IV
Hk HISTOIRE
province, le Père Antoine Vieira, qu'il faudra mander abdolument en quelque lieu qu'il puisse être , les Pèrfeà Cartâlhoj André Vax ^ Georges Âcosta; dcfe quatre Pro^ curenrs de différentes provinces , Jeslii d'Almeida , de celle de Portugal; Jean Ziigarte, de eelle du Japon, Adrien Pedro, de celle de Ooa et de la Ohine; François de Mattos , de celle du Brésil ; se jettera ainsi escorté au pied dn trône à l'ombre duquel la Compagnie se fait gloire d'être née , d'avoir grandi et de s'être propagée jusqu'aux extrémités des deux mondes. Vous rappellerez au Prince les bienfaits dont nous lui sommes redevables ainsi qu'aux Rois ses ancêtres. Vous le conjurerez au nom de cette bienveillance passée d'ajouter à tant de prérogatives dont cette royale famille nous» a comblés la grâce de nous laisser la plus précieuse de tontes , qui eon9fSte dans la fuite des dignités comme des affaires temporelles et dans l'observation stricte de notre In - Stitut. Vous lui rappellerez, vous lui exposerez les lois de la Conïpagnie dont je parlais tout à l'heare et les décrets qui la régissent, décrets sanctionnés par les Censures eeelésiaitiques , que peut-être le Père Fernandez n'a pas encore encourues , parce que dans sa conduite il aura suivi l'opimon erronée de quelque conseiller ignorant plutôt qu'une malicieuse préméditation. Mais dites-lui que désormais il serait inexcusable s'il restait etfcore au cotiseil après avoir été détrompé par le légitime Interprète de l'Institut.
» Auparavant vous représenterez de ma part les iVkênfyes choses au Père ; et , si , comme j'en ai l'espérance , il se montre docile et résigne aussitôt cette dignité, je regarderai le mal comme guéri en grandepartie, et je prendrai des me^ires pleines de douceur pi6ur r^nvédii^r h tout. Mais, si , ce qak Dieu ne plaise I
DE LA G0ltll»ÂâNli3 DE JÉSUS. . 115
il aie môtttrâit Sourd à mes ordres, et continuait à siéger au< Gbrtez et à s'6ccuf)er d'affaires politiques , il sera de vôtre devoir de le déclarer infidèle à son tœu et à noê {)récè|)tes , atteiht par les censures cjtiî les sanctioniieiit, dépdUlUé de la cbarfje de Préposé de la Maison Professe et de celle de Consulteur de la province, privé de tttùte voix 'active et passive. Cependant que Votre JJévérence , avant d'aborder le Prince et â la suite de Taildierice, prévoie et dispose toutes choses de concert àvèè les Recteurs , Consulteurè et Profcureùrs dont j'àl p&t\è plds haut. Vous les réunirez d'avancé en Consultation ; vous les obligerez, en vertu de là Sainte obéisèàhce , à k loi du secret absolu , et letir ordonnerez de tîl' écrire dans des lettres séparées ce que chacun d'eux jugera convenable. Si , pour quelque raison que je ne puis prévoir, vous étiez absent de Lisbonne quatid y arrivera ma lettre , elle sera remise pour être dùîveHe et lue au Père Vieîrà, le premier deâ Consulteurs de la province par l'aiicientieté de la profession et par la confiaissance du sens de nos règles el de nos usages eh ces ftïatîères. Réiitilà ainsi au tloni du Seigneur, puîssièz-vous tous recevoir de sa clémeticè un cœur bien diâposë pour accomplir sa volonté et des paroles droites qui plaisent au Prince , mais, avaiit tout, à Dieu, que vous voudrez bien aussi prier pour nfioi, vôtre serviteur en Jésus- CSorist.
î> Paul OLiva. »
Ce doctiriient , igtiof è jusqu'à ce jour, est un irréfragable témoignage de cette ambition d'hùriiilité dont la Cotnpagnie de Jésus fut travaillée. On les appelait aux honneurs parlementaires , on les faisait les arbitres su- |>rêulcf^ dés' questions d'État :* iU pouvaient , en suivant
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cette impulsion , dominer leur pays ou se grandir dans l'opinion en popularisant par la tribune leurs talents et leur Institut. Aquaviva a exilé le Père Claude Matthieu pour l'empêcher d'être le courrier de la Ligue , Ollva menace d'interdire Emmanuel Fernandez s'il continue à siéger dans une assemblée politique. Matthieu accepta l'exil , Fernandez se soumet comme lui à l'ordre du Général des Jésuites : il abdique ses fonctions aux Cortez, il renonce à la gloire qu'il s'est promise et aux espérances que le Régent don Pedro a conçues. Son obéissance fut si complète que le i6 avril 1678 Oliva écrivait au Provincial Barradès :
a Après un mûr examen de toutes les démarches que vous avez faites , j ai la joie de couronner l'œuvre en donnant au Père Fernandez les éloges que méritent sa vertu et sa prompte soumission à résigner ces trop splendides emplois. Il ma écrit qu'il estimait plus pour luimême l'office du dernier Frère coadjuteur de la Compagnie que les plus brillantes dignités dans le siècle. La consolation, l'espoir que ces sentiments inspirent à mon cœur paternel , je laisse à Votre Révérence le. soin de les expriifier , en me recommandant à ses saintes prières. >»
Don Pedro avait consenti à ce sacrifice; mais il lui éVàxt impossible de se séparer de son ami. Fernandez diiigea sa conscience jusqu'en 1693, année dans laqu<;lle mourut le Jésuite. Le Régent était depuis longtemps devenu roi par le trépas de son frère Alphonse. Le Père Sébastien de Magelhaès succéda à Fernandez dans les fonctions de confesseur du Monarque. ' I /influence des Jésuites en Portugal, leurs riches éta blissements et la confiance que les Rois leur témoignaient ont fait accuser les Pères d'avoir été la cause ou tout
au moins Toccasion de la décadence de cet empire. lies écrivains irréfléchis l'ont proclamé; ceux qui s'efforçaient d'être hostiles à la Société de Jésus , sans vouloir néanmoins blesser trop au vif la vérité , se sont contentés de l'insinuer. I^a ruine du Portugal comme État est un fait avéré; mais faut-il l'imputer aux Jésuites directement ou indirectement? Sont-ils la causé plus ou moins éloignée qui a produit cette décadence? Telle est la question que la plupart des hommes ont résolue avant même de l'avoir sérieusement examinée.
Après avoir étudié les Jésuites dans leurs actes , dans leurs correspondances intimes et dans leurs relations soit avec les peuples, soit avec les princes, nous croyons qu'on leur a fait une part beaucoup trop large. On a voulu voir partout leur main dirigeante. Les uns leur ont attribué tout le bien qui se faisait, les autres tout le mal. On les a peints comme le mobile des mesures les plus opportunes ou les plus désastreuses. Leur nom revient à chaque page des annalistes, ici béni par des voix pieuses, là chargé de malédictions. Pour rester dans le vrai, nous n'acceptons ni les apothéoses ni les inculpations dont ils furent l'objet. On a accusé les Jésuites de crimes qui sont enfin expliqués par l'histoire. On leur a prêté une audace machiavélique , une profonde connaissance des passions humaines , un art merveilleux pour les mettre en jeu et une habileté traditionnelle que la génération mourante léguait à celle qui la remplaçait comme un moyen assuré de dominer les masses et d'étouffer ses ennemis. C'est par l'exposé des faits que nous avons réduit à leur juste valeur ces reproches ou ces éloges. Il en sera de même pour cette sagacité, pour ce système d'intrigues si bien ourdies dont le réseau, dit-on, enveloppa le monde.
A no? yenx, |e^ )ém\P^ p'p^t éfé q^ un ^iîci4w< 4aRS les évépeme^^ poli^i(|Vies ^pxqiieU ils touchèrent. I)^ n'y ont pris par| que .lorsque ces évépemeqt^ ^e rattfi*cbaient de près ou de loin à la {Religion; ^ia\f dain^ presq^ tQMS i^s jouèrent un rôle beaucoup plus pf^|f qu'actif. Ils ont con[i^pté parmi çux des }égisle^teurs , de$ d^p)on)9|e$ cç;|èbre$ , des hompaes même qui plus 4 u^ç fqis triomphèrent de J^ forç^ par l'a^res^ç. Mai^ pçs ei,^ cepi\i^pi&y quelque nombreuses qu'elle^ puissent çt^e^ ne feront jamais que la Çqii^pagaie de Jésu$ ^^vieiiqç ppur un écrivain impartial UQ^ agrég^tÎQi^ 4'^mbjtipux qui ^ gK^^di par l'açtuce, et qui s'est n^aiut;çnuç par iitiç> pr^deuçq If^ypqcrite^ent consomipée. Leur ^açit^ t9^\ yaptée ^ cr^é u|i mpt uppveau dan^ 1§ langue (fança(se; mais ç^ jésuitisme , dont les partis ont abusé, \ie pfut pas f^ire tra^sigef avec |a vér^t^. Les; (^ères dç Tln^titul fureut bien plus ^uveu^ trompés qu'ils ue tron^pèren^ çux-^¥néipes.
Xputes les fo^ qu'un iptiii^emi se d^ps^e? dev^uit eu^, <piiE^ 1q$ vpit fait]iUr; partout qù Us Sipnt ^tts^qu^és £|vec v^^euf, '\]^^ ^e d^eQ^^t woUçi?^eAt. Ici gn trouve, çe^ hom»^^ si Y««és da^s Hfl^rigVie seryan^ de }ç^v^t h ^m çakwnni^' tfw^ qu tr^^iiise^t Tboispital^té ; li^ i^ cpuvrept de k cWçi0 4ft Wv protçctioft queli^ue^ r^moiçds impo&teui»^, il^ reççÂY^P^ ^^^^ W^ t^^it ^^ vertus hypothétiques , i)$ aoçord^^ leur cpp^ançç à tous cen^ qui ont intéfêt à QQ diçp^er; et, si la fortune leur sourit dau^les cpur^, il a$t biw rfi^re qve ce ^urirç spit l? f^uit d'une opoi^biT, da^som:) de la Société de Jésius. La Spciété p'est fort^ qu'eift fecj^ de$ dangers qui peuaceut rÉglis§ , ^\\e n'oH vraiunenrt re^out^ble que lorsque la Chrétienté ppu$^ un çffi de détresse. Alors le ^o^ds^t eatboliqii^ , rêvé par Ignace de Loyola , ^ppar^ît pçm' CQfiji^ttr^ ay.^€ U
DE LÀ COMPAGNIE DU JÉSUS. \\i^
plume, avec la parole, et pour offrir son sapg e|} téRioignage àtt sa foi. C'est le martyre qu'il espère , et noo pas les boBneiirs du triomphe. Mais rtnstitut > pr^ à H^ époques les plus florissantes , n'a jamais su ipérUar 1^ réptitatiofi de fiuease réprébeosible qi|i lui a M f^ite;
ËB Allemagne , en Fra^ea , en Italie , ainsi qua d^W leurs Missions au delà des mers, les J^ilas mut grands dans les combats de la Foi ; ils suçenmbant papr tott^ dans les luttas où Tintrigue remplai^e ]^ dévoue-r ment, où l'intéfét de oorps est substifué à l'intérêt ï^\t giew. C'est principalement dans la Péninsule que ces faits ressortent avec le plus d'évidence. Ainsi (m hv^ reprœb^ d'avoir été les moteurs ou les témoins 4f raffaisseioent poétique du Portugal. Les Jésuites at soiU condamnés an silence ; e^pei^nt , l'histoir/ç 4 h main, ils pouvaient suivre pes à paft el indiquer à Tespiit le p^ns prévenu les causes de f^i^ite ruine. Ces eaiisea i les vptei.
Le (totngal était, sous le règne de Jean lUi § ^^ plus haut point de prc^érité. L'qr du Nnnv^au^Mopd^ affluait sur $es rivages. Les ambition^ ^ les passions > laf vkes eui^mén^es, qui rencontraient pn noviveau anotr bile, chei^ûbaient, dans une gloire av0|k$urfi|i^ , dft^ sourees de riebe^fes et de plus largea théatr^^ L09 plaisirs que ees ardentes imaginations évoqusic^it sq|^ dea climats b4;*ùlants, le Ivtjie dopt çbl^çun s'effprçai( de )ttviir au nfiilieu de périls ineonnus , et aur Hpe terre où la férocité prenait à tâche de s'abriter à l'^wbrf d^ 1% Ooi^ , tout cela dut inévitablem^iii^t produira de tristes e|£ets. La génération d'Albuquerque avait assisté à un prodigieux enfantement d'idées. De c^s idées, tradui(e$ en farts, il résultait yne cw*ruptio.n précoce et un ^ffa^* blissement graduel dans les inteHigences. Ce fut 4 ce
moment que les Jésuites entrèrent dans le royaume. Leur apostolat , leur enseignement ne purent arrêter la décomposition dont le corps social était travaillé. Elle germait avec l'oisiveté , elle grandissait avec le feste , elle devait éclater avec les révolutions. Les révolutions vinrent. La minorité de don Sébastien, ses rêves de conquérant catholique, ses désastres de croisé sur la rive africaine , précipitèrent la catastrophe. Le Portugal alors tomba à la merci des Espagnols; il *ne fut plus qu une province de l'empire de Philippe IL
Des haines vivaces existaient entre les deux nations. L'Espagne, dont le joug était détesté, avait un intérêt de patrie et d'amour-propre à écraser le peuple portugais ; elle donna satisfaction à ce double intérêt. Elle épuisa la fortune publique , elle chercha à étouffer le sentiment d'indépendance. Afin de porter un coup moi^ tel à la grandeur portugaise , ses rois et leurs ministres laissèrent les Anglais ainsi que les Hollandais s'emparer des plus riches colonies qu'Emmanuel avait léguées à son pays. Quand l'Espagne, affaiblie elle-même sous le poids des guerres, traitait avec les nouvelles puissances maritimes , elle persévérait dans son système de ruiner le Portugal. Le bénéfice de la paix n'était pas applicable à ses habitants; et, « pour achever de les affaiblir, dit La Glède*, les Castillans firent, en 1609, une trêve peu honorable avec les Hollandais , dans laquelle ils comprirent tous les sujets et alliés de l'Espagne, excepté les Portugais. »
La guerre continua donc; elle devait être, elle fut désastreuse. En face de ces intrépides Bataves, qui venaient de se créer une patrie en disant à la mer : Tu ne seras pas plus forte que notre industrieuse activité,
- Histoire générale de Portugal, t. ii, p. 394.
DE LA C0MPA6f^l£ DE JÉSUS. 131
que pouvaient faire des» hommes efféminés, un peuple n'ayant pas même sa nationalité à défendre? En 1 64o , la conspiration dirigée par une femme et par un intrigant audacieux porta sur le trône la famille de Bragance. Les Espagnols, qui n'avaient pas prévu ce mou* vementy essayèrent de le conjurer par une guerre qui dura près de trente ans , et que don Pedro termina en 1668. Ce Roi, qui , selon l'abbé Grégoire, fut donné an Portugal par les Jésuites, « eût rétabli les affaires de ce pays, si, comme le font observer les Anglais auteurs de l'Histoire universelle', elles eussent pu être rétablies. >' La prépondérance maritime de la Hollande et de l'Angleterre était un fait accompli. Le Portugal , ainsi que tous les empires, avait eu ses jours de gloire ; il allait, dans un vain souvenir de splendeur éclipsée, subir la condition des choses humaines : il tombait, tandis que d'autres nations s'élevaient.
Dans une pareille décroissance, où chaque année semble marquée par une calamité au dehors , par des troubles au dedans, les Jésuites ont-ils pu, au milieu du tumulte des armes et en présence de ces ipœurs corrompues, réaliser un miracle? Dispersés dans les Missions, renfermés au fond de leurs collèges, ou admis à la cour, leur a-t-il été possible de comprimer les événements et les tendances morales qui en découlaient? Par l'éducation, il leur fut permis peut-être de suspendre les progrès du mal ; par le conseil , ils ont pu faire entrer dans le cœur du monarque des idées de réforme ; mais là durent s'arrêter leurs espérances même les plus ambitieuses. Us disposaient en maîtres absolus de l'enseignement public; néanmoins le Portugal déclinait sans cesse, tandis que, à la même époque et sous le même
' Histoire iiniveraelle , par une société de {jeiis de lettres anglais, t. LXXlili p. 525.
in HISTOIRE
$ys(èiQe i)'é4H(^tion , la Fraoce, ^'Allemagne catholique^ ritalie et h Rologae parvenaienl; à leur apogée 4^ gloîra littéraire» administrative ou militaire.
Oiett^ période de Tb^toire du Portugal n^a cependaa| pa$ 9fiapi|ué c)e Jésuites sayeutf et de professeurs habir* les. ]SUq 9 ixiêuie compté dans les rangs de l'Institut an bomme que la SibUùthms» hmkmay dé Barbosa Mon <^b£^Qf regarde ççimme un des personnages les plus il-^ lustreâ qu-ait produits le royaume : c^est le Père Antoine Vieira y né fi {iisbonoa le 6 i^rier i âoft. Reçu dans la Compagnie de Jésus, le 5 mai *6ai, Yicira s'étati voué AUX Missions transatlantiques. Tbéologi^n, poète, ora-^ taiir, pbilosapbe ^ bistorie» , il unissait à tous leâ dons de l'esprit la Ét>rce dçf la valoaté et l'énergie de rintellir geuoe. Ambassadeur de Jean IV à Paris, en Hollande et à Bom^, il savait être tout à la fois un profond dîpkhmate, un élégant prédicateur et un docte controvoiv* siste. A Amsterdam , il triomphait , dans une disoosslon pabUq^<^, du fameux rabbin M anassès-Beq^-Israël ; il r«p fusait à Bonne d'éiœ le confesseur de Cbristinede Suèd^t pour ooDsacrer sa vie au service de son pays. Il cber^ cbsiit^ dans les Missions au delà des mers, dans les coU léges, à }si cour et dans les chaires, à réveiller Terril national, do«l l'assotipissement était pour lui \in sup^ pllce. D'autri^a Jésuites, moins célèbres, mais aussi mkii^ s'efforçaient de secouer cette torpeur. Us ne furent pas plus beun^ux que le Père Vieira, qui, le i8 jaiUet ^^97» naOMruI au Brésil^ à Tàge de qus^re-vingt-neuf ans.
A partir de cette époque, l'hisloire politique de la Gompagute de iéssxi& se résume eo eelle des. confesseurs des Boîa. Quapd les Jésuites ne prennent aucune part aux événements, oii ki3 y aaék malgré fux. On grossit ou on atténue leur inf]|Uei;ice ; on les fait les itispi^rateurs
D£ LA CO.>ifAA¥I« DE JÉSUS. \%%
de t<M|tes }^ {^^^ coinmî§p9, p^ le^ rep4 étrangers k toute pen$tje p9pi;)laire. l^'lq^tut jjp l^oy^ln avfiit ua pied dàm les palais; il était iiRe puî^nwcQ, ^t qa^ puissance 4'^utan^ plu« fQrfi4d«I)l« % §[M ri»4ividu n^ d^r mandait fjjçp, ne poiiv^it ri^p 4?^maoder po^r lui-^ôm^% De son plein gré , il reportait à la CompagqiQ tput en^ tière l'^^^pdapt priyé 4opt ^e^ y^ft^^? <f^ ta|§pts pu Fainénité dç s/od, ç^f^%^fQ le j^^^ieot jouir auprà§ 4^ prince^, l^ fprcç 4? rOr4f* W Ç^WtWplaU aiosi l »«î» en iï|ê|»ie teipps Içis Jés^i^Pf fte ^^'éfti^ot 4îm& cbaqv^ royaunptç d^ oouve.*^^ enpQipi^i pluf 49Pgerew qpÇ \» Parle^ï^çptg ^ lef; Uiniv^r^ités 4Pttt Us ^v^ifent f^ifip tFÎf>^phé. Ï^Çpr pratQctjftp ou hw «ntttié é^U «» Xitife pi U faveur, quelquefois une source de fo^ti^pe..
Us s^V:*|f»it qtt>H|t jours 4^ J^?ril m ref|;fu^p^^$m»«es si e^pansiv^ s^ trapsJfçHri^(^rai§ji| f n ingratitude Ql^ 'f«l trabi^e; q^i§ ife paf^l^8^^^ n^ p^ Vflulpir appiiÇin4fÇ qpe V^fl^JP ^\ l wI>WqB ^rpW^e^ évpq^ai^t d^ iwstir
li^és 4ç fïwr fl?iUe im rIh& ft Rf^pdw qwp. QÇlkfi 4«
l'Écplip. PJUfiç^fttr ua terr^ift glws^ftt, d^ieuw If p^ de npirç dç^ i»t^^guç^ dçi^( lieuf pei^pie^ité mo|^|ir^ quemgpt f p^ntuellei ne ^i^^sai^ ^^s i9^]Qm% lq% filf*, \i» étai?ftt %<# 4s I^Ç 4<?9 m^cQi^temii,
Çfs îjaécant^nt^ s^ U^W^^>4wt 4^fl^ leiirs q^lçnki iW
accti#i:fRt l^ Jp^uitç^ 4ç k^ ftYQîï* 4f^ryji% ikwii^ vq^hj»
net^fpt jp^ si^|^fg,itsj ^ GQp|wgiwe pQft^ 1^ pi?i«« de çe% i^^^ç^ç?. As^ l^W^ pi;éç^QHte^^ nw» vivw>^ encoirç, ^ JpigttkÇï^t dçf ^w^^i^H^ qHi pe p^4w»r pen^ jpji^s r^eq q^ ppt çouffert ^ç^if YPni^ P/^lî^ftPr nellç et ^^r orgueil 4q famille* 4 '^ ^W? 9àt p<Htr perdra up rival, çhacup, fait ^^^^ de ^oi^t, où l'on prér pare ayfC tant 4V^, \ç ^W^ perfidie, 1^ upç c^^9mpip, *¥i %^ fe§pçc^a pf^^ ^? les 4és«itçSï e^ qu^ le§ d^çgj.
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et l'Espâgflê morte ftdus les rîcbèsses dont elle ti'àvaît pas êu profiter potli» développer Tînclustriè et l'agriculture . ËafieÊfat d'un pays dotit \ë travail est là foKtïhe , membre d'une Société reKg^iett^^ qni a proscHé T oisiveté comme im crime, Nithard fie cdtrîpreiiâit rien â cet affaissement de la puissJance publique. Philippe iV, qui jaaqu'alord ne s'était entoura que de flatteurs, f'etrôtivâit a«sez d'énergie dàn^ ^n fttne épuisée poui* sourire aux platis de réforme dti Jésuite ; la mort Tempèchâ de les exécuter peut*êtrè.
A peine au timon des affaires, Mafîe-Anne ne Veut partager qu'avec son confesseur les soinà du gouvernement; Ce n'est pas d*Utte tliariière occulte qu'elle Tînvestît dû pouvoir , mûh à là face du rhoride entier. Elle a confiance dans sa fermeté, elle l'élève aux fonctions d'liiquisit€lir-4;>éûéral et de GônsetUèr df'État. Nithard décline ces bofîWenrs; il àllêrgUe pôW motif de son refus le vœu d'àbnégatiôn qrfe font les Profè^ àe la Société de Jédus. Ii€ Saittt*Siége peut en délier; Marie-Aùnè supplie Alexandre Vf! d'ordoririei' à Nithard de se soumettre à son injonction. Lfe Pontife comnlatide, et le sfi septembre 1666 parut à Madirid lé décret qui nômniait le Jésuite Orand-Inqilistteur. Ce décret fait itieiition de la kmgue et opiniâtre réristance du Père.
Dans la position des choses, Marié-Anne accumulait sur la tête de ion confesseur toutes les violences du pilrti que Juan d'Autriche dirigeait. Elle s'exposait ette^i^mêmè à des calomnies dôût se vertu ti'feut pas plus à smiffrîr que Celle de Nithard; ces calomniés devaient à la longue rendre irwpôssible l'exercice de son autorité; c'était à ce but qu'elles tendaient. Le Père se voyait dans tme sittiaiioti dyarft pltfs d'une arlalogie avec celle de Mazarin en France; niais lé Jésuite alletnand
n'srrait tii hû ressotircefi^ d'esprit, ni Tâstuce. ni la flexible persistance dn Cardinal italien. Pout* se maioteril^ il ne s'appuyait que sur des Moyens ptikUqtiemedt avouer ; au milieii d'une cdur am^i féconde en Intrigues, ce n'était pas as^ee. Son père et sa méte professaient lé culte luthérien 5 « ce qui, dit Aitietot de la Hbus^aye dan» ses Mémoé'(s9^^ efaoqtta d'atttant plu^ le Clergé, que, d'après les lois du p^ys^ mil ne pouvait être adlnisi au?£ HMiindrea charges , si , dans éà faihille ^lâterneHe oti maternelle^ ofl trouvait tinfe tache où méirte htï soifpçon d'hérésie, i
Don Jtian ne dédaigna pas d'exploiter cette circonstance. Il mit en jeu la susceptibilité espagnole ; il accusa Nîtbard de» calalnités que la guerre avec la Frêtnce faisait peser sur la Pénitisule; il se présenta comnie le sérul homme capable de réparer tant de désastres. Cette opposition devenait factieuse : don Juan est nommé gouverneur des Pays-Bas. Il n'accepte pas un ordre d'exil caché sous ftlie dignité précaire ; il se met en route pour Madrid, afin de faire agréer son refus. Défense !t<î est faîte d'a|>procher à plus de vingt lieues de la cafpitale. Il se retire à Gùnsuegra, et dans cette ville il trama, diton, un complot coùtre la vie du Jésuitè-Mînistre. Ce complot, auquel le caractère impétueux, maSs plein de probité, de Juan aurait eu bien de la peine à se prêter, et dont personne n'a pu offrir le moindre îndièe , nous seiirble une de ces inventions que les partis fhetlent en avant pour perdre leurs antagonistes. Il fotfrnfit à don Jtran un prétexte d'âctîon. Philippe IV avait, dan$ sdri testament, gardé le plus profond srlencè mt lui. Don Juan devinait, par cet oubli, la haine que lui avait voti^ée Marie-Annîè. Il ne lui était pas possible de s'en vetlge^
■ Mémoiréi d*AineTor ëé la floussaye, 1. 1, p. 3'45.
directement; il s'en prit à Nithard. Mithard possédait la confiance de la x^eine-régente ; le prince immola le Jésuite à ses ressentiments.
L'ordre avait été donné d'arrêter l'infant et de le renfermer dans l'Alcazar de Tolède. Il se réfugia sur l'Ëbre, et , de la forteresse de Flix , il fit paraître un mémoire justificatif pour lui et accusateur contre la reine et contre le Jésuite. Don Juan connaissait sa puissance ; il savait que les grands et la plupart des moines étaient ses auxiliaires : il ne craignit pas de réclamer le bannissement du Père. Le 28 février 1669, à la tête des milices qu'il a réunies , il se pose en agresseur. Ses emportements , ses menaces et les sourdes calomnies qu'il faisait circuler plaçaient Nitbard sur un terrain favorable ; il en profite pour adresser au prince une lettre dans laquelle il réduit à leur valeur les crimes qu'on lui impute. Le Jésuite de-* mande au prince , qui se constitue son rival /des preuves de ses allégations; il parle avec la dignité de l'innocence ; mais ses paroles tombent sur des cœurs aigris, sur des hommes ambitieux et qui n'aperçoivent dans Nitbard qu'un obstacle à leur fortune. Elles furent stériles à cette époque. Les historiens catholiques qui s'occupèrent de ces événements n'ont même pas osé faire allusion à son mémoire. Un auteur protestant , l'Anglais Goxe , a seul été assez impartial pour l'étudier; seul il a rendu justice à l'écrit et au caractère du Jésuite *. « C'est un ouvrage , dit-il, plein de sagesse, qui indique beaucoup de talent, et respire la bonne foi et la conviction de Finnoceuce. Le Père Nithard y réduit à de justes, proportions les accusations vagues et non prouvées de don Juan, prince d'ailleurs estimable sous d'autres rapports, néanmoins ambitieux et emporté, et qui, dans celte affaire, usa de
* VEspagne sous les rois de ta maison de Bourbon, t. i, lutrod., p. 157.
mo^ns que condamnent l'honneur et la conscience. » Ainsi que Thistonen anglais, le prince espagnol n'i-* gnorait sans doute pas toutes ces choses; mais il aspirait à devenir maître du royaume pendant la minorité d'un, enfant maladif; il rêvait peut-être la couronne en cas de mort : il sacrifia la vérité à une inimitié de famille et à de vastes projets.
Nithard n'avait pour appui que la reine , dont l'instinct de mère devinait les espérances du bâtard de Philippe IV , son époux; elle s'épouvantait de sa solitude au milieu d'une cour sans énergie et d'un peuple irrité de ses revers et de sa pompeuse misère. Nithard était son conseil; elle y tenait par affection , par estime et par opposition à don Juan; mais le Jésuite ne pouvait lutter contre les difficultés qu'on lui suscitait de tous côtés. Marie-Anne était abandonnée par les conseillers même de la Couronne dévoués à l'infant; elle essaya de capituler avec lui. «Don Juan déclare, ajoute Amelot\ que si le père Nithard ne sort pas sans délai par une porte de Madrid, il en sortira par les fenêtres de sa maison. >«
Un auteur contemporain a publié à Paris, au moment même où les faits venaient de s'accomplir, une Relation de la sortie d'Espagne du Père Nithard*, et cet événement n'y est pas raconté avec la crudité morose qui dépare les récits de la Houssaye. w Depuis long-temps, y lit-on, le Jésuite sollicitait la permission de se retirer. Un dimanche, après avoir confessé la reine, il se jette à ses pieds et il la conjure de ne plus s'opposer à son départ. Marie-Anne fondit en larmes; elle persistait dans son refus ; mais, le renvoi du Père devenant une question d'Etat, elle se vit contrainte de céder à l'empire des cir-
* Mémoires d*Amelot de la Houssaye, 1. 1, p. 340*
' Ju-i", Paris, 1669. Iinpi'iuié en espajjnol et en franvaii^» ^