‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 3 sur 178 · V! PRÉFACE · texte numérisé non relu

V! PRÉFACE

juste punition, une preuve de son amour, un appel qu'il lui adresse. Nous succombons par un concours inouï de toutes les circonstances les plus malheureuses, mais surtout par le manque d'une chose qui ne se trouve plus en nous et qu'il faut y remettre. Tout sera perdu jusqu'à ce que nous l'ayons retrouvée. Une victoire ne nous l'aurait pas rendue et cent victoires ne nous la rendront pas. Nous succombons par manque de Foi !

C'est pour démontrer aux plus sceptiques cette importante vérité que nous avons entrepris de raconter l'histoire de la Commune de Paris en 187i.

Vaste et profoùd, court mais rempli, instructif et terrible, un et présentant néanmoins mille phases diverses, ce sujet, qui causa tant de bruit, d'alarmes, de pleurs, de maux, se divise naturellement en trois parties : < * les origines de la Commune ; 2° son règne éphémère ; 3* sa chute retentissante et épouvantable.

Pour retrouver la ténébreuse génération de ce monstre dont les pieds plongent à des profondeurs inconnues à la plupart de nos publicistes et de nos hommes d'Etat, dont la tête un instant put s'élever à la hauteur des têtes couronnées, nous avons dû fouiller les repaires et les antres, interroger tous les échos, scruter les archives des peuples et des sociétés secrètes, étudier les doctrines matérialistes et athées des philosophes de nos jours, leurs progrès rapides et constants. Puis, ainsi que le chasseur lorsque dans la forêt il poursuit le fauve, nous avons suivi la trace de la bête socialiste, gi'andissant à l'ombre de Tindifférence des nations, jusqu'à l'heure où, fortifiée par les encouragements du pouvoir, elle osa sortir de son obscure retraite.

Née de l'assemblage inouï de toutes les haines et de

PRÉFACE. Vil

toutes les convoitises, la €ommune cependant n'aurait pu rétablir ni surtout vivre en France, si elle n'y avait trouvé un terrain tout préparé.

L action a cessé ; la flamme des passions qui transfor* ment Thomme n*a qu un temps. La Commune d'ailleurs ne posséda jamais qu'une \ie apparente , semblable à celle que communiquent parfois à la matière leô mêmes courants qui produisent leclair, le tonnerre et la mort ; mais lïnfluence peut se rétablir et le mouvement recommencer; opposons à ceiiB vie factice la vie réelle et durable que Dieu donne aux nations qui l'ont choisi pour protecteur.

Contribuer, ne fut-ce que pour une bien faible part, à détruire les utopies, à substituer à l'égoïsme du riche Tamour des classes laborieuses, au scepticisme qui tue la foi qui fait vivre, tel est le devoir de tous ; et c'est pour accomplir ce devoir sacré que nous avons écrit ce li\Te.

Tout entier à cette œuvre de résurrection morale, nous avons concentré les forces de notre âme attristée sur les seuls objets d'adoration qui restent aux cœurs difficiles : la patrie et la religion. La politique, terrain brûlant, étemel champ de bataille, nous eût éloigné de notre but. Entre la République et les familles qui ont régné sur la France, nous n'avions pas à décider. La nation jugera. Prêtre de cette Église catholique que son origine et sa mission placent en dehors des partis, nous avons cru qu'il ne convenait pas à notre caractère de descendre dans une arène où la poussière, la fumée, les éclairs des glaives qui s'entre-choquent, obscurcissent et ti'oublent la vue ; nous n'avons pas voulu nous mêler à un combat où la lutte acharne, où le sang versé vous retient, où

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