Voici la composition de l'armée de Versailles
l^"" corps, Ladmirault: divisions Grenier, Laveaucoupet,
browski, absent de son quartier général de la Muette, le Comité de salut public, la Commune, prévenue à plus de 7 heures du soir par Billioray*. La Commune, d'ailleurs, en train de juger Cluseret^, ne décide rien, confiante en ses troupes ; la délégation de la guerre non plus, incertaine de l'entrée des Versaillais^; le Comité de salut public, d'où Billioray s'est enfui ^^ discute sans informer les bataillons fédérés qui seront partout surpris. Cette nuit-là cependant, les xv° et xyi*" arrondissements presque tout entiers furent occupés. Le lendemain, la décomposition du gouvernement communal s'achevait : la pro-
Montaudon ; — 2* corps, Cissey : divisions Levassor, Susbielle, Lacretelle ; — 3^ corps, du Barail (cavalerie) ; — 4*' corps, Douay : divisions Berthault, Lhérittier, Vergé ; — 5e corps, Clinchant ; Réserve, Vinoy : divisions Faron, Bruat ; Garde républicaine, gendarmerie. — Sur les transformations de l'armée de Versailles et son, armement, cf. Guerre des Commune ux, passim. Thiers entre à Paris le 22 au matin et s'installe au ministère des affaires étrangères, d'où les ordres partiront désormais.,
1. Cf. dépêche de Delescluze, dans le Cri du Peuple 22 mai. Voy. Lissag4ra.y, o. c, 316.
2. Cluseret mis en liberté se mit à la disposition de la Commune, mais ne servit à rien.
3. C'est ainsi qu'Assi, allant dans la nuit en reconnaissance à Auteuil, fut pris dans la rue Beethoven par les Versaillais.
4. De défection proprement dite, je n'en connais pas. A signaler pourtant, dans la nuit du 19 au 20 mai, la fuite de Rochefort, prétendant ne plus pouvoir publier Le Mot d'ordre, à cause des procédés de la Commune. On sait qu'il fut arrêté à Versailles, où il eut une entrée ignominieuse, et fut condamné comme ceux qu'il avait entraînés dans l'insxirrection.
clamation de Delescluze, rédigée dans la nuit, ravoLiait, en criant * :
« Assez de militarisme, plus d'états-majors galonnés et dorés sur toutes les coutures 1 Placé au peuple, aux combattants aux bras nus ! »
C'était la fm de toute discipline, de toute méthode dans l'organisation de la défense; c'était aussi, il est vrai, l'espoir dans les dévouements autonomes et dans les héroïsmes spontanés. 11 y en eut, comme celui de Brunel, mis en liberté de la veille, et qui organise des batteries et des barricades autour des Tuileries ; de La Cecili^, qui essaie de mettre en état les lamentables batteries de Montmartre; de Sicard, qui soulève le vii^ arrondissement ; de Malon et de Jaclaid, qui se défendent aux Batignolles. Vingt membres de la Commune, réunis à l'Hôtel-de-Ville, où tous les services militaires sont concentrés, le ministère de la Guerre ayant été abandonné, écoutent un dernier discours de F. Pyat, prêt à aller se cacher; le Comité de salut public lance des proclamations au « peuple de 89 et de 93 ^ » ; le Comité central déclame contre la Commune, incapable lui-même d'avoir un plan. Sans direction , sans pensée d'ensemble, ignorant la tactique des mouvements tournants, les fédérés construisent des barricades qui les protègent à peine debout, dominées