‹ Histoire de la Commune de Paris en 1871Chapitre 98 sur 178 · I. ORIGINES ET DÉBUTS · texte numérisé non relu

I. ORIGINES ET DÉBUTS

initiative au profil de l'Etat, et froissant ceux qui vou- (Iraient librement se conduire eux-mêmes. »

Telles sont les causes lointaines et générales qui ont préparé l'insurrection du 18 mars, en affaiblissant de longue date toutes les forces vitales, en déshabituant peu à peu notre nation, d'aimer et de respecter Tordre social établi.

Au lieu de réagir contre cette conséquence nécessaire de notre état révolutionnaire, nous avons tout fait pour la développer. Il y a eu comme un concours malheureux d'efforts, pour fausser chez nous la notion du droit politique, et affaiblir de plus en plus le sentiment religieux.

Les historiens de la Révolution ont présenté les mesures les plus iniques comme des nécessités qui sauvaient le pays. La Terreur, une nécessité ! le Comité de salut public, une nécessité ! et, qui pis est, les plus féroces Jacobins les plus grands hommes de la France! Tel qui n'était qu'un poltron sanguinaire nous apparaît sous la figure d'un fougueux tribun, capable de toutes les audaces et de toutes les témérités. Cet autre, à qui la nature iiigrate avait refusé toute inspiration généreuse, tout noble élan, et qui régna par la terreur sur la Convention affolée, nous est présenté comme un sage, comme un homme sans passions, d'un naturel doux et de mœurs austères. Nous avons tous été nourris avec ces grands mots. Il y aurait à remonter bien haut dans l'histoire de notre éducation nationale, pour retrouver les origines des sentiments révolutionnaires confondus dans notre esprit avec les premières impressions intellectuelles. Nous ne savons que deux sortes d'histoires : celle de l'antiquité classique et celle de la Révolution française. Tout le reste s'est graduellement effacé; mais ces deux groupes d'événements et de personnages se meuvent et vivent dans notre imagination; ils se détachent avec un étonnant relief sur un fond vague de souvenirs languissants. Les héros des républiques antiques se mêlent à ceux de notre récente histoire. C'est une sorte de compagnie illustre qui hante nos esprits dans des allures choisies, avec des vertus sublimes. Tout y est grand, plus grand que nature, tout y est surhumain par les sentiments exaltés, par la fierté indomptable.

î"- HISTOIRE DE LA COMMIXE.

Le roman moilerne a eu aussi sa part et sa lourde part vian< oitîf altération du sentiment national. Qui pourrait r.-tT que - auteur de la ComOdie humaine ail créé une émui:.:::n fjno>lt\ autour des types tristement fameux qu'il a o:':.>v^;!\->? Les jeunes générations littéraires ont ressenti >..n i:.r..h^nce dans leurs id«^s et les passions tes plus ?»i\r:.r>^. il a lîf un des agitateurs les plus puissants de I ..ViA^ naîiv'n et des convoitises contemporaines. Parcourez :.u> Ks cervles de cet enfer social, dont Balzac serait le nouxt^w Dante : Ow^^llt* puissance dévore tous ces visages de Jjiiîincs qui s'agitent, qui hurlent dans ce tourbillon de Pahs? I^ j>as>ion et, selon Balzac, la passion moderne se ïx'^^Mît dans ces trois mots : la richesse et le pouvoir, qui soiil le moyen: le plaisir, qui est le but. Que de cervelles il n tn>ubîees par ces mirages d'une fortune soudaine, ou d^ui ministère invraisemblable! Combien ont cru voir se rèvtliser cette féerie, le jour où la Conunune est née. Voilà ct^ qui a surexcité jusqu'au crime les vanités d'abord inoflfensi\i^ puis envieuses,' à la un démoniaques.

Cotte prv^jMgande du mal, par le roman, au lieu de s'aff^iibUr, depuis Balzac, n'a fait qu'augmenter de force et d intensité, A l'heure présente ce n'est plus uniquement dans les feuilles quotidiennes que l'on ré}^^nd les fausses et danpeureuses doctrines. La librairie à bon marché est devenue la suiYursale infatigable de cette croisade de scandales. Une multitude de romans illustrés, à vingt centimes, sortent jourwellemeut des presc?es et inondent Paris et la province. Ces aniMVs oirvulenl dans toutes les mains. L'enfant les lit au Mlo$^\ louvrier les emporte dans son atelier, et le père de l;;imilK\ le plus religieux, ne peut pas défendre sa maison ivnlr^^ iVtte peste nouvelle à laquelle tout semble donner du

K^us la plu^Kirt de ces romans, c'est toujours le même tabUs^u dau^ dos oadivs jx^u variés, c'est-à-dire le monde point a^nme une oa>erne de brigands, la société représenl\V o\Mumo \\m\|HV^ôt^ de fripons et de dupes, de victimes et \lo Innin'tHiux : Toutes les femmes sont adultères, tous les bouuuoji vils ou loi\H*es; c'est un incroyable entassement

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