ORIGINES ET DÉBUTS
nir plus ou moins prochaip, le maintien de l'armement de la garde nationale. Mais pour la désarmer, il aurait fallu livrer une bataille dans Paris qui aurait au moins duré trois jours, et Ton avait trois jours de vivres; par conséquent, la famine au bout de ces trois jours, et deux cent cinquante mille Prussiens qui nous ei^serraient. Nous étions donc réduits à avoir dans Paris, en présence des Prussiens qui ne demandaient qu'à intervenir et à se faire nos alliés, une bataille de trois jours avec la famine étreignant une ville de deux millions cinq cent mille habitants, c'est-à-dire tout ce qu'on peut rêver de plus horrible. » Cependant, si le désarmement total était impossible, il fallait du moins faire rentrer dans les arsenaux l'immense artillerie confiée à la garde nationale, enlever les poudres, les cartouches, les bombes et les munitions. Le Gouvernement le pouvait dans les premiers jours qui suivirent l'armistice : il ne s'en préoccupa pas assez. A vrai dire, il n'existait plus que de nom, Tarmistice lui avait porté le dernier coup.
Cette désaffection de la population parisienne pour un pouvoir, qu'elle avait naguère acclamé avec tant d'enthousiasme, s'explique suffisamment.
Nous avons indiqué dans le premier chapitre les effets produits sur elle par cinq mois de séquestration, l'affaissement physique et moral qui résultait de souffrances et de privations endurées pendant si longtemps. Nous n'y reviendrons pas, non plus que sur l'exaltation développée dans tous les rangs par les fausses nouvelles répandues chaque jour, et par les espérances irréalisables entretenues jusqu'à la dernière heure. Mais si, dans les hautes régions du Gouvernement et de l'armée, on était arrivé à considérer le siège, comme une fiéroïqtAe folie qui 'ne pouvait plus être justifiée par le concours devenu improbable de la France entière, il n'en était pas ainsi de la masse de cette bourgeoisie parisienne qui avait enduré sans 'secours d'aucu^ genre et sans murmures de bien douloureuses privations. Trompée par les proclamations pompeuses du Gouvernement et par ses buHetins officiels, elle avait conservé jusqu'au bout l'espé-
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Coxies Hvus s*tniîiye> îjin dt^ chercher des excuses pour la haiule cosjîiofn>îile qui a j n>aieDê sur Paris ses torches incendiaires : mais^ pour expliquer rè^arement de cette masse infortunée quelle a conduite à sa perte, nous ne pouvons