‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 93 sur 178 · ORIGINES ET DKBUTS. 16.b · texte numérisé non relu

ORIGINES ET DKBUTS. 16.b

fodiOcalions obligèrent de concentrer dans Paris une véritable armée d'ouvriers qui, après la révolution de février, devinrent les soldats de Tinsurrection de juin. Sous l'empire, le désir d'occuper une foule de bras et aussi de faire, en quelques années, ce qui devait être l'ouvrage de plusieurs siècles, augmenta dans une proportion eiTrayantc le chiffre de ces populations qui vivent au jour le jour, en dehors des conditions normales de la vie de famille ^ de l'influence religieuse et par conséquent de la moralité.

On ne se borna pas à exagérer les constructions, — Paris fut démoli, bouleversé. Les vieilles rues s'effondrèrent partout. Relégués dans les faubourgs, les ouvriers ont vécu tout à fait séparés des classes riches restées au centre, et sont peu à peu arrivés à n'avoir pour elles que de l'envie et de la haine.

D'un autre côté, l'annexion des populations urbaines, en les mettant en contact avec ces nouveaux habitants des faubourgs, a changé complètement leur aspect. Excellentes en 1€48, elles venaient avec enthousiasme au secours de Tordre, tandis qu'elles ont fourni le principal élément en 1871. A un autre point de vue, les Parisiens, noyés dans un flot d'étrangers, devinrent eux-mêmes étrangers à Paris Plus de lien de quartier, plus de relations professionnelles ; « chacun a vécu comme l'Arabe sous sa tente, et Paris s'est transformé en un vaste caravansérail où toutes les nations de l'Europe ont pu camper, mais où*toute tradition de vie municipale, de mœurs locales, tout respect de famille, ont nécessairement disparu '.»

C'est ainsi que sous les pieds du Gouvernement impérial Tablme se creusait chaque jour plus profond : mais, ébloui par le luxe, Napoléon III ne voulut jamais voir que ce monde, si brillant en apparence, était secrètement miné par un mal étrange, multiple de formes et d'une contagion irrésistible. Et cependant, s'il eût prêté l'oreille, il aurait pu entendre déjà comme le bruit vague d'une chute prochaine.

!• V.Delpit : 18 mars.

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Que dire de ces réunions publiques que le pouvoir déchaîna contre la société déjà si menacée jK>ur échapper aux responsabilités? Pour ceux qui les ont suivies, il a été facile de mesurer les ravages que les doctrines démagogiques et anti-re- *ligieuses ont faits par ce moyen dans les masses, et de connaître la cause des troubles qui ont ens^anglanté notre pays. Grâce à elles, furent mis en lumière ces tribuns d'estaminet qui n'avaient encore exercé leur talent que devant un auditoire spédal, en vue d'une popularité restreinte, et qui eu-

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