Weill, 0. c, p
tion des coalitions. Mais ces coalitions ne devaient être que des sursauts soudains de colère prolétarienne, s'il n'était pas permis aux ouvriers de s'entendre pour préparer les grèves nécessaires. DansZ« Tribune ouvrière^ dans V Avenir et le Pays^ la liberté d'association fut réclamée. Déjà, grâce à Beluze, gendre de Gabet, à l'Association internationale pour l'avancement des sciences, aux mutuellistes, des coopératives s'organisaient, franchement ouvrières, qui combattaient les institutions de paix sociale conçues par Le Play et Lefébure *. Un rapport de Fourcade, approuvé par l'Empereur^, promit, entre autres choses, de tolérer les chambres syndicales qui seraient créées ; 50 au moins s'organisèrent au grand jour. Mais le mouvement, mis en branle par l'Empire, ne pouvait être arrêté. Proudhon, dans son livre De la capacité politique des classes ouvrières^ avait insisté sur l'opposition des classes ; ses idées, vulgarisées par Darimon, Duchêne, Tridon, et surtout, en 1867-68, par la pléiade groupée autour de Vermorel, dans .le Cour^ rier français^ Vallès, Guesde, Y. Guyot, P. Lafargue, eurent une influence étonnante sur le monde du travaiP. Dès 1864, 60 délégués de diverses corporations publiaient un
1. Cf. Expos, de i867. Rapp. des dél. ouvriers, 2 vol. in-4o, 1869.