‹ Histoire de la CommuneChapitre 35 sur 154 · Mot de J. Ferry, Enq.,l · texte numérisé non relu

Mot de J. Ferry, Enq.,l

sans programme bien défini, avait été amené à se substituer au gouvernement établi, et à appliquer l'article des statuts de la Fédération où celle-ci s'engageait à « prévenir toute tentative qui aurait pour but le renversement de la République ».

Dès lors ce fut la lutte, faite surtout de ruse, entre les maires et le Comité central ; ils voulaient, somme toute, la même chose, les élections, mais désiraient en garder la direction et en préciser le sens. Toutefois le Comité, ayant la force, se croit apte à pourvoir, par lui-même ou par ses amis, aux services abandonpés par les derniers ministres : Varlin et lourde aux Finances, dont ils ne forcent pas les caisses, se contentant d'uii million de la Banque de France pour payer la solde des fédérés, Eudes à la Guerre, Duval et R. Rigault à la Préfecture de police, Bergeret à la Place, Assi à l'Hôtel-de-Ville, le garibaldien Combaz aux Postes, à VOIficiel^ qui vient de tirer encore un numéro gouvernemental, avec deux proclamations violentes et inhabiles, et à l'Imprimerie nationale E. Moreau, qui a l'honnêteté de se refuser, en refusant également à ses collègues, un supplément de solde. Mais personne ne s'occupe bien sérieusement de la situation militaire; Lullier ne songe pas à mettre

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garnison dans le Mont-Valérien,oii Versailles envoie tout de suite un commandant, revenant ainsi à temps sur la faute énorme de l'évacuation*; on n'inquiète pas le 69® de marche, logé au Luxembourg, et qui quittera Paris seulement le 23 mars ; le 19 et le 20 pourtant, LuUier fait occuper les forts du sud^, et rachète ainsi en une certaine mesure les précédentes fautes, qu'il paya de son arrestation ^. On se contente d'afïicher, dans l'après-midi de ce dimanche radieux, des proclamations au peuple : « Citoyens... que Paris et la France jettent ensemble les bases d'une République acclamée avec toutes ses conséquences, le seul gouvernement qui fermera l'ère des invasions et des guerres civiles. Le peuple de Paris est convoqué dans ses comices pour faire ses élections communales » ; à la garde : « Vous nous aviez chargés d'organiser la défense de Paris et de vos droits ; nous avons conscience d'avoir rempli cette mission ; aidés par votre généreux courage et votre admirable sang-froid, nous avons chassé ce gouvernement qui nous trahissait. A ce moment, notre mandat est expiré, et nous vous le rapportons, car nous ne prétendons pas prendre la place de ceux que le souffle populaire vient de renverser. » Les hommes qui signaient ces paroles de

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