ORIGINES ET DÉBUTS
lionale, et de s'opposer à toute négociation avec les Prussiens. Mais la garde nationale ne répondit pas à leur appel. Piazza et Brunel furent arrêtés, le 29 janvier, et traduits devant un tribunal militaire. Le conseil les acquitta sur le chef (l'excitation à la guerre civile, mais les condamna à deux mois de prison pour avoir, le 28 janvier, sans droit et sans motifs légitimes, usurpé le titre et les fonctions de général. Délivré peu de temps après par des gardes nationaux qui brisèrent les portes de sa prison, Brunel se déroba aux poursuites du Gouvernement, et devint un de ses plus acharnés adversaires. Le Comité central le nomma général.
Hubert Gere&me^ ouvrier, Henry Mortier^ commis architecte et Henry Fortuné. Us naquirent à la vie politique avec le Comité central. C'étaient des incapables qui cherchaient à cacher leur ineptie sous des motions violentes et même souvent cruelles.
Antoine Arnaud et Clovis Dupont, Ils faisaient aussi partie du Comité central, mais à cause de leur afniiation à l'Internationale, dans les rangs desquels nous les avons placés.
Des clubs et des réunions publiques sortaient :
Charles AmourouXy un des plus jeunes et des plus populaires d'entre les membres de la Commune. Il était venu à Paris comme ouvrier chapelier, et s'était mêlé de bonne heure au mouvenient politique et social auquel les ouvriers prenaient alors une part si active. Sa figure toute juvénile, un esprit ardent et audacieux en firent bientôt un des favoris des réunions publiques. Président ou assesseur de nombreuses réunions tenïies à la Jeune Gaule^ à la Redoute et à la salle Molière, il résista souvent aux injonctions des commissaires de police et refusa de dissoudre les assemblées malgré leurs ordres et leurs menaces. Condamné plusieurs fois à la prison, et en particulier le 2 mars, 1870, pour excitation à la haine et au mépris du gouvernement, il s'enfuit à Bruxelles, où il se lia avec des réfugiés politiques et des membres de l'Internationale. Après la révolution du 4. septembre, il servit dans l'artillerie et fut nommé membre du comité d'armement, fonction dont il se démit le 31 octobre. Il fît une constante opposition au Gouvernement de la Dé-
fense, et se trouva naturellement désigné par ses antécé-. dents révolutionnaires aux suffrages des partisans de la commune.
Jules Allix. C'est le type le plus étrange de la Commune. Pour se consoler de son échec à l'Assemblée constituante, il se donna tout entier à une grotesque invention : la télégraphie escargotique, qu'il voulait substituer à la télégraphie ordinaire. Il fallait choisir des escargots sympathiques, et en mettant l'un d'eux sur la lettre d'un alphabet spécial, le second escargot se plaçait immédiatement sur la même lettre de l'alphabet correspondant. Ce nouveau mode de correspondance, trouva, dit-on, quelque faveur auprès de M. Emile de Girardin, chaud partisan des idées de M. AUix, mais conduisit plus tard ce dernier & Charenton. Il en sortit au moment des élections de 1869, et, pour se faire élire, il organisa des conférences socialistes à Belleville, mais sans succès. Arrêté le 22 janvier 1871, il se fit de cette circonstance un petit piédestal auprès du parti révolutionnaire; et Allix, orateur insipide des réunions publiques, qui eût certainement échoué à Belleville, où l'on connaissait son aptitude, eut l'heureuse pensée de se porter dans le IX' arrondissement, où il était complètement inconnti.
Paul Emile Rctëtoul ei Pcmsel, Médecins tous les deux, ils avaient cherché longtemps une clientèle, mais sans pouvoir jamais la trouver. Après le 18 mars, ils se vengèrent de l'indiftérence du public parisien en le soumettant à la cruelle expérience de leur médication sociale.
Théodore Régère de Montmore, Né le'15 avril 1826 à Bordeaux, il y fonda la Tribune de la Gironde dont la publication lui valut d'être proscrit après le coup d'État. 11 n'a pas été toujours aussi radical que le feraient supposer son élection et son rôle à. la Commune. On l'accuse de cléricalisme, et non sans raison. Aux plus mauvais jours de cette triste époque, alors que la plupart des églises de Paris étaient fermées au culte, il pria M. le curé de Saint-Étienne du Mont de vouloir bien admettre sa fille à la première communion, il y assista même avec la plus vive émotion. Ce qui donnerait à penser que ce n'est pas un de ces révolutionnaires