‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 104 sur 308 · Mémoires de Richelieu, t. Y, p · texte numérisé non relu

Mémoires de Richelieu, t. Y, p

2. D'Orléans, La Vie du P. Pierre Colon, p. 205. 3. Garasse, Récil au vray.…, p. 142,

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toute l’Europe depuis nostre naissance, faisant à tout propos la lecture de ce qu’il pensoit estre le plus propre pour animer l’esprit des juges contre nous. Et en effect le fruit de son plaidoyer fut un grand et général effarouchement de la Cour, et disait-on publiquement que Servin, en l’espace de vint-cinq ans, n’avoit pas tant endommagé nostre honneur que M. Talon dans une matinée. »

Sa réputation de «grand justicier » donnait encore un surcroit d’autorité à ses paroles ; aussi, sur ses conclusions passionnées, le - Parlement décida-t-il, dans la séance du 13 mars, que le livre de Santarelli serait « lacéré, fustigé et bruslé par la main du bourreau dans la cour du Palais ». Mise en goût par cette première flétrissure, la rage des magistrats s’acharna sur les victimes. « Quelques juges fort animez conclurent que l'exécution se feroit dans la seconde basse-cour de la maison professe, tous nos Pères présents. D’autres estoient d’advis de le faire brusler à la fontaine de Birague qui est justement au milieu dela rue Saint-Antoine, tout au-devant de nostre église. Néantmoins un des Présidents qui ne nous a jamais monstré beaucoup d'affection, détourna le coup par une chrestienne et puissante considération, pour ce que nous estions au commencement du jubilé et que nostre église estant nommée la seconde pour les pardons, il yauroitun abordincroyable de peuple qui recevroit du scandale de cette action, au lieu de gagner les indulgences, lesquelles seroient grandement décréditées. Cette mesme raison animoit quelques autres à pousser plus avant, et l’affluence du peuple servoit de motif à leur passion et à leur animosité, [car] ils ne demandoient autre chose que nostre abaissement et confusion. L'affaire alla si avant, qu’on mit en délibération d'interdire nostre église, ou de prier MS de Paris d’en nommer ou d’en substituer une autre pour la visitte des pardons affin qu’on eust le moyen de faire l’exécution dans nostre basse-cour sans scandale, On revint néantmoins à la première résolution, quelque chaleur que M. le premier Président tesmoignât du contraire, et le livre fut bruslé.…. dans la cour du Palais avec une affluence incroyable du peuple ?. »

Cet autodafé ne pouvait satisfaire ceux qui rêvaient la ruine même des Jésuites, et sur-le-champ ils proposèrent contre eux d’autres peines. « La première fut de nous interdire les chairesde la prédication, qui eust esté un affront insupportable, pour ce

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