‹ Histoire de la Compagnie de J©♭sus en France (volume 2)Chapitre 114 sur 308 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Sommaire : l. Les Jésuites se soumettent autant qu’ils peuvent à l’arrêt du 17 mars. —?. Réaction en leur faveur. — 3. Projet d’une Déclaration touchant la souveraineté des rois. — 4. Jugement sur la conduite des Jésuites francais dans laffaire Santarelli. —5. Le Tractatus de Haeresi est dénoncé à la Sorbonne. — 6. Censure de cet ouvrage. — 7. Protestation du nonce ; mécontentement du Pape.— 8. Richelieu se décide à intervenir. — 9. Il obtient la soumission de la Sorbonne et brise les résistances de l’Université. — 10. Ses difficultés avec le Parlement. — 11. Direction du P. Général et incidents relatifs à la Compagnie pendant l'affaire dela censure.

Sources Manuscrites : I. Recueils de documents conservés dans la Compagnie: (a Franciae historia, t. III. — b) Franciae Espistolae. — c) Franciae Epistolae Generakhium. — d) Campaniae historia.

IT. Roma, Archivio Vaticano, Nunziatura di Francia, n. 65, 66, 394, 404, 406, 418, 420, 429, 449,

III. Paris, Archives du ministère des Affaires Etrangères, Rome, correspondance, vol. XXXIX, et Supplément, vol. IV.

IV. Paris, Biblioth. nationale, mss. français, 3668, 3670; mss. ilaliens, 64; mss. latins,

Sources imprimées : Le Mercure francois, t.XII. — Mémoires de Richelieu. — Garasse, Récit au vray (dans Carayon, Documents inédits, doc. III). — Richer, Relation véritable de ce qui s’est passé en Sorbonne.— D’Argentré, Collectio judiciorum. — Jourdain, His-

toire de l'Université de Paris. — Puyol, Edmond Richer. — Houssaye, Le Cardinal de Bérulle etle Cardinal de Richelieu. — Prat, Recherches sur la Compagnie de Jésus, t. IV, V.

1. Le P. Coton étaità peine descendu dans la tombe, que son successeur devait s'occuper de satisfaire au dernier arrêt du Parlement. On se rappelle qu'à la date du 17 mars la cour. avait donné aux Pères trois jours « pour baïiller acte » qu'ils souscrivaient à la censure de la Faculté de Théologie contre | Admoniho ad Regem et désavouaient la doctrine de Santarelli. Le délai expirait donc le 20 mars. Ce jour-là, le P. François Tacon remit au procureur général, de la part des Jésuites de Paris, une nouvelle déclaration portant les signatures des mêmes religieux qui avaient signé la première. Elle était ainsi conçue: « Nous sous-

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signés, Religieux de la Compagnie de Jésus, souscrivons en tout et partout, comme si cela étoit inséré mot à mot, à la censure d’un libelle qui a pour titre Admonitio ad Regem, laquelle a été faite par nos trèssages Maïitres Messieurs les docteurs en Théologie de la Faculté de Paris... Jtem, Comme il y a dans le livre d'Antoine Sanctarel intitulé de Haeresi apostasia et schismate, lequel a été condamné depuis peu par la Cour du Parlement, quantité de choses scandaleuses, séditieuses, qui tendent au renversement des États, à retirer les sujets de l’obéissance due aux Rois, aux Princes et aux Souverains, touchent leurs États et mettent même leurs personnes en grand danger et péril, nous les improuvons pareillement, rejettons et condamnons!. »

Par cette déclaration très explicite et passablement ampoulée se trouvait exécutée la première partie de l'arrêt du 17 mars. Mais il exigeait en outre qu’au bout de deux mois le P. Provincial de France rapportât au greffe de la Cour pareil acte signé des quatre autres Provinciaux, des Recteurs et de six des plus anciens Pères de chacun des collèges que la Compagnie avait dans le royaume. Or, par suite du décès du P. Coton, la province de France n'avait plus officiellement de supérieur, et le P. Armand « jugea fort à propos, dit Garasse, qu'il ne debvoit pas prendre la qualité de vice-provincial pour ne s’embarrasser point dans ces affaires et avoir [prétexte] de représenter que, nous estant sans supérieur et sans chef, tout ce que nous ferions seroït subject à désadveu. En effet, au nom du P. François Tacon, procureur de nos Provinces, nous présentasmes requeste à la Cour à ce qu'il lui pleust nous donner un peu de répit jusqu’à ce que nous eussions response de nostre P. Général, veu que c’est à lui seul de nommer les Provinciaux que nous n’eslisons pas capitulairement comme les autres Ordres ?. » Tant de répit fut laissé aux Jésuites, qu’en fait on signa plus tard dans les seules villes du ressort du Parlement de Paris, et encore conditionnellement 3.

Ces deux points réglés, restait une troisième exigence de l'arrêt, la plus difficile à satisfaire : publier en français et en latin un exposé de la doctrine contraire à celle de Santarelli. Les Jésuites jugèrent ne pouvoir aller jusque-là. C’eût été agir contre leur conscience ; ils aimaient mieux se retirer sans éclat du royaume;

1. Déclaration des Jésuites touchant les livres Admonilio et de Sanctarel. (D’Argentré, Colleclio judiciorum, t. I, P. LH, p. 207.)

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