent soixante, mais un tiers à peine des compagnies fut représenté. Arnold annonça l'adhésion du Comité fédéral républicain, et proclama les noms des membres élus pour composer «c le Comité central de la fédération républicaine de la garde nationale ».

Le faisceau était formé; trois jours après, Paris appartenait à la fédération républicaine qui nommait à l'élection quatre assemblées : l'assemblée générale, le Comité central, le conseil de légion, le cercle de bataillon.

Au-dessous, les délégués des compagnies.

La marche rapide des événements ne permit pas à Rassemblée générale, qui ne devait se réunir qu'une fois par mois, d'exercer son contrôle. Restait donc une hiérarchie de pou-

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