Macé, Enq., II
3. Beaucoup de ces noms furent d'ailleurs estropiés. Cf. LissAGARAT, H. de la Corn., 91, n. 1.
paix, du i" au 3 mars, de leur timide triomphe*. Le Comité central existait donc avant que le suffrage des gardes nationaux l'eut légitimé. Ce Comité n'était pas identique à la commission du 15, puisque dix membres seulement de la commission figuraient dans le Comité, accru, par voie révolutionnaire, de tous ceux qui se croyaient ou qu'on croyait dans leur groupe capables d'une action énergique eii face de la désorganisation gouvernementale présente ^. Néanmoins, il fallait irégulariser la situation. Le 3 mars, une nouvelle réunion, où 200 bataillons envoyèrent leurs délégués, fut convoquée au Tivoli- Vauxhall pour approuver les statuts ; jusqu'au moment où, selon leur teneur, serait organisé le véritable Comité central, une commission executive provisoire devait concentrer les pouvoirs de la garde, composée de Prudhomme, Alavoine, Frontier, Arnold, Piconel, Chauvière, Bénard, Caslioni, Weber, Lagarde, Louis, Courty, Ramel, Bergeret, Lavalette, Viard, Fleury, Maljournal, H. Fortuné, Boursier, Pindy, Varlin, J. Durand, H. Verlet, Lacord, Ostyn, Chou-
1. Vingt, Enq., II, 93-95. Cf. Hanotaux, o. c, 1,169: 30.000 hommes seulement entrèrent dans Paris silencieux, et l'empereur Guillaume renonça à sa visite.
2.Voici leurs noms : Alavoine, Bouît, Frontier, Boursier, David-Boisson, Baroud, Gritz, Tessier, Ramel, Badois, Arnold, Piconel, Audoynaud, Masson, Weber, Lagarde, Laroque, Bergeret, Pouchain, Lavalette, Fleury, Maljpurnal, Ghouteau, Cadaze, Castioni, Dutil, Matté, Ostyn.
teau, Gasteau, Dutil, Malte, Mutin*. Le lendemain, une affiche rouge annonçait l'apparition de cet organisme \iouveau à la population parisienne et précisait son programme : la République et la défense de Paris; une note aux journaux ajoutait que le Comité repoussait « avec mépris les calomnies tendant à l'accuser d'excitations au pillage d'armes ou de munitions et à la guerre civile » ; dans le vi® arrondissement, une affiche spéciale montrait qu'à la garde incombait « le devoir de veiller sur la ville, de la préserver des calamités que lui préparent dans l'ombre les souteneurs des princes, les généraux de coups d'Etat, les ambitieux cupides et éhontés de toute sorte ». Une motion formulant « que le département de la Seine se constitue en République indépendante au cas où TAssemblée décapitaliserait Paris » avait été même faite à la réunion du 3, motion dangereuse qui semblait vouloir faire du Comité central le rival de l'Assemblée nationale, et qui devait être considérée par certains hommes moins comme une menace conditionnelle que comme un programme délibéré. Ainsi le sens du mouvement se transformait peu à peu : les préoccupations politiques apparaissaient avec d'autant plus de vigueur que le gouvernement restait: apathique; mais, dans le