VIII PRÉFACE
les cris de douleur et de rage empêchent de distinguer la voix plus calme de la vérité, où le succès et le malheur influent également sur la conscience d'un juge.
Nous ne sommes pas l'homme d'un parti ; je me trompe ; nous avons embrassé, détendu le parti de la vérité, de Tordre, de la justice; mais celui-là, c'est l'objectif de tous les gouvernements : tous y tendent ou doivent y tendre. Nous avons apprécié comme nous le devions le règne de la Commune; et si notre langage s'est ressenti parfois de l'horreur des crimes que nous avions à raconter, on n'aurait pas compris qu'il en fût autrement, sans soupçonner alors notre sincérité et notre foi. Ordinairement notre ton est calme et modéré. Ils étaient nos frères, les martyrs dont nous avons à redire la mort sanglante et glorieuse, mais il ne nous appartenait pas de maudire les bourreaux qu'ils ont bénis avant de mourir, ni d'appeler la \ engeance de Dieu sur ceux pour lesqutîls ils prient maintenant.
DB