‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 15 sur 178 · I. ORIGINES ET DÉBUTS. Sil · texte numérisé non relu

I. ORIGINES ET DÉBUTS. Sil

sionnent ensemble, et doivent associer leurs efTorts à ceux de la fédération socialiste qui siège rue de la Corderîe. » . Ces menées occultes n'échappèrent pas au préfet de police, M. Cresson. Pendant les derniers mois du siège, il ne cessa de les signaler à M. Jules Favre, mais sans lui fournir du reste aucune preuve formelle à Tappui de son opinion.

II est vrai, comme le prouve le procès-verbal de la séance du 15 mars, qu'à cette date les internationaux, pas plu^ que les chefs du mouvenient révolutionnaire qui étaient des Jacobins, n'espéraient être les maîtres, le 18. Le 15 mars, en effet, après une communication des citoyens Gambon et Félix Pyat au sujet de l'attitude de l'Assemblée nationale à Bordeaux, le* conseil fédéral décida que « Pyat, Gambon, Malon, Tolain, Millière, Ranc, Tridon, Rochefort et Langlois seraient invités & se présenter, le mercredi 25, pour discuter la conduite à tenir. Mais, si les chefs ne savaient encore ni quand, ni comment, ni à l'aide de quel prétexte ils parviendraient à provoquer l'insurrection, ils n'en avaient pas moins la conviction que le jour était proche, et ils prenaient toutes leurs mesure^. Il n'y a donc pas lieu de croire, comme le fait M. Martial Delpit, qu'en arrêtant les membres du Comité central, on aurait pu prévenir le mouvement. Il aurait fallu d'ailleurs un pouvoir assez fort pour l'oser, et, eût-il existé, le parti socialiste qui avait réservé son action militaire pendant la guerre, en vue d'éventualités politiques, n'eût pas facilement déposé les armes. L'ardeur avec laquelle il engagea et soutint la lutte nous paraît le démontrer suffisamment.

Nous pensons donc, cela nous parait même incontestable, malgré l'opinion contraire de M. Martial Delpit et du général Appert, que la révolution du 18 mars fut principalement l'œuvre de l'Internationale. Il y eut dans ce mouvement deux actions, qui, au premier aspect, paraissent séparées, mais qui en réalité se confondent. Le Comité central, instigateur de la révolte, n'était qu'une émanation de la grande Société. Ce fut elle qui lui donna la plupart de ses célébrités, inspira tous ses actes, mais d'abord secrètement, parce qu'elle doutait encore du triomphe; et c'est ce doute du

succès qui dicta la lettre de Karl Max, aux internationaux de Paris, sous la date du 12 mars : il les dissuadait de tenter un mouvement. Mais ceux-ci, qui se savaient en mesure, refusèrent cette fois d'obtempérer aux ordres de leur chef; ils agirent néanmoins avec autant de prudence que de vigueur.

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