‹ Histoire de la CommuneChapitre 60 sur 154 · LiSSAGARAY, O. C · texte numérisé non relu

LiSSAGARAY, O. C

pour aboutir à un échec sanglant ' ; la minorité parvint, dans la séance du 3, à faire adopter ses vues par la Commune, qui réunit les services militaires entre les mains de Cluseret, et remplaça Duval, Bergeret et Eudes, retenus par les opérations militaires, par les citoyens Delescluze, Cournet et VermoreP. Mais quand, le 12 avril, Bergeret, à cause des sottises commises par lui et ses compagnons, fut arrêté, ce n'était pas pour suivre les suggestions de la minorité, puisque le même jour un des membres de celle-ci, Assi, l'homme du Creusot, était également arrêté, sous la prévention de provoquer un soulèvement populaire contre la Commune ; B. Malon le fit remettre en liberté 3. Les révolutionnaires radicaux prenaient d'ailleurs tous les jours plus d'assurance. D'après leurs vues, et sur la proposition de Delescluze, fut réorganisé le gouvernement communaliste, le précédent système ayant donné ses preuves de faiblesse ; dans chaque Commission était délégué un membre de la Comlune : Cluseret à la guerre, lourde aux [nances, Viardaux subsistances, P. Grousset IX relations extérieures, Frankel aux travail |t échange, Protot à la justice, Andrieu/aux

,1. Lanjalley et Corriez, o. c, 187 et 195.

2. /. O. C, 4 avril. Plus tard, Lefrancais fut remplacé ir Avrial (/. O. C, il avril).

3. Lan.talley et Corriez, o. c, 269; Bergeret fut mis liberté le 22 avril.

services publics, Vaillant à renseignement, R. Rigault à la sûreté générale; et les 9 délégués, où le socialisrne n'était guère représenté que par Frankel et Vaillant, se réunissaient pour constituer la Commission executive \

Désormais la situation des radicaux jacobins, farcis de littérature révolutionnaire, fut prépondérante. Ils imposèrent, le 21 avril, la ratification des élections avec moins d'un huitième des voix, dont prit cependant prétexte F. Pyat pour annoncer une seconde fois sa démission ^ ; ce fut l'occasion d'une polémique violente de Pyat, dans le Vengeur^ contre Vermorel, dans le Cri du peuple. A la suite de la panique d'Issy, le 28 et les jours suivants, ils élaborèrent, J. Miot en tète, malgré Tridon, Vermorel, Longuet, B. Malon, la création d'un Comité de salut public, voté par 45 voix contre 23, parmi lesquelles on s'étonne de ne pas trouver celle de Vaillant. Le même jour, au nombre de 37, les autres membres s'abstenant, ils élurentles membres de ce Comité : A. Arnaud, L. Meillet, Ranvier, Ch. Gérardin, F. Pyat, les uns éduqués parle Comité central aux coups de force, les autres remplis de pathos révolutionnaire, Ranvier seul de valeur^.

Le changement était-il utile ? Le Comité

l.J. O. C.,1\ avril.

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