Cependant toutes ces mesures tardives ne pouvaient amé
1. Lettre de M. de Béthune à Richelieu, mai 1626 (Bibl. nat., ms. fr., 3678, f. 35).
2. Béthune à Phelypeaux, 8 avril 1626 (Bibl. nat., Zbid., fol. 46).
8. Barberini à Spada, 21 avril 1626 (Archiv. Vat., Nunz. di Francia, n. 406, f, 168- 172).
liorer la situation des Jésuites francais. Pour les soustraire au péril imninent, le P. Coton ne comptait plus que sur Louis XIII. Ayant appris son retour le samedi soir (14 mars), il résolut de se trouver le lendemain à sa messe et ensuite l’informer de tout. «Il salua le Roy, dit le P. Garasse, mais ne receut pas l'accueil ordinaire de Sa Majesté, laquelle se deffit de luy le plus tost qu’elle peut, ce qui redoubla son affliction!. » Tout semblait désespéré. Ce fut le moment que Richelieu choisit pour se poser en conciliateur. Le Parlement tramait la perte des Jésuites ; lui, désirait seulement les brider, après les avoir humiliés. « On voulait, a-t-il écrit dans ses Mémoires, leur défendre de plus enseigner et ouvrir leurs écoles, ou les chasser même de France. Le cardinal dit au Roy qu'il y a certains abus qu’on abolit plus aisément en les tolérant qu'en les voulant détruire ouvertement ; bien qu’aucunes fois on sache des opinions très mauvaises, il est dangereux de s’y opposer, principalement quand elles sont colorées du prétexte de la religion; 1l étoit bon que Sa Majesté louât le Parlement de l’action qu'il avoit faicte en faisant brüler le livre et empêchant que telle pernicieuse doctrine n’eût cours en ce royaume; mais il falloit mettre ordrequ'ils ne passassent jusqu’au point qui pouvoit être aussi préjudiciable à son service comme leur action y avoit été utile *. » Il fut donc décidé dans le Conseil quele roi ordonnerait au Parlement par une lettre de cachet, de surseoir à l'affaire des Jésuites; en même temps on proposerait à ceux-ci des conditions qui dénneraient à la Cour unesatisfaction raisonnable?.
Le lundi 16 mars, le P. Coton, déjà souffrant, voulut prêcher à Saint-Paul comme à l'ordinaire ; au retour il fut obligé de se mettre au lit. Vers Le milieu de la journée un gentilhomme vint, de la part de Louis XIIF, l’inviter à se rendre au Louvre; mais, quand il vit son état, il ne lui permit pas de se lever, affirmant que le roi serait désolé d'exposer ses jours. Alors le Père se contenta de dicter au P. Bertrix, son socius, un billet dans lequel il disait en substance « que s’il y alloit du service de Sa Majesté, il n’y avoit fiebvre qui le peust empescher de se porter à l’accomplissement de ses volontés ». Puis, il envoya au Louvre, à sa place, le P. Ignace Armand et le P. Charles de La Tour, supérieur de la maison professe ‘.
t. Garasse, p. 162.