‹ Histoire de la CommuneChapitre 46 sur 154 · J, O. C, 26 mars · texte numérisé non relu

J, O. C, 26 mars

tandis que le président Grévy lève la séance*. La tentative conciliatrice des représentants de Paris a échoué, et si, à la séance du soir, le député-maire Arnaud (de l'Ariège) lit la déclaration préparée, où ses collègues et lui ont indiqué les nécessaires concessions, si les propositions avancées sont prises en considération, il est évident que rxA.ssemblée n'a pas l'intention de les transformer en loi. Aussi l'amiral Saisset agit-il d'une façon extraordinairement légère ou machiavélique, quand, dans la matinée du 24 mars, il fit paraître des affiches où il assurait avoir obtenu du « gouvernement de l'Assemblée nationale la reconnaissance complète des franchises municipales, l'élection de tous les officiers de la garde nationale, des modifica tions à la loi sur lès échéances, un projet de loi sur les loyers ». A cette tentative de conciliation, le Comité central, qui vient d'apprendre la proclamation de la Commune a Lyon, répond par l'envoi d'une colonne dans les II'' et iii^ arrondissements ^ Brunel, accompagné des délégués Protot et Lisbonne, obtient d'Adam et de Méline, au i®'", de prendre comme bases de discussion la nomination du commandant de la garde au suffrage universel et les élections municipales à /

1. Sur la séance, cf. vicomte de Meaux, dans le Cor" respondant, 10 mai 1902, p. 440 sq.

2. Da Costa, o. c, I, 218-225, d'après les récits de Protot et Lisbonne.

bref délai ; au m®, où sont réunis une douzaine de maires et d'adjoints, il convient, après de longs débats, de dates précises, celle du 30 mars pour les élections municipales, celle du 2 avril pour l'élection du commandant de la garde nationale ; partout les gardes nationaux modérés s'unissent aux fédérés pour crier « Vive la République ! »

Mais la politique des maires était pleine de fourberie. Tirard l'avoua devant la Commission d'enquête : « Le but principal que nous avions tous poursuivi par cette résistance, était d'empêcher les fédérés de marcher sur Versailles... Notre résistance de quelques jours a permis au gouvernement d'organiser la défense *. » Elle servait celle de l'Assemblée, qui, sur les conseils de Peyramont, puis de Thiers, refusait d'entamer la discussion sur les propositions des maires. On comprend très bien que le Comité n'ait pas voulu désarmer dans ces conditions. Non seulement, dans la nuit du 24 au 25, Arnold et Ranvier vinrent devant les maires maintenir la date du 26 pour les élections municipales, repoussée parDubailet Héligon, qui se confiaient aux mitrailleuses installées dans la cour de la mairie du II® 2^ mais le Comité remplaça Lullier et son état-major d'intrigants et d'aventuriers,

1. Enq.^ II, 342. Cf. dans ce sens également les variantes des 7 manuscrits des proclamations Saisset (Da Costa, o. c, I, 218).

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