‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 48 sur 178 · I. ORIGINES ET DÉBUTS · texte numérisé non relu

I. ORIGINES ET DÉBUTS

ville, des ministères et de Tétat-major; les maires s'y refusèrent. Ils s'arrêtèrent à une afRchej dans laquelle ils annonçaient qu'un projet de loi accordant l'élection de tous les chefs de la garde nationale et rétablissement d'un conseil municipal élu par les citoyens, allait être rédigé par tes députés de Paris et déposé sur le bureau de l'Assernblée. Les délégués du Comité promirent de s'en contenter et de rendre le lendemain matin, à dix heures, l'Hôtel de ville aux maires. Hais dans l'intervalle eut lieu, rue de la Corderieoii siégeait l'Internationale, une réunion du Comité des délégués des vingt arrondissements. — C'était le Comité de vigilance qui reprenait ici son titre de Comité directeur. — On y avait décidé que l'Hôtel de ville resterait entre les mains du Comité central. Ce fut le citoyen Yiard qui se fit Tinterprète de cette décision, lorsque les délégués des maires : MM. Bonvallet, André Murât et Denizot se présentèrent à l'Hôtel de ville pour en prendre possession, comme cela avait été convenu la veille. Les maires, informés de ce qui venait de se passer, au lieu de rompre tout & fait avec le Comité central, envoyèrent des délégués à Versailles prévenir les députés de Paris; ceux-ci se firent illusion au point despérer qu'ils arrêteraient la révolution en déposant le projet de loi suivant sur le bureau de l'Assemblée :

« Art. 1". Il sera procédé dans le plus bref délai à l'élection d'un conseil municipal pour la ville de Paris.

Art. 2. Le conseil sera composé de quatre-vingts membres.

Art. 3. Ce conseil nommera dans son sein son président, qui aura le titre et exercera les fonctions de maire de Paris.

Art. 4. Il y aura incompatibilité entre les fonctions do conseiller municipal et celles de maire ou adjoint de l'un des vingt arrondissements de Paris*. »

1. Les signataires étaient : MM. Schœlcher, Louis Blanc, Henri Brisson, To-lain, Tirard, Lockroy, Clemenceau; Langlois, Edgard Quinet, Bninet, Millicre Martin Bernard, Greppo^ Bernard, Gournet, Floquet, Razoua, Farcy.

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Tandis que ces eflbrts de conciliation impossible étaient tentés à Paris et à Versailles, les membres du Comité central essayèrent, comme on vient de le voir, de rassurer les esprits en justifiant une usurpation qu'il n'était pas facile cependant de motiver. Ils semblaient, dans leurs proclamations, dont nous avons déjà cité plusieurs passages, vouloir restreindre la révolution à un rôle purement municipal ; mais les vagues généralités dans lesquelles ils se tenaient ne pouvaient satisfaire la population parisienne.

Elle s'étonna surtout des noms qui se trouvaient rassemblés au-dessous de toutes ces pièces, sous le titre collectif de « Comité central de la garde nationale » Semblables à ces Romains du temps de Cicéron qui demandaient hnx passants quelle république on avait le matin, les groupes se formaient et s'interrogeaient au lendemain du 18 mars : « Qu'est-ce « que le citoyen Assi ? — un ouvrier mécanicien connu par « les grèves du Creuzot. — Le citoyen Billioray ? — un peintre ce sans talent. — Le citoyen Ferrât ? — un homme de peine. « — Le citoyen Babick? — un parfumeur ayant quelque peu <î étudié la médecine. — Le citoyen Moreau? — un placier. « — Le citoyen Mortier ? — un inconnu. — Le citoyen Duce pont ? — un teneur de livres. — Le citoyen Varlin? — un ce relieur. — Le citoyen Boursier? — un marchand de vins. ce — Le citoyen Goulins? — un inconnu. — Le citoyen Lavace lette? — un apprenti ingénieur. — Le citoyen lourde? — <c un comptable. — Le citoyen Rousseau ? — un inconnu. — « Le citoyen Lullier? — un officier de marine devenu fou. — ce Le citoyen Blanchet? — un ancien capucin. — Le citoyen ce Grollard ? — un inconnu. — Le citoyen Baron ? — même ce chose. — Les citoyens Geresme, Fabre, Bergeret? — tous ce absolument ignorés. » Voilà ce qui se disait ;^ et, la réponse faite, on commençait à rougir des maîtres qu'on ne s'était pas donnés, mais qu'on avait laissé usurper le droit.

En même temps se dessinaient, sous les yeux des curieux

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