I. ORIGINES ET DÉBUTS
ces canons à l'arsenal, le général Porion, commandant du premier secteur, avait fait écrire au Gouverneur de Paris pour lui demander quel jour il serait procédé à leur enlèvement. Il ajoutait que, pour éviter toute difficulté, il les confierait ce jour-là à la garde d'un bataillon sur lequel on pourrait compter. Jamais il ne fut répondu à cette lettre, remise cependant au Gouverneur par M. P. Gautreau, un des officiers de Tétat-major du général.
Le 15 mars, les bureaux du premier secteur furent transportés à la mairie du IV* arrondissement, place Baudoyer, et le général Porion fut remplacé comme commandant par Je lieutenant-colonel baron d'Orgeval; la direction des secteurs passait, à dater de ce jour, sous les ordres du général d'Aurelles de Paladine, qui ne s'entendit en aucune manière avec lé général Vinoy : c'est le 17 mars que ce dernier envoya des bataillons de la garde républicaine pour enlever les canons de la place des Vosges et du boulevard Mazas. Ceux qui les gardaient, n'étant nullement prévenus, et leur chef pas plus que Tétat-major n'ayant reçu d'ordre, refusèrent'de les remettre.
M. Thiers annonça alors la résolution d'enlever les canons par la force. Son avis prévalut dans le conseil, bien que tout le monde, au dire d'un des témoins de l'enquête, eût été pour la temporisation*.
Depuis le 18 mars, nous avons souvent entendu des gens, de très-bonne foi d'ailleurs, regretter que le Gouvernement ait cru à cette époque qu'il y avait quelque chose à faire: «On a, disent-ils, provoqué maladroitement une collision. La garde nationale dissidente se serait à la longue fatiguée de garder les canons ; elle les aurait rendus et certainement cela aurait fini tout seul. » C'est une erreur que les événements subséquents ont dû dissiper complètement. Il y avait là une sourde et puissante conspiration; les meneurs comprenaient que l'heure du triomphe avait sonné, et ils n'auraient jamais, sous aucun prétexte, consenti à perdre une si belle occasion.