‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 79 sur 178 · ORIGINES ET DÉBUTS · texte numérisé non relu

ORIGINES ET DÉBUTS

industrielles, et ses éludes Tonl amené à une complète adhésioù au socialisme et à Tlnternationale. Utopiste convaincu, il voulut fonder dans le quartier Popincourt un atelier de construction de machines, dans* lequel il associa ses ouvriers; mais cet essai fut si infructueux, qu'il y perdit une fortune considérable.

Èmile-Victor Duval. Quvrier fondeur en fer, il était doué d'une nature ardente et plein d'un dévouement absolu, aveugle, & la cause révolutionnaire, à laquelle il consacra son existence et jusqu'à sa vie. Ce fut lui qui organisa, il y a six ans, la célèbre grève des ouvriers fondeurs. Il fut délégué par les grévistes à Londres, auprès du conseil de rintemationale, dont il obtint d'importants subsides, qui permirent aux ouvriers de tenir longtemps tête à leurs patrons. Duval fut aussi envoyé par les ouvriers fondeurs à la chambre fédérale des sociétés ouvrières ; et c'est à ce double titre de membre de rintemationale et de membre de la chambre fédérale, qu'il dut d'être impliqué dans le procès de 1870, dirigé contre l'Association. Malgré la part qu'il prit à la proclamation de la République, au mouvement du 31 octobre et du 22 janvier, & la révolution du 18 mars, qui le nomma commandant militaire de la Préfecture de police, à côté de Raoul Rîgault, Duval ne fut jamais un faiseur de politique. C'était, comme l'a dit M.Jules Clère, un de ces hommes ardents, emportés, dont l'intelligence ne savait pas aller audelà du dévoûment et de l'abnégation aveugle pour une cause qui représentait à leurs yeux l'avènement et la réalisation de doctrines mal définies. Il fut victime de ces aspirations vagues qui grisent si facilement les cerveaux faibles, et que savent si bien exploiter à leur profit les intrigants politiques.

Demay^ ancien ouvrier sculpteur, surnommé le bon Dieu de la Commune à cause du respect dont on entourait sa vieillesse ; Theisz^ ouvrier ciseleur; Avrial^ mécanicien ; Langeviriy tourneur sur métaux; Frankely bijoutier, né à Bude; Antoine Arnaud, ancien employé de chemin de fer; Pindy, ouvrier menuisier; Chalain, tourneur en cuivre; Clémence, ouvrier relieur ; Clovis Dupont, ouvrier vannier ; Dereure,

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cordonnier; Eugène Gérardiny honnête ouvrier, qui se montra toujours plein de modération. Ils n'étaient connus que par leur affiliation & l'Internationale et la part plus ou moins active qu'ils avaîBnt prise au développement de cette société. Tous, sauf Demay, avaient été impliqués dans les procès qui lui furent intentés sous l'empire et condamnés & plusieurs mois de prison; c'est ce qui fit leur célébrité. La révolution du 4 septembre les avait rendus à la liberté.

Le Comité central envoya à la Commune :

JtUes Bergeret. D'abord sergent de voltigeurs, il était devenu ouvrier typographe, puis commis de librairie. Au 18 mars, il fut mis à la tête d'une colonne pour prendre possession de la place Vendôme, qu'il occupa sans coup férir, et où il s'installa comme général. Il joua sous la Commune un rôle militaire si ridicule, qu'on ne peut mieux le comparer qu'aux ducs de la Marmelade et de la Cassonnade, qui amusèrent tant nos pères lors de la première révolte de Saint-Domingue.

Gabriel Ranvier, C'était un habile peintre en laque. Il habitait Belleville, paisible et heureux, au milieu de sa jeune et honnête famille, lorsqu'un malheur vint bouleverser sa vie. Un de ses ouvriers ayant reproduit sur un meuble un dessin qui était la propriété de l'éditeur Goupil, celui-ci intenta un procès à Ranvier, qui fut condamné à une forte amende. Comme il ne put la payer, il se détermina à se mettre en faillite. A partir de' ce jour, le découragement et la colère s'emparèrent de Ranvier. Il ne travailla plus et fréquenta les clubs, dont il devint bientôt, quoique dépourvu d'instruction et de talent, l'un des orateurs les plus populaires. Emprisonné pour un délit de réunion dans les derniers jours de l'empire, il reparut, le 4 septembre, aux yeux de ses fanatiques admirateurs, avec le prestige que donne l'auréole du martyre. Nommé chef du 141* bataillon de la garde nationale, il organisa avec Flourens, cette autre idole de Belleville, le mouvement insurrectionnel du 31 octobre, et se fit porter sur la liste du gouvernement provisoire, élaboré dans cette nuit. Révoqué comme chef de bataillon et incarcéré à la suite de l'échauflourée, Ranvier, quoique

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