ORIGINES ET DÉBUTS
au quartier latin, où il a écrit dans de nombreux journaux. Pour se faire une idée exacte du talent de ce bizarre écrivain il faut lire son article les Réfractaires, qui remplit tout un numéro du Figaro. En lui s'agite un pêle-mêle incroyable d*idées et de mots, les unes heurtant les autres, et tout cela se mêlant, formant un concert qui, malgré des notes parfois discordantes ne manque point de verve et d'originalité. Pour se donner des airs de penseur, il criait contre tout ce qui s'est fait depuis la création du monde, surtout depuis les époques historiques. C'est lui qui disait : « Jésus-Christ est une réputation surfaite. » Il disait' encore : « J'admire les ânes qui trouvent le Misanthrope un chef-d'œuvre ; le dernier vaudeville du Palais-Royal vaux mieux que çà. » Et encore : « Dans l'intérêt bien entendu des Lettres, il faudrait brûler jusqu'au dernier exemplaire de la dernière édition de Molière. » Au point de vue politique, Vallès est un ignorant et un incapable qui se laisse aller aux entraînements de son tempérament et à ceux du milieu dans lequel il vit; il n'a ni conviction, ni énergie.
Paschal Grousset. Il était le plus élégant des membres de la commune, dans laquelle il représentait l'élément boulevardier et léger. Républicain par ambition, il est loin d'avoir été toujours aussi radical que le feraient supposer ses déclarations révolutionnaires de la Commune. Il a passé, avant d'être journaliste républicain, par les camps les plus opposés, sans s'arrêter dans aucun, parce qu'il n'y a point obtenu la position aisée qu'il ambitionnait et qu'il a cru trouver dans la révolution du 18 mars. Il s'imagina probablement racheter son passé en se montrant l'un des membres les plus intolérants de la Commune.
Miot. A voir sa figure si patriarcale, on l'aurait pris pour un des sages de la Commune. Mais, cette tête, ornée d'une si belle barbe blanche, était dépourvue de tout jugement et il n'en sortait qu'uh vieux radotage révolutionnaire. Cet expharmacien de la Nièvre, auquel un pamphlet de Claude Tellier avait jadis tourné la tête, avait passé dans les prisons une partie de sa vie qui finira, dit-on, à Charenton ou aux Incurables.
152 HISTOIHf: De LA COMMUNE.
Gambon, Il s'était fait une grande réputation dans les masses, parce qu'un jour, à Sancerre, dans le Berri, il avait joué à demi le rôle d'Hampden. Ha refusé, en effet, de payer l'impôt; mais au lieu de se faire tuer pour son idée comme le patriote anglais, il a livré au percepteur une vache, sia. fameuse vache, point de départ de sa popularité.
Auguste^ oseph Verdure. Philanthrope enthousiaste, il fut un des piliers du Crédit au travail^ créé dans un but généreux, mais géré par des gens trop enthousiastes et trop confiants dans les résultats de la coopération. Envoyé à l'Hôtel de ville par les électeurs du onzième arrondissement. Verdure, que son passé aurait fait ranger parmi les modérés de l'assemblée, s'est montré dans les derniers temps l'un des membres les plus violents de la' Commune.
Jean-Baptiste Clément. D'abord garnisseur en cuivre, puis chansonnier, socialiste et révolutionnaire, il quitta bientôt la poésie pour la politique. Il écrivait dans le Pavé^ les Tablettes de Paris, le Casse-tête, la Réforme, le Cri du Peuple. En politique, dit M. Jules Clère, J. B. Clément est un poète doublé d'un sectaire, c'est un admirateur enthousiaste de la Révolution, qui a tous les emportements d'un fanatique et commet toutes les fautes, quitte à les regretter ensuite. En littérature, c'est un fantaisiste d'idées et d'expressions. Son style imagé est plein d'une vive originalité qui donne à ses articles un cachet tout particulier.
Frédéric Covmet. Ses opinions politiques le rangeaient d'avance dans le parti communaliste. Il avait été, sous Tempire, de toutes les conspirations, de tous les complots, de toutes les sociétés secrètes, dont beaucoup échappaient aux investigations de la police. Âmi de longue date de Delescluze, il était de son école, de cette petite Église qui ne voulait innover en rien, et qui croyait assurer le t]|;iomphe des idées nouvelles, en répétant toute une phase, et la plus terrible de notre histoire, comme si l'histoire se répétait.
Gustave^ Tridon. Polémiste de talent, disciple de Blanqui, il était l'un des révolutionnaires les plus connus et les plus poursuivis sous l'empire. Il mit sa plume et sa fortune au