O, C, 21 mars
réclament riinion de tous les citoyens *. Leur intervention n'a d'autre effet que de donner confiance aux partisans de « l'ordre » qui, groupés sur les boulevards, viennent manifester devant Fétat-major de la garde nationale, et se proposent de recommencer le lendemain.
Cette intervention paraît d'autre part hypocrite aux partisans du Comité central, qui peuvent constater combien elle est contradictoire avec les sentiments de l'Assemblée, farsant appel, comme en 48, à la province^, refusant d'inscrire au bas de la proclamation les mots de « Vive la République », huant Millière, applaudissant, malgré Cournet, aux paroles pleines de fiel de J. Favre, pleines de brutalité de l'amiral Saisset , adhérant enfin à la politique d'atermoiement menaçant de Thiers.
La situation se tendit encore plus le 22: au Journal officiel de Paris parurent l'arrêté du Comité central remettant les élections au lendemain, et différents articles qui insistaient sur le droit des Parisiens d'aller aux urnes. Pourquoi «cette remise ? Peut-être parce que le Comité craignait que la manifestation promise par les « amis de l'ordre » et annoncée par les journaux réactionnaires, n'amenât quelques troubles dans les sections
1. Proclamation à la garde nationale et à tous les. citoyens (F. Maillard, Affiches, pp. 63-65).
2. Annales, II, 30 sq., /. O. V., 21 mars, pour la formation de bataillons de volontaires.
de vote. De^ fait, la manife station eut lieu ; elle tourna tragiquement pour les ennemis du Comité, descendus vers 1 heure de l'aprèsmidi dans Tavenue de l'Opéra, arrêtés par 200 fédérés à la hauteur de la rue NeuvedesPetits-Champs, hurlant des insultes qu'accueillit avec patience la garde nationale, méprisant les dix sommations que leur fit Bergeret, puis fuyant tout à coup dans une fusillade soudaine qu'amorcèrent quelques coups de pistolet tirés on ne sait d'où, et qui coucha une dizaine des amis de l'ordre *.
Mais l'événement a galvanisé les quartiers bourgeois ; les compagnies modérées occupent les environs de la Bourse, s'établissent aux mairies du vp et du ix*, à la gare Saint- Lazare^, tandis qu'à V,ersailles, l'Assemblée, de plus en plus inintelligente de la situation, repousse, à la demande de Vacherot, le projet de Louis Blanc sur les élections municipales, et vote l'urgence sur un projet de loi municipale présenté par Picard, où Paris conservait une place exceptionnelle, peu faite pour séduire ses habitaûts, en guerre alors pour obtenir au moins le droit commun ^.
Cette activité de la réaction à Paris comme à Versailles semblait devoir isoler le groupe des maires et des députés. Fort hésitants le