Enq., II
2, WeilLj Hièt. du mouv, soc, Paris, 1904, in-S", p. 122.
de la Défense *, les hésitations des républicains pendant la Commune, leur incapacité d'accepter les solutions franches et définitives, leur volonté de concilier les inconciliables, quitte à ne pas profiter eux-mêmes de leurs manœuvres, à passer pour les alliés hypocrites des vaincus, à compromettre ce à quoi au moins ils tenaient certainement^ — • la République.
C'est un orléaniste qui la fit, Thiers, sympathique peut-être à la conception républicaine .depuis 1855^, mais qui ne la réalisa, forcé par la volonté du pays, que peu à peu, avec les précautions nécessaires pour limiter l'expansion démocratique. Élu dans 26 départements, proclamé le 17 février, par l'Assemblée de Bordeaux, Chef du pouvoir exécutif, « en attendant qu'il soit statué sur les institutions de la France », promettant la « monarchie unie » aux réactionnaires, il s'engagea, par le pacte de Bordeaux, à ne pas préjuger de la forme future du gouvernement. Pouvoir équivoque, il s'entoura d'un ministère équivoque également (19 février) : quatre des cinq membres du Gouvernement de la Défense nationale hostiles à Gambetta, le « fou furieux », J. Favre (extérieur), Le Flô (guerre), J. Simon (instruction publique), E. Picard (intérieur), les
1. Cf. G. Hanotaux, Hist. de lu France contemp.^ Paris, s. d., in-8°, I, 15
2, Id., ihid.^kh.
autres, Dufaure, Lambrecht, Pouyer-Quertier, de Larcy, orléanistes, bonapartistes, légitimistes, l'amiral Pothuau, sans passé politique ; ses fonctionnaires eurent pour mission d'administrer le pays de façon à effacer avant tout les souvenirs vivaces du régime impérial *. Aussi pouvait-on penser, comme la Vérité^ du gouvernement thiériste :
« Nous ne savons que trop quel genre d'institutions s'abrite derrière la République telle qu'on lentend à Versailles. Ces institutions sont despotiques au premier chef. Toutes, sans exception, sont dues à des monarques, et l'on veut en faire la base d'un État républicain 2 ! »
Ces institutions auraient dû être tout à fait monarchiques, s'il n'avait tenu qu'aux partis réactionnaires. Ceux-ci avaient soutenu l'Empire pendant vingt années d'un régime qui assurait au moins le calme développement des intérêts conservateurs et protégeait les situations cléricales, sauf une fraction d'orléanistes libéraux, avec une sorte d'oubli de leurs idéaux politiques particuliers. La chute de l'Empire, la ruine agricole, commerciale, industrielle, mal compensée par tout ce qui se fît, pendant l'année tragique, de vils négoces de fournitures aux armées, la faillite du Gouvernement de la Défense redonnèrent une vie nouvelle aux