‹ Histoire de la CommuneChapitre 15 sur 154 · TcHERNOFF, o. C., passim · texte numérisé non relu

TcHERNOFF, o. C., passim

Commune révolutionnaire^ à la fois communiste et blancjuiste, poursuivie par TEmpire, en 1854, dans la personne de Boichot, active encore, en 1871, et s'exprimant dans Le Combat. D'autres groupements étaient en outre apparus, en désaccord avec l'idéal confus, quelque peu mystique, des républicains de 48. Les théories auxquelles on accole le nom d'hébertisme avaient repris une vigueur nouvelle: Tridon, disciple de Blanqui en ce qui concerne la forme de la révolution, adoptait les éléments prolétariens et matérialistes dédaignés par la bourgeoisie républicaine et déiste, et montrait la nécessité de la force pour réaliser le programme social. L'entrée de Tridon, et, avec lui, de Taule, Protot, Jaclard, des frères Levraud, d'Eudes et Oranger, dans le parti blariquiste força le « Vieux » à modifier son ancienne conception négative de la révolution, à envisager la révolution sociale. Contre les bourgeois de 48, Vermorel donnait la main aux hébertistes ; mais tandis que ceux-là, par réaction contre l'anarchie proudhonienne, voyaient dans le fédéralisme» l'éparpillement et le désarmement », Vermorel, sympathique à l'Internationale, se défiait de tous les pouvoirs forts, qui glissent à l'oppression, adhérait au programme de classe des ouvriers conscients, heurtant ainsi les conceptions de Delescluze et de Gambon, qui trouvaient la vérité dans les formules jacobines

de 1793. Mais Deleecliize, d'accord sur ce point avec les blanquistes, haïssait mortellelement leur chef, et le proscrit du coup d'Etat, aigri et desséché dans l'opposition à TEmpire, ne comprenait pas le mouvement d'idées opéré dans le prolétariat; son patriotisme ardent, à la façon de Danton, claironnant dans sa proclamation du 7 août 1870 et dans son journal le Ptéveil^ ne pouvait facilement s'adapter aux théories internationalistes des congrès ouvriers* ; aussi ses partisans avaient-ils voté, avec ceux de F. Pyat, en faveur du Gouvernement de la Défense ^

Au-dessous de ces hommes s'agitaient des groupements moins nombreux, moins connus, tout aussi actifs, employant les réunions et la petite presse de quartier pour manifester leurs idées : Ch. Longuet, attirant à son journal L« Rive gauche les étudiants qui pouvaient y lire les Propos de Labienus^ de Rogeard, ou y étudier la doctrine marxiste commentée par Lafargue ; Lefrançais et Ranvier faisant du communisme mélangé de fouriérisme, le père Gaillard, babouviste convaincu, Chauvière prônant le drapeau rouge, Briosne préconisant un communisme en quelque sorte individualiste, tous assemblaient de petites écoles, dont l'action, si dissemblable qu'elle parût au premier abord,

1. Dès 1868, il considère les socialistes allemands comme les dupes ou les complices de Ëismarck.

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