‹ Histoire de la CommuneChapitre 12 sur 154 · Enq., II, passim · texte numérisé non relu

Enq., II, passim

3. Sur son histoire, v. provisoirement Fribouro, L'Ass. int. des travailleurs, 1871, Weill, o. c, 95-113, 125, 132, J. Guillaume, L'/nt , Doc. et Souvenirs [186i-1878jy 2 vol. in-8° parus, 1905-1907.

elle fut fondée, en fait, à la suite du meeting de Saint-Martin's Hall, le 28 septembre 1864. Proudhonienne par ses correspondants français, Tolain, Fribourg, Limousin, l'association eut cependant peu de succès parmi les ouvriers, à cause de ses origines quelque peu bonapartistes, du désir de ses chefs en France de ne pas faire de politique, de rester « une société d'études », des attaques, à Londres, du réfugié Vésinier ; Vermorel, cependant, ouvrit le Courrier français à Tolain, qui put y exposer le programme de l'Internationale. Les étudiants blanquistes, convoqués par lui, assistèrent au Congrès de Genève, en juin 1866, et y critiquèrent vivement la position antipolitique prise par l'association. C'est le moment pourtant que choisit le gouvernement impérial pour brider l'Internationale, qui avait refusé de collaborer à l'action bonapartiste de la Société pour l'extinction du paupérisme ; la conséquence fut que les ouvriers qui avaient refusé d'entrer dans les cadres impériaux de l'exposition de 67, adhérèrent, avec Varlin, à l'Internationale, forcée par l'Empire lui-même de sortir de la neutralité politique. En 67 également, l'Internationale fut touchée par la propagande collectiviste, importée par de Paepe au Congrès de Lausanne (septembre) ; ces conceptions nouvelles mirent quelque trouble dans le groupe français, qui comprenait seulement, d'après Murât, 600 mem-

bres *. Le procès intenté par l'Empire ^ii début de 1868, confirmé en appel au mois de mai, faillit ruiner complètement l'Internationale en France, et Tolain, au Congrès de Bruxelles, put déclarer qu'elle y était morte. En fait, de même qu'à Bruxelles le collectivisme collinsien ou marxiste l'avait emporté sur le mutuellisme, à Paris le socialisme de Varlin, B. Malon et Combault, introduits par Tolain lui-môme, l'emportait sur le proudhonisme antirévolutionnaire de Tolain et de ses amis. Malon, Varlin, avec A. Richard à Lyon, Aubry à Rouen, restaurèrent l'Internationale française avec ardeur, accueillirent joyeusement le triomphe complet du collectivisme au Congrès de Bâle de 69, et importèrent même en France l'Alliance de la démocratie socialiste, que Bakounine avait fondée pour diriger l'Internationale dans la voie révolutionnaire. En contact journalier avec la Fédération des chambres syndicales, dans la maison de laquelle elle s'était installée, s'exprimant par la Marseillaise de Rochefort, faisant une propagande active auprès des grévistes de 69 et de 70, la section parisienne commença à avoir une influence telle que le gouvernement s'inquiéta. La section de Paris venait d'annoncer (\ue le cinquième Congrès aurait lieu à Paris : E. OUivier ordonna un troisième procès, qui eut lieu en juin 1870, et qui

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