‹ Histoire de la Compagnie de JesusChapitre 7 sur 22 · IV · texte numérisé non relu

IV

lt)2 HISTOIRE

comme chancelier lord Arundel; comme trésorier, le comte de Powis; comme général en chef, lord Bellassis, et lieutenant-général, lord Peters. Les lords Pierre et Richard Talbot obtenaient le commandement de Tlrlânde; sir Godolphin devenait garde du sceau privé; Colman, secrétaire d'Ltat; et le comte de Staff ord se chargeait d'un emploi que Titus Oates était assez discret pour ne pas spécifier. Le général des Jésuites avait organisé de Rome tout ce gouvernement; et, afin de le consolider, le PèreWhite, provincial de la Compagnie en Angleterre, se laissait forcer la main pour accepter l'archevêché de Cotitorbéry. Oates avait vu les brevets authentiques, et Shâftiesbury feignit dy croire. Le jour iflêtne, At'undel, Pôwis, Stafford, Peters et -Bellassis sont étroués à la Tour de Ijondres. Le lendemain, lord Càstlemaine , le rival de Shaftesbury, iîst dénoncé par Oâtes comme Jésuite et complice de l'attentat. Il rejoint sous les verrous les lords et leâ Pères dé la Société de Jésus.

Les discours, les actes, les terreurs de Shaftesbury, les itnprécations qu'il dictait aux journaux, avaient frappé le peuple anglais d'épouvante. T^e Parlement mit à profit ces frayeurs pour enlever un projet de loi qui n'avait jamais pu obtenir la satictiôn législative. Le serment du Test * fut adopté, et les Catholiques, princes, pairs, membres des Communes ou autres, furent

^ L'acie du Tesi^ presque entièrement annulé par le bill sur l'ëmancipation rendu soas lerègiiedeGuitiaunieIV,obli(«eait tous les officiers civils et militairos à prêter leur serment et à faire leur déclaration contre la transsubstantiation , en Tune des cours royales de Westminster ou aux Qwater sessions, dans les six mois du calendrier à compter de leur admission ; coimne aussi à recevoir dans le ménie temps le Sacre* ment de la sainte Cène conformément à l'usage de l'église d'Angleterre, dans quelque égktè publique^ immédiatement après le service divin et le sermoa, et à en retlenre à la Cour un certificat signé du ministre et des marguilliers; enfin à en donner aussi la preuve par deux tcmuins dignes de foi ; le tout à peine d'une amende de 500 livres sterling, et d'être déclares înliabiles à posséder leurs offices. {Commentairvs sur les lois atifjlaiscSf par Blarkslonc, t. v, p. 285.)

DE LA COMt'ÀGNIË DB JÉSUS. 163

éloignes à tout jamais des assemblées législatives et de la présence du souverain. C^était exclure le duc d'York et du trône et de l'Angleterre. Charles II connaissait l'innocence de son frère; celle des Jésuites et des Catholiques Itli était dérhohtrée. Mademoiselle de Quérouale, une Française qu'il avait élevée a^i rang de duchesse de Portsmouth, et qui était en6n parvenue à fixer Imconstarice de ses désirs, ne put jamais inspirer à bet égoïsme sùf le trône une courageuse pensée de justice. Charles Stuart ne protestait que par des bons mots contre le fanatisme de la multitude; il osa ménie en arranger de nouveaux lorsque le sang des Jésuites et dés Catholiques coula dans les supplices.

« La procédure commencée contre cinq Jésuites, accnsés parOates, et mis en jugement au mois de février 167g, entretenait l'avidie et stupîde fUreur du peuple, raconte Masure*. Parmi ces religieux, le Père ïreland se trouvait accusé d'avoir donné les ordres convenus avec sa Compagnie pour tuer Ife Roi. Quant aux Pèfes Grover et Pikering, chapelains de la Reine, ils avaient, dit-on, reçu ordre de tirer sur Sa Majesté à Windsor, le premier pour quinze cents livres sterling, le second pour le prix de trente mille messes, qu'il avait préféré an salaire de son confrère. Ils avaient ëpié le Roi à Windsor, et le pistolet a tait tnàritioé trois foH. iya!*df*d la plerf è n'avait pas allumé le îèit , ensuite 6n avait oublié Tartiorcie; enfin, à là trolëiènfie fofti, les régicides, toujoui^ malhabiles, n'avaient mis que des balles sans poudre dans le pistolet. Autant de miracles, dîsâît-ôn, ^our sauver là vie de Sa Majesté. Dans ce qui était personnel au Père Ireland» il prouva inutileaient l'alibi. Lauû)-

^ Mistoire de ta réuêluiion if Angleterre de laSB, par Macitre, inspecteur çénénl^e rUniversité de France, t. i, p. 216.

Uh HISTOIRE

rilé légale du serment d'Oates et de Bedioe consacra juridiquement ces fables grossières, et les jurés se prononcèrent contre les accusés. Après leur déclaration , le chevalier Guillaume Scroggs, chef de justice» leur dit : u Oui i messieurs les jurés, vous avez agi en bons sujets et en très-bons Chrétiens. Que les coupables aillent maintenant jouir de leurs trente mille messes. »

Quels étaient donc alors et ces magistrats, et ce peuple anglais qui, en face de tant d'innocents, ne trouvaient dans leur pitié ou dans leur politique qu'un misérable sarcasme ?

Charles II ne croyait pas au complot; le Parlement, les magistrats et le Clergé anglican partagèrent l'incrédulité du Roi ; mais le sang des Jésuites était une satisfaction, les Jésuites furent destinés à Téchafaud. Cinq Pères, qu'Oates, Bedioe, Prance, Dugdale et les complices de leur imposture incriminèrent, périrent par la main du bourreau ; le Parlement, qui craignait la France, se contenta d^expulser du territoire britannique le Père Claude de la Colombière.

Le bill de VHabea^ corpus ^, la garantie des libertés anglaises, passa à la faveur de cette soif de sang que l'Hérésie allumait dans les entrailles de la nation. On venait de tuer des Jésuites, on voulut lui offrir le spectacle de ses pairs catholiques mourant à leur tour sur la claie. L'exaspération était portée à son comble; Shaftesbury triomphait. Le comte de Stafford , Fami de

* VUabeas corpus est la suite du fameux bill des droits obtenu par le Parlement. C'est rinterprétation de Tarticle de la Grande Charte , qui s'exprimait ainsi : > Nul homme libre ne peut être arrêté ou emprisonné qu'en vertu du jageroent de ses pairs, ou par une permission, ou par ordre exprès du roi. » Ce furent ces dernières expressions qui engagèrent 1« Parlement à déclarer que tout homme emprisonné pourrait s'adresser au chancelier ou à l'un des douze juges en exercice, pour être transféré à la Cour du banc du roi. Le warent qui ordonne au geôlier de présenter le corps du prisonnier commence par ces mots : Hal}eas corpus*

la Société de Jésus , fut traîné devant la justice protestante. C'était un vieillard de soixante-dix ans , qui avait usé ses forces au service de la cause monarchique. Sous les malédictions de ce peuple d'insulteurs, Stafford retrouva son ancienne énergie. « Il fit observer, ainsi s'exprime David Hume% l'infamie des témoins, les contradictions et les absurdités de leurs dépositions, leur extrême indigence pour des gens qui se disaient engagés dans une conspiration avec des rois , des princes et des seigneurs. Enfin, il renouvela sa protestation d'innocence d'un air d'effusion et de simplicité plus persuasif que les ornements de la rhétorique. » Malgré l'évidence, il fut condamné à être pendu et écartelé. Charles II n'eut pas le courage de faire grâce à ses loyales vertus. La joie féroce des Presbytériens et des Anglicans autour de lechafaud des Jésuites effrayait ses lâchetés; il osa seulement commuer en décapitation la peine du gibet; clémence infâme, qui permettait aux ennemis des Stuarts de prendre la mesure de leur gratitude.

Le Roi abandonnait aux républicains la tête du vieux soldat royaliste. Les républicains proposèrent au Parlement, par l'organe de deux schériffs, de déclarer que le prince n'avait pas le droit d'arrêter le cours de la justice, u Rien, ajoute Hume', ne marque mieux la furie de ces temps-là, que de voir lord Russell , malgré les vertus et l'humanité de son caractère, seconder le barbare scrupule des schériffs. » Ïjc 29 décembre 1680, Stafford mourut sur l'échafaud. La même destinée n'atteignît point les lords Arundel , Powis , Peters , Bellassis et Talbot. On se contenta de les tenir captifs le plus long-temps possible.

* Hume's History of Englatid, a Ibidem,

m BISfrOIRB

li06 G^liQUqoea ce trowènmi qu'iniqQilé dans leurs juges* Tx>r4 Bussell et Algeraon Sidney s'étaient coostîtués leurs enuemi^ les plus acharnés. Peu d'années après, par un de ee$ systèmes d'équilibre politique qui consiste à décimer ou à flétrir tous les partis au profit d'un impossible inilieut Russell , Sidney et le comte d'EsscK furept chargés du même crime qu'ils venaient de poursuivre dans les Jésuites. Us avaient été sans pitié pour les Catholiques ) 4u moment où de nouveaux Titus Gates inventèrent le complot de Bye-House, les accusés se virent ep face des mêmes préventions et des mêmes in<^ justices'. Shaftesbury avait perdu les uns, Jeffreys perdit les autres.

Charles I{ , frappé d'apoplexie , succomba le 1 6 fi^^ vrier i68S. Il mourut Catholique", après avoir, par i|p|p hypocrite faiblesse, renié sa foi et laissé persécuter la i*l^igion que son intelligence lui disait être la saul^ vraie. Au lit de mort, il se repentit de ses lâcheté; dans les bras du Père Huddleston , qui , après la bataille de W^rcester, avait été Tuu de ses sauveurs , il confessa des foutes qui, aux yeux de l'histoire, seront (o^joq^s de^ crimes. Il légua au dqc d'York , son frèrte , une pour rbnne qu'il ^vait compromise; et quand Jacques tl moqta sur le trône, la dya^^ti^ df^ Stuarts était d^ condamnée. T^e nouveau Roi fut pourtant proclamé aux açcliamatioq^ de toute la Grande-Bretagne. Ou le savait Catholique fervent, mais op espérait qu'il serait juste ^

' P^DS la f^ie de Jacques ii, pfr le doclear Clarke, et dans plusieurs historiens de r Angleterre, le complot de Aye-House est admis comme réel. Ces écrivains citent h Tappoi de li^irs dires les révëîatipns lUi duc de Monmouth e| tes intrigues ihe \ov^ Shaftesbury, qui prirent, selon eux, une part active à cette conspiration. Les Protestants républicains, dont Russell et Sidney étaient les chefs, ont ptî, comnie qtiQl'(|<A^ Catlioliqiics, chercher dans un mouvement politique le triomphe de leurs idées, mai$ de ce mouvement.à un assassinat il y a loin.

^ Dépêche de M. de Barillon, ambassadeur de France à Londres.

DE LA COMPAGffllS DB JÉSUS. 107

et quc|p^ès avoir si long-temps souff^r^ pour sa reli* giQUi il se ferait de la tolér^pce un cl^voir et un hç^^-r clier. La députatipn des Quakprs, qi»i vint le saluer % ^on avél^çn^ent» li^i dit; u On nqu^ assi^re qne t^ ^e crqi^ pas plps qpe uou^ à TËglise apglicane, nous e^érq^s ç^QUC qqe tu nous accor4^r£|s 1^ liberté cjfue %\x t'es %çr cordée ^ tpi-4pême. »

L'4ngl6terre se l^isisa imposer l'erreur e^ la guerre civile. Elle se fit perséciftrice pour conserver le culte que Penri YUI et Elisabeth l'avaient forcée d'ficceptpr* Le Parlement ^ de soi; côté , ne cessait de poursuivre le Papisme dans les Jésuites , qui s'en fnoptraient les f\w courageux défenseurs. Afin de réaliser le plan conç^ pj^f le pou^eau monarqqe, il fallait savoir (licier sa volonté cqmme les devix dçr^iprs Tudor- C'était la pensée quç lui Inspirait Lo.uis ^IV en écrivant , dans le mpis d'aq^t i685, à Pafillony $oa ai^bassadeur : u U se^a f^ip^le 4u Roi d'Angleterre 9 mandait le Roi de France \ et ai^ utile à ]ai §ûre(é de soq règne qu'au fepos de $a p^on-^ science, de rétablir l'exercice de la Religion pathp^iqup, qui engagera principalen^ent tous ce^x qui eo foui pror fe^sion dans son royaume à le servir plus fidèlemenl. J^u lieu que , s'il laisse perdre une conjoncture aussi favp.^ rable qu'elle l'est à présent, il ne trouvera peut-être jar mais tajnt de dispositiop de toutes parts à cppcourir à ses desseins ou à souffrir qu'il le$ exécute. »

Cette politiquq n'allait pas au caraetçr^ indécis de Jacques IL U s'était nipntré digne du trôije ju§qu'4 l'heure où il y fut appelé. A partir de ce jour, il hésita perpétuellepient entre le bien quil ambitionnait et Iç mal dont il redoutait les efforts. Il rêva d être rpi cpnsti-

1 Pièces jnBiificatîves de l'ouvrage Ae fox : J History oftUe early pmit ofthe reign of Jnmcs the second.

ttitionne] , sachant parfaitement que ce titre absorberait son pouvoir. La facilité avec laquelle Henri VIII , Marie et Elisabeth firent adopter les variations les plus étranges et les plus contradictoires en fait de culte public ne fut point pour lui Une leçon. Il crut qu'il arriverait à son but sans énergie et sans secousse. Il se flatta d'obtenir par des voies détournées ce qui, en de telles circonstances, doit toujours être emporté de haute lutte, au risque de périr dans une glorieuse tempête. Il chercha des appuis dans tous les camps : c'était éveiller les trahisons et se mettre à la merci du Protestantisme, qui déjà faisait cause commune avec Guillaume d'Orange, son gendre.

A peine roi , Jacques avait rendu à la liberté les Catholiques et les Quakers que l'inquisition anglicane tenait dans ses cachots. Il professait publiquement sa religion à White-Hall, il accordait à ses sujets la même faculté. Il les honorait assez pour supprimer, de sa seule autorité, cette fête du fanatisme si chère aux vieux Anglicans , et dans laquelle le Pape et le diable étaient brûlés chaque année sur le même bûcher. Les Jésuites, proscrits la veille , traqués dans les cités ou dans les campagnes , exposés aux insultes publiques et aux outrages parlementaires , avaient vu , comme par enchantement , changer leur position. La multitude , dont on n'excitait plus les méfiances ignorantes , les accueillait avec respect. Elle n'ignorait pas que les inventeurs des derniers complots avouaient une p' \tie de leurs mensonges; elle revenait d'elle-même à des sentiments plus modérés. Jacques II s'applaudissait de ce calme dans les esprits; il ne prévoyait pas qu'il pût être le précurseur d'un orage; et, remettant les affaires entre les mains de Sunderland , le ministre de son choix , il ne s'occupa que

DE Là compagnie DE JÉSUS. 169

dé balancer tous les intérêts et de donner satisfaction à toutes les croyances.

Lord Spencer, comte de Sunderland, était un de ces politiques comme chaque révolution en produit. Courtisan des rois et flatteur des peuples , diplomate escomptant ses dévouements ou se faisant payer d'avance ses trahisons calculées, il avait possédé la confiance de Charles II et de son Parlement. A ce titre , il combattit les tendances catholiques du duc d'York, et même il demanda qu'il fût banni du territoire. Jacques II oublia les injures dont il cessait d^être l'objet par son avènement au trône. Sunderland était habile; en voyant la marche de l'esprit public, le ministre comprit que l'Angleterre pouvait revenir au Catholicisme avec la même facilité qu'elle s'en était éloignée : il s'empressa de lui en donner l'exemple. Selon le témoignage de Fox, il disait alors ' : » Le Roi mon maître n'a rien si avant dans le cœur que l'envie de rétablir la Religion catholique, Il ne peut même , d'après le bon sens et la droite raison, avoir d'autre but. Sans cela, il ne sera jamais en sûreté, et se trouvera toujours exposé au zèle indiscret de ceux qui échaufferont les peuples contre la Catholicité tant qu elle ne sera pas plus pleinement assurée. »

Sunderland parlait en politique éclairé par l'expérience; il méditait les grandes leçons de l'histoire. Comme Louis XIV, il désirait voir Jacques II renoncer aux demi-mesures qui compromettent toutes les causes. Il servait le Roi sans amour et sans haine, mais avec intelligence. Lorsque la catastrophe de 1688 eut amené la chute des Stuarts , les fidèles quand même le soupçonnèrent d'avoir trempé dans le complot du Protestantisme. Guillaume d'Orange se l'attacha plus tard , et le

* fiistory ofthe earfy partofthe reiqt¥ofJatnes II,

170 m$TOia£

créa 1op4 chfiqf|bell^p, j^éanrnoias il ne faut p^a oq^Uer que des caractères de la trempe de celui de Suq^^^^^^^ sont plutôt fo^ts pour administrer que ppur gouvaroer. Sunderland ne trahit pas le Roi, qu'il croyait énergique ; il l'abandonna au nrK)q[ient où il Si'aperçut que Jacques II s abandonnait lui-même, il ne se sentait pas de force ^ jnaUriser les événements : il s'airangea pouf n'être pas pntraînp par eux. Lçs Jacobites l'ou^ taxé (}e peiiidie ; c'est la dernière consolation des parfis vaincus. Suuderiland» comme tant d'esprits faih|es ou ambitieux ^ porta sa fidélité de prospérité en prospérité et ^q^ ingratitude de malheur en malheur ; mais, si le Monarque eût écout^ ses conseils pt ceux que lui dpnnai^ le Père Peters , il iVau.rait janiais été contraint dç subir ces reproche^ *, - Edouard Peters, frère de lord Pelers, que lesdénQi):ciations d'Oates avaient fait mourir prisonnier à la Tour de JJjondres , résidait à la cour de WhitCpHall plutôt en qualité d'anai de Jacques II que comme Jésuite. Il n'était pas son direçtçijr ^pjri|:uel, mais son conseil. Lescoofes»seur^ du I^QÎ furent d'abord le Capucin Mansuçt j né en Lorraine y et renvoyé sous prétexte qu'il n'était pas Anglais j puis le Père John Warner % de la Société de Jésus. Peter^ néanmoins exerçait un grand empire suf Jac?-^ qqp^ IL L'Qrdre entier, et la province d'Ar^glet^^re principalen^ent , ^vait beaucoup souffert ppuc lui, Un

' Dttâs se3 négociaUoDs et dans ses dépêches des 18 et Î7 septembre ailist qtie dû 22 nqypmbre )688, !e célèbre cqqite d'Avaux, ^mba^^^^eur de France en Ho|lap.4?« ne juge pas aussi favorablement que nous lord Sunderland. Il l'accuse d'être vendu aa prince 4'0raiigc et de trahir le roi , dont HeH le principai lainHtt'ew Q^Hi 9!CC|lscition peut être fondée à parliç de l'année 1688, car «lors Jacques.U avait perdu sa fcburonne, qtiofqu'il fi\l encore roi de nom.

' Sir John Wtruer et sa femme embrassèrent la Hi Cadxolique, l'un en ^664, l'autre en 1667. Le même jour, ils se séparèrent pour vivre, le mari dans TOrdre des J^ailes, |« femme dians celui «Ijb S^inte-CUire» a GraTeime&. Le Père Wiirneï* fut Pm> vincial de la Société, Rectçur dli Collègue de Saint-Omer, enfin cpnfesseur de Jacques h, qu'il snivît en FfaYfcè. il y mourut dans iSmnée 16^2, et cVst aïoi'« proba» blement que Peters fut appelé à lui succéder.

DK LA GQNPAGHIK DE JÉSUS. 171

voyait lf3s Jésuites triomphants après avoir été si loagtenop^ persécutés. Cette subite transformatioii iaquiétait quelques esprits. Dea prêtres séculiers pteuai^^tt ombrage de la puissant3e qu'on leur attribM^^it ; \e Protêttant^me s avouait battu : ceiiains Catholiques pfisayéreot d'inspirer ^u Bai des préventions contre la Compagnie. On praclatna qu'elle était trap ^xcluaivement français^. « Le Nonce du Pape^ monseign^qr d'Â^illa» écrit en 1686 Barillon à I^ouis li^IV, entretient une bqnn^ intelligfsnoe avec le Père Peters et les autres Jé^uiteft, ç'ejjtra-dire autant qu'il l'osiB, car on n'est pas persuadé, que le Pap>e le^ favnrise ni qu'il veuille le^ ^ccrédUcp ici ou ailleurs. Je sais qu'on a dit au Boi qu'il ne devait pas se fier entièrement ^\\x Jésuites ^ parce qu'ils étaient trop attachés 9UX intérêts de Votre M^jestéi Ce diacoui^ yipçt de Rome et ne fait aucube impression sur V(3sprit de ce Princ?. Au pontraire le crédit du Pèr« Pf^tem çon-

tin^e et augmente,, yf

Ce Jésuite étftit dans uqe, pof itiqn exçeptionnallei IsMi

d'nn^ fanûl^ distinguée qiû avait offert plus d'un gagt

de fidfiUté anît Stuwts, il %ç crojiait moins Ué à son Ordi'e qu'4 la dynsi^tiP écossaise. Au^i Jacques U §'éfaitril

ei^prç^é dç solliciter h Papt Innpp^pt XI pour q^e

Pçt^^ (ftt élPYé à la dignité épiscppalf^. Le co«it^ d^

Cfii^^enifliR^ i son ftinfeassadeur^ n'obtiftt qu'un refw pérwiptpirç basé ^^\ \m çonititmions d^s .Iç^uites. ][4Ç

Sqmt-Stî^^ ^'admettait pas la dçma^^de royale. Jacquet,

p^r l'en^ ^^li^ft du C^rdinftl d'Èst^ j frère d^; la. Rpi»e , exiftî qu>fl chapeau dt Cardinal ^oit réservé à Pçtfffft. Le ^^Qver^iip Pqntifp fut infle;>^ihb« O^ résistait au plus ar^eu^ de sçs voet^J^; leç. difjn.ités. epcl^siaftique^ ne pç^wvaiei:^t pas dç venir le partage du Jé^fiite^gon CQjûseil hppévole : il Je nomme secrétaire ducahiflet^ U l'inyç^tit

officiellement de sa confiance. Peters se laissa charger de ces honneurs. La Société de Jésus avait peut-être inspiré à Innocent XI la conduite qu'il tint dans cette circonstance; mais, comme pour Fernandez appelé aux Cortès portugaises, il ne se rencontre aucune prohibition du Général. Peters, membre du conseil privé, venait d'accepter une dignité temporelle incompatible avec' les statuts de saint Ignace , et les Jésuites n'ont pas protesté , ou tout au moins, ce qui est peu vraisemblable, ce document est anéanti. Nous prenons les faits tels qu'ils se présentent ; mais , pour expliquer le silence de l'Institut en face d'une pareille infraction , nous devons avouer que souvent il était difficile d'empêcher les Monarques de confier aux Pères de la Société, leurs sujets, des fonctions peu en harmonie avec les règles d'un Ordre religieux. Le Général et les assistants pressentaient bien le danger qui pouvait naître d'une telle violation du pacte fondamental; afin d'en éviter de plus graves, ils se croyaient obligés de tolérer cet abus. Ainsi , vers la même époque, Joseph I", empereur d'Allemagne, vit son confesseur mandé à Rome parce que les affaires de l'État l'occupaient beaucoup plus que le ministère saint auquel il s'était voué. Le Nonce du Pape, d'accord avec le Général de la Compagnie, exigeait le départ du Jésuite, tf L'Empereur irrité déclara , raconte Grégoire \ que , s'il fallait absolument que son confesseur allât à Rome, il n'irait pas seul, et que tous les Jésuites des États autrichiens l'accompagneraient pour ne jamais reparaître dans aucun endroit de la monarchie. » De semblables menaces furent-elles adressées par Jacques d'Angleterre, nous l'ignorons ; mais, pour prémunir les souverains et pour rattacher à leurs règles

« Histoire des Confesseurs, p. 169.

quelques Jésuites à Tesprit ambitieux ou inquiet, la seizième Congrégation ne voulut laisser planer aucun doute sur ses intentions. Dans son vingt^ixième décret , elle prit des mesures encore plus efficaces que par le passé.

On y lit : u Quoique nos lois défendent assez clairement et expressément à aucun des nôtres de s'immiscer en aucune façon dans les affaires publiques et séculières des princes, regardant le gouvernement de l'État, et qu'un nouveau décret ne soit pas nécessaire sur cet objet ; néanmoins la Congrégation, afin de montrer sa sollicitude en un point aussi important , a ordonné aux nôtres, si parfois les princes désiraient les charger de quelque affaire politique , de les avertir , avec une religieuse modestie et fermeté, que nos lois nous interdisent de nous mêler de ces sortes de choses. »

L'Angleterre sortait d'une lutte acharnée pour rentrer dans une autre. Jacques II , avec des idées bien déterminées, pouvait arriver au but qu'il s'était proposé, mais il ne fallait ni tergiversations ni concessions. Il ne s'agissait plus d'être Catholique ou Protestant, on l'avait adopté malgré son culte ; il ne sut pas être roi. Peters du moins, soit scrupule , soit prévision , ne se regarda plus comme Jésuite. «Le dimanche 9 octobre 1687, qui suivit sa promotion , dit Lin'gard, le nouveau dignitaire parut à la chapelle de White-Hall, non plus dans le costume ordinaire de son Institut, mais dans celui, d'un prêtre séculier, et, quelques jours après, par ordre du souverain , il prit place parmi les conseillers privés, n I^es Jésuites, le Père d'Orléans entre autres, dans son Histoire des Révolutions d'Angleterre y à l'année 1688, mettent en doute la fidélité de Sunderland. Au nombre des griefs qu'ils lui imputent se trouva celui d'avoir in-

17A hisToihte

Iroduît le Père Petiers dans le conseil. Si le comte de Sunderlahd fut traître eh forçant l'amitié de Jacques lî à jeter un défi pareil dux Anglicàfas, le Père Peters est bien plus coupable â notre avis, car U céda ou à une ambition coupable ou à une violence morale que ses vœux , que l'intérêt de sa Compagnie devaient lui faire repousser comme une mauvaise pensée. Sofl installation au conseil était une arme qu'on offrait au Protestantistne. Jacques jouait sa courontie dans des oscillations perpétuelle»; et, avec ce caractère toujours hésitant, Il n'était pas possible^de ^éaliser quelque bien.

Il avait pris le Père Peters, son favori, pour l'agent ostensible de sa politique. Les Protestante et Guillaume d'Orange s'eitiparèrent de cette doiiblé faute. Dans ce même temps, Dykvelt, ambassadeut de Hollande à Londres, reçut du gendre de Jacques H cohiniunicatîon d'une lettre qui , disait ce dernier, venait d'être interceptée. C'étaient les Jésuites de Liège qui Pavaient adressée à leurs frères de Pribourg. Authentique ou controuvée, cette lettre annonçait que le foi de la Grande- Bretagne s'était fait affilier à TlnititUt ; il en avait témoigné une joie infinie , et promettait de prendre le^ intérêts de sa nouvelle patrie adoptive avec autant de ^itaeité que les mens propres. Il domptait sur elle pour obtenir des missionnaires capables de ramener son empire au Catholicisme. On y lisait encore que Jaèques avait répondu à un de ses plus dévoués serviteur^, gémissant ctè voir deux hérétiques appelés â succéder à là couronné : « Dieu satura bien susciter un héritier qui soil exempt d'erreur , et qui nous garantisse de cet(e lèpre, nous fet notre postérité, j*

Sut une telle correspondance , dont r<yfigiRai n a jamaiîs pu être représenté; Guillaume d'Ok-àilgè et ses ad-

héreiits bâtirent les hypothèses les plus invraisemhlables ^ et qui toutes trouvèrent créance cliez les Calvinistes. Un Jésuite était à la tête du gouvernement britannique, il n'en fallut pas davantage pour convaincre les sectaires que Jacques II était peut-être Profès des quatre vœux. On accusa la Société tout entière, et Petei'S, comme son chargé d'affaires spécial, de préparer les choses pour produire bientôt un fàiix prince de Galles , et jSôiir jeter la couronne des Trois Royaumes sur là tête d'un enfant inconnu dont la Reine se déclarerait là mère. Marie de Modèhe , seconde épouse de Jacques tl , avait une frêle santé ; mais elle était trop jeune pour qu'on pût la juger stérile. Cette lettre , attribuée aux Jésùitfes, qui, par une étrange péripétie , devenaient tout à coup les arbitres d'uil pays où ils s'étaient vus si long-temps martyrs; cette lettre provoqua déâ soupçons, elle excita des défiances. Les Hérétiques les crdyaient capables de tous les crimes ; ils acceptèrent avec enthousiasme ceux que les Jésuites seiiiblaîent avouer dans leur correspondance supposée. • Là cotispiration ourdie par le prince d'Orange arrivait à son terme, et, sans le vouloir, le Père Pèters avait été l'un de ses instruments. Le Jésuite pressentait bien le traître et l'usurpateur dans Guillaume : esprit concentré, nature ingrate, mais caractère entréprenant, qile les défaites laissaient presque aussi indifférent que . leé victoires, ce prince ne connaissait du vice et de là vertii que ce qu'il en fellait pour corrompre ou pour tromper les hommes. Guillaume avait eu l'art, par d'habiles condescendances et par de respectueuses démonstrations, de captef l'amitié de Jacques. Le roi- ne permettait pas que devant lui on taxât d'ingratitude ou de perfidie la conduite du Hollandais. Il était Tépoux

de sa fille bien-aiméc ; et Jacques , dont le cœur avait une noble expansion de loyauté, niait Fimposture dans les autres. « C'est ainsi , dit Hume ' , qu'un monarque dont tous les torts se réduisaient à des imprudences et à des erreurs , éprouva un supplice auquel échappèrent les Domitien et les Néron. Ces monstres ne furent pas abandonnés par leurs propres enfants. » Dès le 1 3 juillet i685, TiOuis XIV tâchait d'exciter des soupçons sur les trames de Guillaume ; il écrivait à Barillon * : u Le prince d'Orange cherche des prétextes pour introduire des troupes étrangères en Angleterre; il pourrait bien, pour ses fins particulières, désirer d'avoir dans ce pays des troupes qui lui seraient dévouées , et dont il disposerait ensuite contre les intérêts du Roi.» L'inexplicable aveuglement de Jacques avait résisté aux avis de î^ouis XIV ; il résista de même aux preuves de culpabilité que Petei'S lui mit sous les yeux. Il croyait aux affections de famille , à ces liens que des ambitions longtemps comprimées brisent avec une si dédaigneuse hypocrisie. Il fallut tout l'ascendant de Louis XIV ou le dévouement du Jésuite pour que le roi pût écouter sans colère les motifs de défiance que le prince d'Orange inspirait aux amis des Stuarts. On lui faisait toucher du doigt les manœuvres artificieuses de son gendre, on lui révélait ses espérances secrètes; dans l'attitude des Anglicans, on lui indiquait un complot prochain. Jacques II souriait de cet air de confiance béate qqi perd les dynasties, et, trop honnête homme pour soupçonner le mal, il refusait même d ajouter foi au crime prouvé.

Ce fut dans ce tiraillement intérieur que s'écoula l'année 1687; elle avait amassé la tempête, et Jacques,

« Hume, Bistoty ofEngland, James the second.

> Lettre de Louis XIV « Barilloo. (Archives des afFaires étrangères.)

dont le ministère était divisé, n'osait, pour la conjurer, que suivre des impulsions contradictoires. Ija faiblesse ou Timpéritie dans l'acte démentait immédiatement la violence dans la parole. Jacques pensait être fort en menaçant ou en faisant de la corruption parlementaire. Ses intimidations ne produisirent aucun effet , car les ennemis de son pouvoir sentaient qu'il n'était pas de taille à les réaliser. Ses achats de consciences législatives, le négoce le plus lucratif pour un roi constitutionnel , n'aboutirent qu'à des hontes sans profit. Jacques avait épuisé toutes les demi-mesures et perdu ses e^vantages, il en appela enfin aux 'moyens extrêmes. Jeffryes fut le magistrat de ses colères tardives. Jeffryes était moins impitoyable que les juges dïïenri VIII, d'Elisabeth et de Jacques P% condamnant au nom du protestantisme; il fut plus odieux qu'eux tous ; il est encore en horreur dans l'histoire. Le roi voyait le pouvoir lui échapper, il essaya de le raffermir en accordant à tous ses sujets une déclaration de liberté de conscience.

Mais, en politique comme en religion, il n'y a que les vaincus qui la demandent, afin de s'en faire une arme contre l'autorité régnante. Cet acte blessait au vif les intérêts de langlicanisme , le droit de prier librement froissait ses passions. L'anglicanisme jugea que ce serait le tombeau de sa puissance ; il s'éleva contre une pareille concession, dont les cultes rivaux devaient seuls profiter. L'archevêque de Cantorbéry, les évêques de Saint-A;saph,de Bath, d'Ely, de Bristol, de Peterborough et de Chichester, portèrent au pied du trône les doléances de leur Eglise. Ils avaient commencé par réclamer la liberté : leur religion triomphait, ils invoquaient l'arbitraire. Jacques tenta un coup- de force : il fallait en cette conjoncture s'appuyer sur les principes dont le Protestanjv. 12

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tramennissant s'élait fai^ un 'beuclier ; le roi aima mieux invoquer h force. Le j3 juin 1687-, il fit oondiiiiteà la Xourt les I^vèques opposaipts^ et il agit en . cela i tcootre l'opinion cja SiinderJ^pci et de Petèr&-v qui déploraient jes j^uHe^test i^ultdts,4^ la ttiesUre dont ocpendanti les aivcb^«^êqi4!ss:det($^itit-André et^^de Glasgow recsonnurent

> N Ji^Utalor^ les complices de Guillaume d'Orange fi\^\esjLt,irn^rk€j}iéAe jnotils poucainsi diredégaux et détermi^a^tSw Jji^ r^vol^tiop/ projetée^me .$'était pérsanni-^ fiéei dans auéun fait populaire ç Jacques JI lot ofipiraît des ipart^yjTS À-bonor^r^ le peuple lesiaoïreptà JCûisnliedrapqau:)^/ iQnfaugmenta/dana ^es proportions gigantesques la faMeur rdont/ joiUssaitfiPeiars;) oa fit. de ce Jésuite qui ^'isolait dé • son (Institut Mhe -conspiration peifmanenije» P^tef;» idovînt lie buttde. totttesi.tkstétliaques^ «ie^ flous les sar^iismo^v 4e)touti». ks. ealomuics quixi^ejailti^ent•iné-t• !Vita^e^|l)entbllr<laJS9Qiété de^Jésû». I^dSocâd^ de Jésus li«t' le mot d'ardre donné aux pfédfioanÉis et an» écri"" vains de rAnglicanismewOnrracbuàait abus mill^ formes diverses ;!oh youlail lut passer aur le carp&potir renver- ^r pWa facilement k trône Jagttitoie ;^t< la» religion ca* ÉK)Uquê.;:I'4{Père Peters ue eomprit pas que cette itn*- . p^ypulaifité qu'on tlui'faiséit était ausâi dangereuse pk>ur^ (^ofnpagmeicfuef^pourile&iitit-^iége» il resta sousice feu roulantifd'imprécations, et la monarchie s'écroula sans qii«^ pe^trètré il eût donné au iroii )au< conseil fataL Jac- «|)ies>,II«<du- moiaskii rendit oette justioé; un jour, il dit è: Versailles )ifevânllIioms XIV r*. ^Ceux qui imputant mes nsialifaetirb -au Pène^ Peters ont ^rand,iort« Si' j'avais

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< M. de Barillon, dans sa dépêche à Louis XIV, dit que le roi reçut le conseil de ' renoncera la poursuite des prélats, et il ajoute : • Cet avis est celui de milord Snuderland et du Père Péters.» j . .

écouté ses avis, je ne serais pas où je suis. » Tristes aveux de l'exil, que Thistoif e âoit enregistrer, mais qui n'exctisercint jamais nîie'*fT)i ni son favori: *

La révolùtibtt dte 1 688 fe'a été qu'un complot de famille idans lequel on fit intervenir la l'eHgfion comme moyen pour soulever les illultitud'es. Jacques H Rendormit aii milieu des protestations de fidfelité; il se réVérîlla dans les* feras de la trahison. SàrtdeWkild^'éfait fait G^* tboliquele lo juiti lôSS^lle jour même 6ù naissait le prince d'é Gallésf}' dont le Pape Iûn'o(::ent XI était le parrain;' Cet «nfant écartait du trôné GHaillàum'é cTOu range; on contesta sa légitimité ,» on calonihiA Sa nfi'ère, on accusa Peters d'une supposition impossible; Puis, quand Guillaume eut pris ses dispositions, acheté rârmée et corrompu l'épi^èopat', il débkrqua à Torbay en novembre 1688^. La famille des Stnarts était' rayée dii livre 'des rois; l'insulté b' suivît jusque dans îa magnifique hospitalité que Louis XiV acco^d^ â'ses InfortiirieV. Jacques II avait été faibleV irrésolu sur ïè trÔnè; il fut plus grand dans l'adversité que ses ihalheurs eux-tnê mes. Louis XIV, ennemi personnel de Guillaume d'Orange, avait trop l'instinct de la royauté pout* subit* sans combat lesfaits accomplis. Il donna de^ flottes et des troupes'à Jacqufes II; ihiais lès ^prospérités du r6i victorieux fUrentinipuissantéscon'trfe kÏÏéfa^tê destinée c((ii ^'attachait istux Stuarts: Le Pèi-iè'Petéi% kvàit âtcôthpagrté

*• Il y eut nëanmoios des officiers, des évéques, des villes enuères et tout un peuple, l'Irlande, et une partie de 1* Ecosse, qui gardèrent leur fidélité au monarque légitime. ^tc prélats àngliiîans protettéreut contre' ^usurpation, f/arclkv^ue.fe Cant6rijir| fit répondre à la nouvelle reine, la tille de Jacques II, qui lui demandait fa bénédiction :« Quand elle aura obtenu celTe de'son père, je lui donnerai volontiers la mienne' • Le roi fift syivi dpns son émijvratiqo par ^ un gr;^ jQpmbre 4ç.fai\ulle|,an^{^{çs, écossaises et irlandaises qui offrirent au monde un exemple de dévouement au principe moiMirellique ; mais', pour neutraliser- &*acdbii iac^ssante. d'tm'îutA'^atïâr^Ict^ courageuses fidélités ne siiffisent pas , elles se condamnent à une glorieuse misère, et ce nW pas ainsi que Ton rétablit un tr6ne.

son souverain : il ne s'en sépara ni dans les entreprises à main armée ni dans les tristesses de l'exil. Le monarque avait succombé ; les Protestants espérèrent que sa chute entraînerait celle de la Compagnie de Jésus. Dans cette intention , ils publièrent un pamphlet que Bayle, Protestant lui-même , a flétri en ces termes ' : « On a si peu profité de l'indignation des honnêtes gens contre l'histoire fabuleuse et satirique du Père liachaise, que, cinq ans après, on a mis au jour un autre ouvrage pire que celui-là. C'est depuis le commencement jusqu'à la fin un tissu de fables grossières et d'aventures chimériques racontées avec la dernière impudence, et avec un style tout farci de saletés. Voici le titre de ce bel ouvrage : Histoire des amours du père Peters , Jésuite , confesseur de Jacques II , cirdevant roi d^ Angleterre ^ où Von voit ses aventures les plus particulières et son véè'itable caractère, comme aussi les conseils qu'il a donnés à ce prince touchant son gouvernement. »

Et, honteux des impostures qu'il signale, Bayle ajoute, avec une indignation aussi vraie dans son siècle que dans le nôtre : « Tant qu'il se trouvera des gens qui achèteront ces sortes de livres , il y aura des libraires qui en payeront la composition et Timpression, et par conséquent il y aura des personnes assez malhonnêtes pour consacrer à cela leur plume vénale. Le mal est donc sans remède. "

Le règne de Jacques H , comme celui de tous les princes qui perdent leur dynastie , n'est qu'un enchaîne* ment de fautes et de calamités. La plus impardonnable, dans sa position, fut de créer ministre un homme qui, par sa vocation et par ses vœux, devait rester en dehors

* Bayle, Dictionnaire historique et critique, article Ànnat, note B.

de la politique. Mais si le roi d'Angleterre, aveuglé par son amitié pour le Père Peters, a été coupable en lui accordant sa confiance et en bravant ainsi l'opinion pu-blique, le Jésuite a assumé sur sa tête une responsabilité encore plus grande. Il ne s'agit point ici de la prépondérance qu'il exerça ^ en bien ou en mal, dans les conseils de la couronne. Cette prépondérance peut se discuter; elle s'explique de mille façons; car aucun document officiel ne révèle sa portée. Mais en acceptant des fonctions étrangères à son institut; mais en se présentant comme l'arbitre des affaires, le Père Peters aurait dû assez connaître la vigilante malice des ennemis de son Ordre pour savoir qu'il le compromettait dans le présent et dans l'avenir. Un Jésuite membre du conseil privé d'Angleterre , un Jésuite gouvernant ce royaume , et faisant retomber sur ses frères toutes les insultes qu'il était si facile de prévoir, donnait à leurs adversaires un avantage qu'ils ne perdirent jamais. Le succès aurait pu jusqu'à un certain point légitimer son infraction aux règles si sagement établies ; le succès fit défaut à la cause des Stuart«.

Par le Père Peters, cette cause, qui porta malheur à ses loyaux adhérents, devint pour la Compagnie une source d'injustices. Les Jésuites anglais eux-mêmes étaient restés en dehors des événements qui signalèrent les dernières années du règne de Jacques II ; on ne les en accusa pas moins. D'un côté on montrait la faiblesse des Rois Catholiques, de l'autre apparaissait l'ambition sans frein d'une Société religieuse qui, non contente de diriger la conscience des princes, cherchait encore à saisir le gouvernail des affaires publiques. En politique, on est toujours disposé à pardonner au crime heureux; pn lelève même sur le pavois; il n'en sera jamais ainsi

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pour, les, fautes Celle de Peters^rà quelque poini de vue qWfÇ^iVenvisagevSoit 4an$ son principe, soit «dans s^4*^si|l^is^9 f^t de<cQ;noml>tQrl4QS Gathràques anglais triomph^ta-avAieiit iavpqué la liberté de conscience; l^ng^caniçjHie leur fit cruellement sentir que cette liberté n'était qu'un rêve.

DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS. i85

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