OUIGINES Bï DÉBUTS
Ces trois hommes avaient seuls les pouvoirs militaires. L'exécution appartenait à Bergeret qui, tous les matins, commandait le service aux légions et bataillons, après ap-' probation du Comité.
Pendant que les ressources des différents parcs étaient inventoriées, des ordres sévères étaient donnés pour faire rentrer toutes les armes pillées dans les différentes casernes et à la Préfecture de police.
Les effets disponibles et trente mille paires de souliers étaient distribués. Yarlin , toujours à court d'argent, parait à tous les besoins au moyen de bons de réquisition.
Enfin, des mesures étaient prises pour éliminer des bataillons tous les éléments hostiles et douteux. On exigeait de tous les gardes soldés une déclaration d'adhésion , et les réfrâctaires étaient désarmés sans délai.
L'organisation civile fut plus simple et resta à l'état d'ébauche informe.
Les ministères, les grandes administrations se trouvaient à peu près évacués le 19 mars, et il ne restait qu'un petit nombre d'employés, les uns dévoués au nouvel ordre de choses , les autres chargés de veiller & la conservation des archives les plus importantes et d'en surveiller l'emploi.
Devant ce départ en masse, attribué au ce complot monarchique », le Comité annonça qu'il allait reconstituer les services publics. Il put, en effet, installer dans les différentes administrations, des chefs convenablement rétribués, mais les employés de second ordre firent longtemps complètement défaut.
Ces places modestes, ces travaux assidus ne tentaient personne. On promit en vain l'affranchissement aux « opprimés des grandes administrations », on menaça inutilement ces réfrâctaires d'un nouveau genre de destitution irrémissible, s'ils n'étaient pas rentrés à leur poste avant le 25 mars.
Les a opprimés » dédaignèrent les promesses et les menaces, et les services publics péchèrent toujours par la base.
Le Comité crut pouvoir suppléer & ce défaut d'organisation par une activité fébrile. Voici les principales dispositions, arrêtées par lui, depuis le 20 mars jusqu'au 28 :
L'état de siège est levé dans le département de la Seine.
Les conseils de guerre de l'armée permanente sont abolis.
Amnistie pleine et entière est accordée pour tous les crime s et délits politiques.
Il est enjoint à tous les directeurs de prisons de mettre immédiatement en liberté tous les détenus politiques.
Le directeur (général des télégraphes est autorisé à supprimer jusqu'à nouvel ordre la télégraphie privée dans Paris.
Interdiction formelle d'exporter les vins existant dans les entrepôts, spécialement à Bercy. Toute voiture chargée de fûts est arrêtée à la barrière, les factures sont examinées minutieusement. Si l'acheteur est à Paris , un garde national monte à côté du cocher et va livrer la marchandise; si au contraire l'acheteur est en province, le chargement est saisi et le propriétaire déféré au tribunal du Comité central*.
Nomination du citoyen Theisz à la direction des postes en remplacement de M. Rampent*.
Arrestation et mise en accusation des journalistes coupables d'avoirs poussé à la révolte et au mépris de la souveraineté populaire.
Arrestation et mise en jugement du citoyen Clemenceau^ maire du XVIII* arrondissement.
Nomination de Menotti Garibaldi au commandement supérieur des forces de la Commune de Paris.
1. Le tort fait au commerce des vins par ce décret, rigoureusement appliqué, fut évalué à plus d'un demi-million par Jour.
7, M. Rampont, obligé par une démonstration armée de céder la place, enleva et emmena son personnel. Il s^ensuivit une suspension momentanée des services pour Paris et une interruption complète des communications avec le dehors.